Compliments en libre service

Il y a un peu plus d’un an, j’avais lancé une expérimentation chez mon employeur : j’imprimais des compliments sur une feuille A4, que je prédécoupais comme nous pouvons le voir pour des petites annonces chez les commerçants locaux. Puis je collais cette feuille avec les compliments détachables dans un lieu de passage : une salle café.

Tout ceci était anonyme et personne ne savait – du moins au début – d’où venait cette initiative. Cela m’a permis de sonder le terrain, c’est-à-dire d’écouter ce qu’on en disait.

Ces compliments écrits et détachables ont d’abord intrigué mes collègues, qui ne savaient pas bien quoi en penser. Puis ils les ont utilisé. D’abord pour le donner à quelqu’un de son équipe. Et ça a pris un peu d’ampleur : les petits compliments détachables partaient et j’imprimais de nouvelles version toutes les semaines.

J’ai ensuite étendu l’expérimentation, passant d’une salle de pause à toutes les salles, à tous les étages. J’ai été vraiment bluffé par la façon dont cette petite action, cette démarche simple, a provoqué une adhésion générale. C’est vraiment encourageant de constater combien il est facile de provoquer des discussions, des sourires et des prises de conscience par l’usage de ces petites choses toute simples.

Aujourd’hui je vous propose de tenter l’expérience vous aussi. Je vous propose la copie des compliments en libre service que j’avais utilisé l’an dernier, et je vous propose de passer à l’action. Imprimez les, prédécoupez les, et affichez les dans un lieu de passage et de pause. Voyez si ça mord, voyez si ils sont utilisés ! Et écoutez si les gens en parlent.

Voici le google doc : Compliments en libre service

 

Le Soi dérivé des choses

Savez-vous ce qu’est l’identification aux objets ? Savez que nous pouvons tous dériver notre sens du Soi – qui nous sommes – des objets qui nous entourent ?

C’est un fonctionnement naturel, répandu partout, dans tous les ages, et c’est aussi une des racines du mal-être de notre civilisation.

Qu’est-ce que c’est que le « soi dérivé des choses », que provoque-t-il, et que pouvons-nous y changer ? Voici le sujet que je vais esquisser dans cet article.

Expérience personnelle

Il y a quelques années, un pickpocket m’a subtilisé mon téléphone portable aux Halles, sur le quai du Rer. L’événement est courant, voire quotidien, rien d’exceptionnel.

Imaginez un instant, que quelqu’un d’autre que vous se fasse voler son téléphone. Que ressentez-vous ? Vous pourriez osciller entre compassion et indifférence. Peut-être un peu des deux. Mais finalement c’est un simple objet, et il est remplaçable. George Brassens a écrit une chanson adressée à un cambrioleur qui était passé lui dérober sa guitare, chez lui. Et il avait ces mots :

(…) je te pardonne
Ce que tu m’a volé, mon vieux, je te le donne
(…)
nous sommes quittes
Après tout, ne te dois-je pas une chanson

J’ai toujours trouvé cette histoire magnifique, tant pour sa musique que pour la noblesse d’esprit affichée par Brassens. Il faut vivre un cambriolage pour comprendre que pardonner à son voleur, et finalement lui donner ce qu’il a pris est une prouesse morale presque impossible à accomplir. Je n’imagine pas par quoi Brassens est passé avant de trouver cette pirouette, cette chanson.

Personnellement, le vol de mon téléphone portable s’est transformé en calvaire. Objectivement, j’avais seulement perdu un outil de communication avec quelques photos non sauvegardées. Subjectivement, une part de moi-même avait subi les outrages ultimes. J’ai ressenti une partie de mon être s’évaporer instantanément, et la souffrance que j’ai endurée pendant plusieurs jours est indescriptible …

Bien entendu, je ne souhaite rien de tel à personne ! Mais si comme moi à l’époque vous avez transféré une partie de vous-même dans ce qui vous entoure, alors vous allez souffrir de leur perte. Votre voiture, votre sac, votre maison, votre chaise, votre bijou préféré, etc. Tous ces objets sont des objets. Si vous y avez attaché une partie de votre ego, alors leur perte provoquera de la souffrance.

C’est exactement ce que recouvre le terme dukkha du bouddhisme : la souffrance inéluctable et omniprésente dans nos vies, tant que nous n’aurons pas réussi à détacher notre être des objets de notre réalité.

Se guérir

La première étape de la guérison de cet attachement aux choses, est de reconnaître qu’il existe. Que le mal est là.

Ensuite, la seconde étape est de comprendre comment cet attachement fonctionne, à quoi il répond, et de découvrir que cet attachement aux choses nourri l’ego.

La troisième étape est de comprendre que vous n’êtes pas votre ego. Si l’ego a besoin de choses pour exister, vous vous n’en avez pas besoin. L’ego se battra contre ces idées !

L’ego veut posséder. Et lorsqu’il possède il veut encore posséder d’autres choses. Vous devez apprendre à vous détacher de ce fonctionnement maladif. Vous n’êtes pas votre ego. Vous pouvez posséder sans attachement, posséder sainement.

Et utilisez les objets pour ce qu’ils sont !

Qu’est-ce qu’un paradigme

Qu’est-ce qu’un paradigme et à quoi cela peut bien nous servir ?

Un paradigme est la façon dont vous voyez quelque chose. C’est votre point de vue, votre cadre de référence ou votre croyance. Vous pouvez y voir une collection de croyances, de jugements, d’acceptations, d’histoires et de concepts. Le paradigme que nous utilisons et acceptons dépend de ce que nous croyons en ce que nous percevons comme vrai et exact.

Si vous deviez sortir en ce moment et vous promener dans les rues pendant quelques heures et interagir avec différentes personnes et différentes situations, la façon dont vous réagiriez à toutes ces choses et les pensées qui traverseraient votre esprit, tout cela dépend de votre paradigme.

  • Comment vous vous voyez vous-mêmes ? Comment vous pensez que les autres vous perçoivent ?
  • Ce que vous faites quand vous êtes observés, ce que vous faites quand vous êtes seuls ?
  • La façon dont vous dites bonjour .. ou pas ? Ce que vous dites ensuite ?
  • Ce que vous pensez des idées des autres ? des vôtres ?
  • Les jugements que vous avez concernant les personnes que vous croisez, ou les situations que vous observez.

Tout est inclus dans votre paradigme.

Vous pouvez apprendre toutes les techniques du monde pour être heureux, tout ce qui concerne la psychologie positive ou la relaxation, vous pouvez y passer des années.

La chose qui fait vraiment vraiment la différence c’est voir et comprendre votre paradigme, votre vision du monde. C’est la façon de voir la réalité et de voir le monde autour de vous. Lorsque vous adoptez un nouveau paradigme, vous devenez littéralement une nouvelle personne. Les gens autour de vous vont commencer à vous dire: « Vous avez changé ! ». Et c’est une bonne chose d’avoir la possibilité de devenir une autre version de nous-mêmes, il n’y a absolument rien de mal à changer.

Vous ne voulez probablement pas changer pour le pire, vous ne voulez pas réduire votre zone de confort, vous ne voulez pas être plus malheureux, ou moins à l’aise.

Vous voulez plutôt changer votre paradigme d’une façon qui vous soit utile pour être mieux dans la vie.

Si vous refusez de changer quoi que ce soit vous concernant et si vous voulez simplement un résultat directement, vous ne l’obtiendrez pas.

Les souhaits ne se réalisent pas, les rêves non plus.

Tout changement majeur dans nos vies commence par une remise en question personnelle, et il se provoque en proportion je dirais pour 80% par un changement de paradigme et pour 20% par les tactiques, projets, exécutions de plans.

Pourquoi la résistance

Parfois, savez-vous ce que vous devez faire, mais sans y parvenir ?

Parfois, vous arrive-t-il ardemment d’espérer, de rêver ou de prier pour des choses essentielles, mais sans les obtenir ou les atteindre ?  

Commencez-vous parfois à faire des progrès positifs vers vos objectifs, mais ensuite, tout semble s’effondrer ?

Mais pourquoi ?

Nous passons tous par là.

Pourquoi après faire des progrès vers nos objectifs, vers nos rêves, pourquoi tout se retrouve démoli à mi-chemin et il nous faut tout recommencer encore et encore ?

Pourquoi faisons-nous des rêves, vers lesquels nous nous élevons majestueusement, pour ensuite nous écraser au sol ?

Pourquoi dansons-nous sans cesse entre notre moi passé et notre moi futur ?

Pourquoi avons-nous des désirs ? Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi ne pouvons-nous pas atteindre simplement les objectifs que nous voulons atteindre ?

Quelle est la résistance responsable de tout cela ?

Une idée : savez-vous que plus vous poussez un mur et plus il résiste ? Tel est le principe physique de l’action / réaction ? Et se pourrait-il que ce principe s’applique aussi à nos pensées ? à nos désirs ? à nos actions ?