Changer les autres ou évoluer ?

En colère ?

Vous est-il déjà arrivé de souhaiter l’affection, ou l’amour, de quelqu’un qui semble ne pas s’intéresser à vous ? e1b1c658d399400cb2427078db886608
Vous est-il arrivé de désirer plus d’égards de la part de vos collègues ou de vos clients, ou de votre famille ?
Vous est-il arrivé d’attendre des nouvelles de vos parents, de vos enfants, de vos amis, et de ne pas en avoir assez ?
Vous est-il arrivé de vouloir changer les autres ?

Ces sentiments de malaises peuvent être totalement destructeurs, si vous les laissez agir sur votre réalité. Ces sentiments sont bien réels, mais ils proviennent d’une interprétation de la réalité que vous avez fabriqué sans vous en rendre compte. Et vous avez une influence sur cette interprétation.

Bien sûr, votre réalité est que ce qui se passe n’est pas conforme à vos attentes. Mais quelles sont vos attentes ?

Du désir à l’objectif

Connaissez-vous le pouvoir d’énoncer – même pour soi – nos désirs ? Dans un autre article, je les appelle des objectifs, et ce choix de mot n’est pas anodin. En effet, un désir se distingue d’un objectif par ce qu’il est flou dans plusieurs aspects de son énoncé : « quand, où, avec qui, combien » sont souvent des éléments manquants de nos désirs. Et tant qu’un désir reste un désir, il a peu de chance de se réaliser.

Alors qu’en énonçant, en écrivant, en disant à haute voix, notre désir, il se cristallise, il devient un peu réel, il commence à se réaliser et notre cerveau va chercher automatiquement à répondre aux questions qu’on va lui poser pour le réaliser. Le désir va devenir objectif.

Si vous avez lu mon article sur la bonne formulation d’un objectif, ou bien si vous avez déjà assisté à un séminaire sur le sujet, vous aurez certainement remarqué que l’objectif doit être sous votre contrôle propre. Et justement, il n’est pas sous votre contrôle de changer les autres, ni qu’un autre vous aime, ni que vos clients soient plus polis, ni que vos amis passent plus souvent vous voir, etc.

Vous ne pouvez pas changer les autres !

Acceptez-le, comprenez-le, enregistrez-le. Et passez à autre chose …

Alors quoi ?

Vous ne pouvez pas changer les autres, soit. Mais vous pouvez agir d’une certaine façon qui provoquera éventuellement ce que vous espérez. Que pouvez-vous faire ? Vous pouvez changer vos habitudes, vous pouvez vous exprimer autrement, vous pouvez briser certaines règles usuelles, et enfin avoir un comportement tellement différent qu’autour de vous il y aura des impacts. A vous de mesurer quels impacts, et à vous d’agir en conscience.

Ma proposition est la suivante : commencez à envisager le changement pour vous : entrez en conscience de vos actes, entrez en conscience de vos besoins et des demandes relatives, entrez en campagne pour une clarté intérieure. Voyez l’article sur la volonté de changement et demandez-vous si vous avez cette motivation. (Et si vous ne l’avez pas, considérons que la situation vous convient).

Lorsque vous êtes décidés à évoluer, demandez de l’aide, cherchez plusieurs pistes : ne vous contentez pas de l’évidence, car elle risquerait de vous ramener à votre voie précédente. Soyez aventureux : osez découvrir de nouveaux (ou très anciens) styles thérapeutiques ou de connaissance intérieure : Yoga, thème astral, Reiki, analyse transactionnel, radiesthésie, sophrologie, hypnothérapie, constellations familiales, etc.

La rencontre que vous ferez avec chacun des praticiens sera plus importante que sa pratique, alors restez ouverts au non connu (de vous) …

Et votre chemin commence seulement ! Parfois, il vous faudra apprendre à exprimer des besoins qui vous sont difficiles à dire ; parfois, vous devrez batailler dur pour prendre (ou reprendre) votre place ; et parfois vous serez amenés à faire le deuil de vos attentes ou bien à vous séparer de certaines personnes (toxiques) qui vous entourent – c’est à envisager aussi. Rappelez-vous d’un des principes du bouddhisme – l’impermanence : rien n’est permanent, jamais !

Et je vous souhaite une belle sur la route


 

 

Embrasser le conflit

La proposition de ce titre et de cet article, d' »embrasser le conflit » est volontairement provocatrice, surtout si vous êtes dans un état d’esprit de recherche d’apaisement ou de solutions. Je souhaite aborder avec vous aujourd’hui votre capacité à éviter les conflits et l’art d’embrasser les conflits avec maturité.

Eviter ce qui pourrait provoquer de la douleur, éviter les risques, éviter de regarder les choses en face, éviter même les situations inconfortables, sont des inclinaisons-réflexes naturelles.

Que ce soit une bagarre de rue, un conflit latent au bureau, ou de la jalousie masquée, la plupart des gens évitent soigneusement les conflits. Et les conflits latents sont partout présents. Par exemple, pensez aux conflits de territoire et de trajectoire dans le métro, dans la rue, et sur la route. Comment gérez vous ces conflits potentiels ? Est-ce que vous laissez passer les gens qui vous prennent la place, ou qui vous coupent la route ? Est-ce que vous perdez le contrôle en entrant dans  la fameuse « rage routière » (road rage) ?

Que vous réagissiez extrêmement violemment, ou bien que vous vous écrasiez lamentablement, dans les deux cas, votre réaction est immature. Et elle ne vous amènera pas dans une situation que vous souhaitez : dans les deux cas, vous perdez le contrôle.

Gérer le conflit ?

Demandez vous : quelle est la bonne façon de gérer un conflit ?

Dans une négociation diplomatique entre états, l’objectif est d’éviter le conflit, mais le rapport de force reste présent, sous-jacent à toute décision multilatérale. Et l’accord auquel les états parviennent est le résultat de la gestion de plusieurs conflits. Si certains diplomates autour de la table se placent en position d’infériorité, ils ne remporteront pas un accord acceptable.

Dans une négociation commerciale, l’objectif est de parvenir à un contrat, en essayant de faire gagner les deux parties. Le bénéfice n’est pas systématiquement financier, et une bonne gestion des conflits d’intérêt entre acheteurs et vendeurs va permettre d’atteindre un équilibre acceptable entre un prix-produit et une valeur autre.

Dans un « conflit routier », l’objectif est que la circulation reste fluide, même lorsque certains conducteurs tentent de prendre le dessus. Le résultat peut sembler anarchique (allez rouler en Italie, en Grèce ou en Inde !) mais le rapport de force entre conducteurs doit toujours favoriser le passage en restant sur le plan de l’intimidation, un peu comme le font les diplomates négociants : il n’est pas question de s’affronter réellement.

Demandez vous : comment réagirais-je dans chacune de ces trois situations ?

Et surtout, le résultat de votre gestion du conflit serait-il satisfaisant pour vous, pour votre entourage, pour votre entreprise ou pour votre pays ?

Certains conflits sont internes, « intra-personnels », car ils se déroulent à l’intérieur de votre cerveau. Et d’autres conflits sont inter-personnels (entre deux personnes) ou bien sont des conflits de groupe (plusieurs personnes sont impliquées). Chacune de ces situations conflictuelles appellent une « bonne » réponse qui est un juste équilibre entre l’affirmation de soi et l’acceptation de l’autre.

L’image de soi

Vers les autres

Quelle image de vous-même renvoyez vous aux autres lorsque vous louvoyez pour éviter le conflit ? Et si nous inversions les rôles : que faites vous face à quelqu’un qui parait faible, un peu lâche, et qui évite les conflits ? Que provoquent en vous des regards fuyants ?

Quelques mots me viennent à l’esprit : couard, lâche, carpette, faible, mouton, dégonflé, froussard, peureux, poltron …

Vous éviterez ce type de personne, vous avez besoin de temps pour vous, pour vous consacrer à vos propres conflits. Alors pas besoin de ceux d’un autre !

Ou alors, en bon prédateur, face à une proie évitant le conflit, vous prendrez l’ascendant, et vous obtiendrez ce que vous désirez : un contrat avantageux, une négociation avantageuse, etc.

Vers vous même

Quelle image avez-vous de vous même ?

Personnellement, j’ai longtemps cru que j’étais malin … et d’une certaine façon c’est exact : j’avais l’intelligence du renard, mise au service de l’évitement du conflit.

Mais le conflit n’est pas seulement un écueil : c’est aussi un tremplin !

Il sert aussi parfois à purifier, à vider la rage accumulée. Car nous sommes humains, et nous ne faisons pas toujours ce que nous devrions faire rationnellement … Parfois nous accumulons la rancune patiemment. Puis un beau jour, toute la rancune accumulée sort au grand jour, en coup d’éclat atomique, qui peut tout renverser sur son passage !

Un jour un homme m’a dit que j’avais l’ombre du tueur ! Après le choc initial qui a suivi cette déclaration, j’en suis venu à réfléchir : comment éviter les éclats démesurés ? comment maîtriser le tueur en moi, en nous ? Je ne suis pas psychologue, alors je vais surement déformer un peu l’expression officielle, mais je me souviens qu’une psychologue nous avait parlé de ce stade de l’évolution de l’enfant, lorsqu’il est un tueur, lorsqu’il ne considère pas la vie de l’autre comme ayant une valeur. « Maman, je peux tuer ce petit garçon ? ». Heureusement, nous interdisons ce comportement, ces pensées, et nous évitons le chaos sociétal. Mais la pulsion de mort est bien présente, profondément enfouie et réprimée. Avec maturité, gérons cette ombre ! (j’ai un article à venir sur la gestion de nos propres démons).

Pour gérer cette ombre, il faut la connaitre, la mettre en pleine lumière et lui couper ainsi son pouvoir. Pour ne pas laisser l’ombre rageuse du tueur (ou du vengeur, ou du frustré) prendre le contrôle, je pense qu’il suffit de la priver de son carburant qui est le (petit) conflit (quotidien) non affronté.

Ne vaut-il pas mieux affirmer quotidiennement vos préférences ? Ne vaut-il pas mieux affronter le conflit chaque fois qu’il se présente, et le gérer dans l’instant ?

J’aime croire qu’une bonne explication houleuse, ou une bonne empoignade peut éviter des années de souffrances.

Identifiez vos craintes

Reconnaître que vous craignez le conflit (dans certaines situations) est déjà un pas gigantesque. En effet, très souvent les gens gardent cela dans l’ignorance, afin de ménager leur orgueil.

Et pourtant, il est tout à fait justifié dans -certains cas- de craindre une blessure, de craindre le rejet, ou d’éviter les situations inconfortables.

Il est normal d’avoir peur dans certaines situations. C’est sain.

Je vous propose une première étape d’identification des vos craintes, en matière de conflits. Quels sont les conflits que vous évitez ? Qu’est-ce que vous acceptez sans réagir alors que vous bouillez au fond ? Qu’est-ce qui vous révolte, mais que vous taisez ? Qu’est-ce qui vous enchanterait mais que vous n’osez par entreprendre ? Faites une liste.

Identifiez entre 5 et 10 grandes craintes de conflits que vous ne gérez pas.

Quelques exemples :

Pros :

  1. je ne dis pas à mon boss que je n’aime pas sa façon de faire son boulot
  2. je ne cherche pas un nouvel emploi pour éviter de décevoir
  3. j’accepte le comportement irrespectueux de certains collègues, voire de certains directeurs
  4. je supporte mal le bruit que font les collègues dans le bureau, mais je supporte sans rien dire
  5. je rend service, pour paraître gentil (cf. La pathologie du service)

Persos :

  1. je suis gentil(le) avec les nouvelles rencontres, afin de ne pas les choquer
  2. je ne choisis pas de quoi sera faite la soirée avec mon conjoint
  3. j’accepte la baguette brûlée que me tend la boulangère
  4. j’envisage sérieusement de changer de cuisine en sortant du magasin (alors que je n’étais pas là pour ça)
  5. je justifie ma gentillesse en disant que je me sacrifie pour les autres, mais j’ai surtout peur de m’imposer

A vous : identifiez quelques conflits que vous évitez :

Acceptez ces conflits. Ils font partie de votre réalité. Et ne vous blâmez pas ! Acceptez sans jugement : il est normal d’avoir peur.

Et il est possible d’agir malgré la peur. (faites-vous aider sur ce point si vous n’y arrivez pas seul)

A partir de la liste de vos conflits, de ceux que vous évitez, je vous propose d’en choisir un en particulier : un conflit que vous pouvez affronter immédiatement. Choisissez un conflit qui vous paraît maîtrisable dans votre situation actuelle, et attaquez ! Lancez-vous maintenant !

Vivez cette expérience en conscience, en ressentant la symbolique de ce que vous faites (évitement de l’évitement, contrôle de votre ombre, apprentissage et cadeau caché). Puis tirez-en les conséquences, avec honnêteté envers vous-même.

Mot de la fin

Embrasser le conflit va au-delà de gérer un conflit : l’idée ici est d’accepter l’existence quotidienne de plusieurs niveaux de conflits comme faisant partie intégrante de notre nature : conflits internes, conflits de personnes, conflits de groupes. Les conflits sont douloureux lorsqu’ils se déclenchent, mais ils sont inévitables. Acceptez l’existence du conflit et de la douleur qu’il engendre, c’est la vie !

Voici quelques mots qui pourront vous motiver : brave, courageux, audacieux, viril (pour les hommes), vaillant, héroïque, fort.

Faites ce qu’il faut pour qu’on emploie ces mots en parlant de vous.

Et avec votre voix intérieure, parlez vous ainsi : « je suis brave, je suis courageux, je suis audacieux, je suis vaillant, mes actes sont héroïques, je suis fort ».

Je vous souhaite de bons conflits !


 Pour aller plus loin : 

  • Allez voir ou revoir le film « fight club » – Fondez un fight club !
  • Pratiquez un art martial – pas uniquement de la boxe – entrez dans un sport de combat ayant une spiritualité avancée. Comprenez la sacralité du combat.
  • « Apprivoiser son ombre : Le côté mal aimé de soi » – de Jean Monbourquette ; lien Amazon
  • « Tremblez mais osez ! » – de Susan Jeffers ; lien Amazon

Vérité, honnêteté et transparence

Histoires fausses

Ce que nous entendons, ce que nous disons est souvent une déformation de la réalité. Si ce n’est pas faux, ce n’est pas tout à fait vrai pour autant.

Cependant, lorsque je déforme la réalité, c’est un mensonge. Qu’il soit voulu, ou non.4989

Et si je le fais, c’est pour masquer quelque chose au regard des autres, ou à mon propre regard. Pour rester cohérent, il va m’être nécessaire de continuer à servir le même mensonge aux mêmes personnes, ce qui va nécessiter de ma part un exercice de mémoire constant, sur la durée …

Pour complexifier la situation, si je relate des histoires différentes à des publics différents, alors il faudra maintenir ces différents mensonges à ces différents publics ; il faudra les maintenir dans le temps, faire vivre les mensonges, les faire évoluer. Mon travail de mémoire va devenir gigantesque de complexité !

Les catastrophes potentielles sont multiples : j’oublie le mensonge que je servais habituellement, je m’oublie. Mon public va se poser des questions, ou découvrir un indice que quelque chose n’est pas juste. Autre potentielle catastrophe, plusieurs personnes ayant eu des versions différentes se rencontrent et croisent leurs versions…

Ces éclats potentiels sont le ressort de nombre de vaudevilles, pour le plus grand plaisir des amateurs de comédies que nous sommes.

Mais lorsque cette comédie est notre vie, alors la pente de la tragédie est proche : risques psychologiques, fatigue émotionnelle, burn-out, perte de confiance, etc. sont quelques exemples de ce qui nous attend en déformant trop et trop souvent la réalité.

A la recherche de la vérité

Je voudrais aborder aujourd’hui une attitude délicate, qui ne devrait pas l’être, qui est celle de l’honnêteté ; la position de dire la vérité. (qui est ma vérité telle que je la perçois).

Si vous êtes comme moi, votre éducation & votre enseignement, vous ont conduit à rechercher la vérité, à ne pas mentir, à vouloir toujours obtenir ce qui est vrai. Et si vous ne le faites pas, vous vous sentez coupable de quelque chose. Cette culpabilité est bien ancrée dans votre inconscient, et vous ne la voyez peut-être même plus.

Mais pourquoi mentir si nous risquons le burn-out, et si on nous a inculqué à préférer la vérité ?

Pourquoi ? Parce que nos vies complexes, effrénées, contradictoires nous laissent parfois peu de temps pour choisir les meilleures options à long terme. Pour être tranquille, une maman va embobiner ses enfants, pour être tranquille un patron d’entreprise va déformer les faits auprès de ses employés, pour être lu un journaliste va déformer les traits de son histoire … Ces choix sont des options à court terme, qui répondent à l’immédiateté d’une situation, mais qui vont décrédibiliser (et faire perdre confiance) à long terme.

Et la transparence ?

Le concept de transparence, employé dans un contexte professionnel signifie donner une visibilité à ses collaborateurs sur tout ce qui peut les intéresser. Cette visibilité « transparente » peut amener à partager les informations salariales, les raisons des choix stratégiques, les causes réelles de certaines réorganisations, etc.

Histoire vécue :

Lors d’une de mes missions, j’ai été témoin du conflit entre un manager et son directeur, dans un service support. Le manager, de génération Y, fortement inspiré de l’esprit « milléniums », souhaitait laisser voir aux directions clientes que certains budgets alloués pour certains projets n’étaient pas suffisants compte-tenu des opérations à mener. Son objectif était d’obtenir un quitus sur le droit à l’erreur de ses équipes, droit à l’erreur qui concernait une mauvaise estimation de charge initiale. Bien évidemment, annoncer un déficit budgétaire n’est pas chose aisée, et les remous provoqués peuvent causer quelques désagréments de carrières … C’est pour conserver l’équilibre existant que le directeur préférait faire « comme d’habitude », à savoir prendre du budget d’autres projets et les déverser dans le projet déficitaire, afin de sauver les apparences, et quitte à mettre en péril d’autres opérations moins visibles. Le conflit ne trouva pas de bonne résolution puisque le manager ne fut pas écouté, et fut même contraint de porter le mensonge.

 Ce type de comportement en entreprise est quotidien, permanent, câblé en dur !

Vers la vérité !

Il existe très peu de contextes professionnels dans lesquels il serait possible de dire la vérité en toute transparence. Je connais au moins deux modèles de comportement qui préconisent l’honnêteté comme résolution de la plupart des conflits personnels et interpersonnels : la CNV, et l’élément humain.

Dans ces deux modèles, il est montré comment la recherche de la vérité pour soi, et pour le groupe, de la vérité à dire, de la vérité à entendre, est un gage de succès pour nos relations (professionnelles et personnelles), sans même laisser poindre l’écueil du jugement moral.

Parler vrai, parler avec sa vérité est un moyen de s’alléger l’esprit : je n’ai pas besoin de me souvenir de ce que j’ai dit à qui, puisque je propose ma vérité à tout instant.

Dire la vérité avec honnêteté ne peut se faire que dans un contexte où entendre les vérités est concevable. Trop souvent, les rapports sociaux et les rapports professionnels sont cadrés d’une façon qui ne laisse pas place à la vérité. Pour reprendre l’histoire que je relatais ci-dessus, la direction de cette entreprise n’était pas prête à entendre que les estimations sont fausses, elle n’était pas prête à concéder le droit à l’erreur à ses employés … en tout cas, c’est ce que le directeur pensait.

Et vous ? seriez-vous prêts à dire la vérité ?

Et surtout seriez vous prêt à entendre les vérités des autres ?

Le monde serait bien différent, n’est-ce pas ?


Bibliographie

Quelques titres à creuser sur les différents aspects soulevés dans cet article :

  • « Cessez d’être gentil soyez vrai ! » – Thomas d’Ansembourg  ; lien Amazon
  • « L’élément humain : Comprendre le lien estime de soi, confiance et performance« , – Will Schutz ; lien Amazon
  • « Managez votre tribu » – Dave Logan , John King, Halee Fischer-Wright ; lien Amazon

Lorsque rendre service devient une maladie

Qu’est-ce que servir ?Chevalier-st-Lazare-3

Servir consiste à se mettre au service d’une cause, à la défendre et à la promouvoir du mieux que je puisse faire, puisque j’y crois. Lorsque cette cause est alignée avec soi, elle offre la force de l’action pour la réalisation de grandes choses, et la réussite de ses objectifs, et en fin de compte, de sa vie !

Mais lorsque servir devient un automatisme de fonctionnement social et professionnel, lorsque servir est un atout et une défense, lorsque servir est un credo de vie et finalement, un outil, alors vous risquez la déviance : entrer dans des jeux de pouvoir et de manipulation, pour répondre à des besoins que vous n’admettez pas. Ce comportement est celui d’un homme immature dans le sens de l’archétype du Guerrier Enfant (« cf. King Warrior etc. ») et c’est un comportement très répandu dans notre société moderne. Aussi, je vous invite à vous interroger sur certaines des maximes du service et à considérer si elles résonnent étrangement en vous.

Être parfait pour mieux servir autrui

Lisez et relisez les phrases ci-dessous. Demandez-vous si elles vous parlent, si elles vous correspondent. Et si vous connaissez quelqu’un de proche qui semble s’astreindre à cette philosophie, soyez très prudent : ne lui (pro)jetez pas un diagnostic tout fait. Invitez-le plutôt, par des questions intelligente à se poser certaines de ces questions. Et indiquez-lui que vous avez aimez cet article et qu’il/elle pourrait le lire !

« Je dois toujours faire ce que les gens attendent de moi « 

Je cherche à déterminer ce que mes collègues, mon patron, mon époux/épouse, mes enfants, mes parents, et mes amis attendent de moi. Et je DOIS le faire, c’est mon devoir auquel je ne peux échapper. Je ne dois décevoir personne !

« Je dois prendre soin de tout le monde autour de moi, qu’on me demande de l’aide ou pas »

Je suis attentif à mon entourage, et je suis surtout attentif à l’aide que je pourrais apporter pour résoudre des problèmes. Je suis très à l’écoute des demandes non formulées, de façon à pouvoir les devancer. Je suis totalement et pleinement concentré sur le service que je peux rendre.

« Je ne dis jamais non ! »

Si d’aventure on me demande de l’aide, c’est une aubaine que je ne vais certainement pas refuser.

« Je suis gentil, je suis humble et je ne blesse personne »

Oui, je suis le good guy, je dis oui : j’accepte de rendre service, même lorsque cela va contre mon intérêt. Je tente de concilier tout le monde, et je supporte mal que d’autres soient en conflit. Je tente de les apaiser.

« Toujours heureux et positif, je n’ennuie pas les autres avec mes problèmes et mes besoins »

Je dois toujours être heureux et je ne dois jamais montrer d’émotion négative. Faire plaisir est mon leitmotiv, alors je fais tout pour rendre les autres heureux. Mes misères et mes besoins me sont inconnus, ou au mieux il sont réprimés !

Quelque soit la loi qui me correspond, je reste une personne centrée sur l’autre, et je fais toujours passer l’autre avant moi. On dit de moi que je suis serviable, et je pousse le trait pour l’être parfaitement ! Altruiste à l’extrême je suis très gêné lorsque des intérêts divergents se présentent pour mon entourage. Je ne sais qui aider lorsque aider l’un dessert l’autre. Dans ces cas, si je ne peux choisir, je risque de « craquer » …

Mes récompenses

Je fais tout cela car j’attends en retour des « récompenses », qui sont les fruits bien mérités d’un labeur honnête. Ce que j’attends particulièrement :

Les autres DOIVENT m’aimer et m’apprécier parce que je fais tout ce qui est bon pour eux, et parce que je me donne beaucoup de mal pour les satisfaire …

 

Les autres DOIVENT être aimables et gentils avec moi car je les traite bien, ils ne PEUVENT pas me rejeter …

 

Personne ne DOIT être en colère contre moi, ou me blesser, ou m’abandonner, car je suis gentil avec chacun, et je fais en sorte d’éviter toute situation traumatisante …

Et à votre avis, comment vais-je me sentir, si après tout mes efforts, je n’ai pas ma récompense attendue ?

Si vous vous reconnaissez ?

Vous manipulez les autres pour répondre à vos besoins. Ne vous jugez pas trop durement, c’est ainsi que vous fonctionnez aujourd’hui, et en étant conscient de cela vous pouvez faire quelque chose. Commencez par de la bienveillance envers vous-mêmes, elle vous aidera à mieux développer votre acuité mentale.

Apprenez à être conscients de vos jeux, apprenez à les détecter et ROMPEZ les automatismes ! Une fois que vous prendrez facilement conscience de ces automatismes, vous constaterez que vous avez commencé à les évitez. C’est la bonne voie !

Tout l’enjeu du changement de comportement va porter sur la reconnaissance de vos vrais besoins. Vous devez apprendre à détecter vos besoins, puis ensuite vous apprendrez à les approuver, à les exprimer, et enfin à y répondre. Allez-y par petits pas !

Do something!


Bibliographie

Quelques titres à creuser sur les différents aspects soulevés dans cet article :

  • « Cessez d’être gentil soyez vrai ! » – Thomas d’Ansembourg  ; lien Amazon
  • « The Disease To Please: Curing the People-Pleasing Syndrome » – Harriet B. Braiker ; lien Amazon
  • « Le tueur de dragons au coeur lourd » – Marcia Grad Powers ; lien Amazon
  • « King, Warrior, Magician, Lover: Rediscovering the Archetypes of the Mature Masculine » –  Robert Moore, Douglas Gillette ; lien Amazon
  • « Déjouer les pièges de la manipulation et de la mauvaise foi  » — Pierre Agnese, Jérôme Lefeuvre, Steven Karpman ; lien Amazon