Wow et les équipes performantes

Hier soir mon fils me racontait la vie des jeux en ligne, et en particulier de World of Warcraft. Il me parlait notamment des meilleurs groupes, les meilleurs du monde, ceux qui jouent en raid de 20 joueurs, et qui se classent tout en haut du classement.

Et j’ai redécouvert combien les modèles d’équipes performantes sont justes et pertinents, et combien ces modèles s’instancient naturellement et merveilleusement dans de nouveaux contextes. Pourquoi ? Comment ? De quoi je parle ? C’est la suite de cet article !

Les équipes performantes et WoW

Introduction à la mécanique d’équipe de WoW

Dans World of Warcraft – Wow en abrégé – il y a plusieurs types de personnages, qui n’ont pas les mêmes compétences. Chaque type de personnage, du fait de ses compétences a un rôle très important lors du jeu. Sur lui repose une partie du succès ou de l’échec de chaque partie.

Dans Wow il est possible de mesurer sa progression, individuellement, et en groupe. Certains groupes sont meilleurs que d’autres, il y a toute une échelle permettant de les comparer.

Nous n’avons pas cela dans nos entreprises, car il n’y a pas de mètre-étalon objectif et unique pour la performance des équipes. Indirectement le succès de l’entreprise, sa rentabilité vient sanctionner la performance des équipes, mais ce résultat n’est-il pas noyé dans un faisceau d’autres paramètres ?

 

Imaginons que vous vous intéressiez quelques temps à ce jeu, à cet univers de jeu, vous pourriez découvrir à la fois la possibilité de prendre un rôle, avec des compétences spécifiques, et vous feriez progresser ce personnage, petit à petit, sur l’échelle de ses compétences, et également sur l’échelle de votre maîtrise de ses compétences. Oui, il y a bien deux niveaux de compétences : à personnages équivalents, deux joueurs n’auront pas les mêmes résultats. Et c’est d’ailleurs sur ce principe que repose tout l’intérêt de jeux comme LoL, mais je m’éloigne de mon sujet …

Ensuite, imaginons que vous souhaitiez découvrir toute la panoplie de ce que WoW peut offrir aux joueurs. Alors vous iriez aussi faire des “instances”, des “raids”, et vous rejoindriez peut-être une “guilde”. Tous ces termes entre guillemets, qui sont du vocabulaire du jeu, représentent simplement la possibilité de jouer en groupe, de rejoindre un ensemble de joueurs que vous retrouverez facilement, et avec lesquels vous pourrez plus facilement jouer en groupe.

Un “raid” est le niveau le plus avancé du jeu : il s’agit d’une petite aventure bien délimitée, assez difficile. Un raid se joue forcément en groupe de 10 à 20 personnes (les raids allaient même jusqu’à 40 personnes aux début de WoW, il y a 12 ans). Pour réussir un raid il faut appliquer des stratégies pour chaque boss (oui, oui, il y a aussi des “boss”, qui sont des ennemis super balaises avec lesquels on évite de plaisanter).

Les raids eux-mêmes ont plusieurs niveaux de difficulté, ce qui créent une sorte d’échelle naturelle des groupes et des guildes qui ont montré pouvoir défaire le raid jusqu’à tel niveau.

Les non-équipes

En essayant les raids, si vous êtes débutant, vous risquez d’être vite déroutés, voire démoralisés. Si vous n’avez pas encore de guilde, si vous n’êtes pas encore au complet dans un groupe prêt à partir à l’aventure, vous serez associés à quelques personnes aléatoirement, personnes qui n’ont généralement pas les mêmes ambitions que vous : il y a les joueurs qui ont 10 minutes, ceux qui se déconnecteront sans que vous sachiez pourquoi, ceux qui n’ont prévu que de faire la première étape, ceux qui ne connaissent pas la stratégie, et ceux qui ne connaissent pas les compétences et les responsabilités de leur propre personnage. Il est probable d’ailleurs qu’après quelques essais de ce type vous abandonniez les “raids”, car l’esprit du jeu aléatoire est assez difficile à supporter.

Les équipes efficaces

Mais imaginons maintenant que vous soyiez introduits, dans un cercle fermé de joueurs expérimentés, motivés, ambitieux, et mobilisés. Vous allez vivre alors une autre expérience : chaque joueur connait bien son rôle, il apprend les stratégies, il est présent pour un temps déterminé à l’avance, et tout le monde est au rdv à l’heure dite. Un leader (ou deux) sont là pour animer la sortie “raid”, et il y a des chances pour que cette organisation vous amène jusqu’au succès. Bien entendu les premiers groupes auxquels vous participerez auront une organisation très militaire : il faut suivre le plan, s’y tenir à la lettre, et il faut bien écouter le chef, et faire tout ce qu’il dit. Chacun est responsable d’un ensemble précis d’action, tout est sous la responsabilité du chef.

Ce type d’organisation est efficace. Suffisamment efficace pour réussir à passer les premières étapes des raids.

Les meilleures équipes du monde

Et maintenant revenons-en à ma discussion intéressante d’hier soir avec mon fils : mon fils me racontait comment fonctionnaient les meilleurs groupes du monde. Car vous pouvez savoir comment ils fonctionnent en suivant leurs chaines de streaming. Dans les meilleurs groupes du monde vous trouvez des joueurs brillants, qui connaissent sur le bout des doigts toutes les stratégies, qui savent utiliser très rapidement et très efficacement toutes les compétences de leur personnage, et qui connaissent les compétences des autres membres de leur équipe. Le leader est actif, rapide, performant, et il est capable de dire à chacun quoi faire en permanence. Le leader connait les compétences de tout le monde sur le bout de doigts, et il suit de très près tout ce qui se passe. L’équipe est performante, les membres sont tous hyper compétents, le chef est le meilleur d’entre eux, il connait toutes les compétences.

Et l’équipe championne

Maintenant allons voir en haut de la pyramide, là où l’air se raréfie encore, la où isolés, les leaders culminent. Vous trouvez à ces hauteurs une guilde, appelée Method, et vous pouvez également suivre leur streaming. Lorsqu’ils ont commencé à publier leurs vidéos, tous les autres joueurs étaient assez étonnés : ne vont-ils pas diffuser des informations capitales concernant leurs stratégies, leurs méthodes, le secret de leur succès ?

Dans ce groupe, vous pouvez observer les joueurs actifs, rapides, compétents. Chacun connaissant manifestement ses compétences sur le bout des doigts, comme pour les autres meilleurs groupes du monde. Vous pourriez avoir l’impression qu’il n’y a pas de différence dans le jeu, dans les compétences, ni dans la rapidité des actions des joueurs. Et c’est vrai au premier abord. Mais ensuite l’évidence va brusquement vous bousculer  : le silence assourdissant du leader.

Non le leader n’a rien à dire, ou presque rien. Chacun pourrait lui même être un leader, chacun connait parfaitement le jeu, les stratégies, les compétences de tous les autres, il n’est plus nécessaire de faire s’exprimer un leader actif contrôlant tous les mouvements des autres.

La meilleure équipe du monde joue sans lead actif. Le sens est connu, la stratégie est connue, les compétences sont connues. Même les stratégies de secours sont connues. Le lead n’intervient qu’en cas d’événement nouveau imprévu. Sinon chacun est hyper efficace avec les autres, sans besoin d’un lead. Voilà le secret pas-si-bien gardé de la performance ultime : l’alignement personnel sur l’objectif du groupe. Chacun ne joue plus pour lui mais pour le groupe, et chacun est en inter-relation permanente avec tous les autres. Quelle leçon !

J’ai adoré que mon fils me décrive ces comportements en groupe, car j’y ai retrouvé à la fois mes expériences professionnelles et les modèles théoriques de compétence des équipes.

La performance professionnelle

Est-ce que comme moi vous participez à des projets, à des organisations, ou accompagnez les projets et les organisations ? Ne trouvez-vous pas que nous retrouvons dans les mécaniques de cet univers ludique les mécaniques et modèles des équipes performantes ?

Voyons les différents types d’équipes que j’ai décrit : vous avez d’abord les équipes non performantes, constituées rapidement, non stabilisées. Ses membres vont et viennent et nombre d’entre eux ont un objectif différent de celui de l’équipe, de l’entreprise ou du groupe. Il y a des mercenaires, il y a des problèmes de communication, des problèmes de motivation et d’engagement, et quoi qu’il se passe, des problèmes surgissent sans cesse.

Vous avez ensuite les équipes performantes centrées sur un chef expert hyper-actif qui peut débloquer toutes les situations et qui comprend ce que fait chaque membre de son équipe. C’est le manager expert, très communiquant et qui pourrait prendre la place de chaque membre de son équipe. D’ailleurs il ne manquera pas de le faire pour faire avancer les sujets. Le leader tire l’objectif, il l’incarne, et il peut résoudre toutes les problématiques à partir de sa position de leader.

Et au-delà de l’équipe centrée sur son chef hyper compétent, vous avez l’équipe autonome, dans laquelle chaque membre incarne l’objectif commun et les moyens de l’atteindre. Tous sont engagés et orientés vers cet objectif commun, et le leader peut s’effacer ou agir ailleurs. Si un problème survient, les membre, entre eux, vont le résoudre.

Conclusion

Cet article n’était pas pour moi le lieu de décrire les modèles de performances des équipes, mais plutôt d’illustrer par cette étude de cas, comment ces modèles s’instancient aussi dans les domaines ludiques. Les mécaniques qui naturellement classent les équipes du jeu WoW sont les mêmes que les mécaniques qui rendent nos équipes plus ou moins performantes.

N’est-ce pas un beau sujet de réflexion pour nos accompagnements en coaching agile, coaching d’équipe, et coaching d’organisation ?

Faut-il gérer les émotions

Que signifie « gérer ses émotions »

Gérer ses émotions, n’est-ce pas devenu un terme politiquement correct pour dire « Apaiser ses émotions », et en particulier les émotions dites « négatives » ?

Les émotions négatives sont les peurs, les colères, et les tristesses ; émotions que j’ai nommées au pluriel car il y a de nombreux dérivés, couplages, ou intensités décrivant ces diverses émotions (cf. boussole des émotions).

Toutes les personnes que j’ai reçu en formation ou à qui je présente le concept de soft skill gym, avec notamment la capacité à gérer ses propres émotions, toutes espèrent une façon de ne pas affronter ces trois types d’émotion. Comment les éviter, comment éviter leur résurgence, comment vivre seulement en Joie ? …

C’est un constat que nous sommes beaucoup à partager : certaines émotions sont devenues tabous en milieu professionnel, tabous entre amis, et même tabous en famille.

Posez-vous la question : est-il facile pour vous de montrer votre colère au travail, sans passer illico pour un collègue irritable ? Ou bien est-il envisageable de montrer votre détresse, votre extrême tristesse, lors d’une réunion ?

Je me souviens avoir accompagné une personne qui non seulement était triste et pleurait au sujet d’une situation professionnelle, mais qui en plus se culpabilisait et était terrorisée de montrer ses larmes !

C’était une torture auto-infligée ! Et c’est une pratique très répandue.

Accueillir l’émotion

Or, les psychologues nous disent tout l’inverse : une émotion, cela s’accueille, cela se reçoit, cela se considère. L’émotion apporte un cadeau caché, un message, et pour le recevoir, il faut d’abord recevoir l’émotion.

Et si cela fait mal, alors cela fait mal. Car, ne nous mentons pas : accueillir la tristesse, ou la peur, ou la colère, cela n’a rien d’agréable. C’est difficile. C’est douloureux.

Mais c’est la réalité, notre réalité. L’émotion arrive, déclenchée par un client qui dit « non » au téléphone, ou déclenchée par l’heure qui tourne et le projet qui n’en finit plus, et l’émotion est réelle.

Regarder en face cette réalité, est douloureux. Tout comme affronter volontairement un monstre issu de nos cauchemars pourrait nous terroriser ! Mais accueillir l’émotion est le moindre des maux et c’est là tout l’objet de cet article.

Quelles sont les alternatives ?

Le rejet

Quelles sont les alternatives : rejeter l’émotion, l’enfouir, l’ignorer ?

Mais le message est toujours là lui, bien présent ! Ne pas le recevoir ne veut pas dire qu’il n’a jamais existé. Le message émotionnel a été émis, et n’est pas parvenu à son destinataire.

Alors le message émotionnel va devenir autre chose qu’une émotion. Il va s’enfouir dans l’inconscient, il va devenir une blessure ou un traumatisme ; il va éventuellement enrichir un scénario de vie, une sorte de « destinée personnelle », irréfutable, incontrôlable et indémontrable.

Le message trouvera aussi un lieu de stockage dans le corps : un dos plus douloureux, plus voûté ; des yeux fatigués ; une nervosité excessive, ou un maladresse de l’instant ; quelques cheveux qui ne tiennent pas ou des ongles cassants. Et peut-être, à l’extrémité de l’échelle des conséquences, le message émotionnel pourra participer à l’émergence d’une maladie, grave ou non.

Le transfert

Ou bien la transformer en autre chose. Un enfant qui n’obtiens jamais rien par la colère finira par « apprendre » à jouer de se tristesse pour obtenir ce qu’il veut. Alors de fait il se sera programmé pour ne plus jamais montrer, ni ressentir de colère. Cette transformation d’émotion est très courante. Elle s’est jouée durant notre enfance, et elle est souvent inconsciente.

Vous voulez savoir si vous pratiquez ce détournement émotionnel ? Examinez les émotions que vous vivez fréquemment, et cherchez les absents parmi ces quatre émotions de base que sont la colère, la joie, la tristesse et la peur. S’il y a un absent – pour moi c’était la colère – alors cette prise de conscience va vous aider. Car maintenant, appliquez-vous à vivre l’émotion manquante. Recherchez volontairement des situations anxiogène, ou irritante, ou triste. Et observez vos propres réactions. Avec cette pointe magique de la conscience, vous pouvez transformer le plomb en or !

L’accueil simple

Les professionnels nous le disent, l’accueil de l’émotion, au moment où elle parait est la meilleure des alternative. Comment faire ?

Parce que ce n’est pas si simple finalement ! Oser montrer ma colère, ma tristesse ou ma peur. Dans n’importe quel contexte, oser la transparence. C’est chose qui semble impossible, risquée, non professionnelle. Pour recevoir le message, il faut affronter le monstre, il faut le regarder droit dans les yeux sans fléchir.

Comment faire ? Je ne connais qu’une seule recette, et c’est l’amour de soi.

M’aimer moi-même, suffisamment bien, suffisamment, pour regarder avec amour les réactions qui m’habitent, et pour les accepter comme elles viennent.

S’aimer soi-même est la clé de la gestion des émotions.

Lorsque vous vous aimez intégralement, sans condition, sans œillères, vous pouvez accepter et apprécier les émotions qui vous parcourent.

S’aimer chaleureusement, avec bienveillance ; voilà le plan.

Comment s’aimer

C’est un beau sujet n’est-ce pas ?

J’ai déjà partagé dans un article sur la méditation comment la mindfulness m’a éveillé à ce sentiment. Avec la méditation de pleine conscience, j’ai appris à m’écouter, à me supporter pendant des périodes longues, à m’écouter, et finalement à m’aimer comme je suis

La lecture d’Eckhart Tollé m’a également ouvert à cet amour de soi dans l’instant présent. Un amour en conscience, sans plan pour devenir un autre être.

Quelle sera votre recette en particulier ? Je ne sais pas . Mais je sais que vous pouvez vous aimer inconditionnellement, éternellement, avec bienveillance !

Et ne vous gênez pas pour moi …

 

 

Chaque jour est nouveau

Sisyphe, vraiment ?

Avez-vous l’impression que chaque jour se ressemble ? Que chaque jour vous faites les mêmes choses, se réveiller de la même façon, se préparer, aider les enfants, aller travailler, faire les courses, manger, le ménage, le rangement ? Avez-vous cette impression d’être dans un cauchemar de Sisyphe, répétant sans cesse les mêmes gestes, les mêmes actes toujours et encore ?

Vous avez cette impression parfois que tout se répète et que finalement les choses, votre vie, votre carrière, vos projets n’avancent pas vraiment ?

Pensez-vous que la Seine coule toujours de la même façon ? Ou que les nuages soient toujours les mêmes ?

En fait, vous vous êtes piégé vous-mêmes, vous vous leurrez ! Et qui vous leurre ? Votre mental ; ce cerveau si utile pour analyser, synthétiser, créer, imaginer, mémoriser, ce cerveau si magique vous leurre. Comment ? En caricaturant, en simplifiant, en généralisant à outrance ! C’est-à-dire ? Que veux dire ce charabia ? Justement, c’est le sujet de cet article !

Chaque instant

Chaque instant est lui-même différent des précédents.

Chaque respiration que vous prenez est différente des précédentes. Chaque nouveau battement de votre cœur se fait dans des conditions légèrement – subtilement – différentes des battements précédents.

Chaque intonation de chaque mot que vous énoncez est différente des précédentes intonations. Essayez, enregistrez-vous ; et constatez !

Chaque note que vous chantez est légèrement différente des autres, chaque balle ou ballon que vous lancez a une nouvelle trajectoire, chaque course que vous faites se déroule autrement, …

A chaque instant le monde qui vous entoure, réagit d’une nouvelle façon, parfois subtilement parfois grossièrement, mais tout, absolument tout autour de vous change d’instant en instant, en ne revenant jamais exactement au même état. Jamais.

Et à chaque instant les nuages dans le ciel ont une nouvelle configuration unique, à chaque instant la Seine est dans un nouvel état : il suffit de regarder de près, de suffisamment près.

Chaque jour

Chaque jour est différent des précédents et des suivants. Totalement différent ! tout dans chaque journée est différent des précédentes. Le matin vous vous éveillez avec d’autres pensées, un autre état d’esprit, d’autres émotions. Même subtilement, votre état d’esprit est différent. Vos rêves étaient légèrement différents, la chimie et l’état de votre cerveau sont légèrement différents en ce nouveau matin. Et il en est ainsi pour tous les êtres vivants sur terre.

Les événements de votre journée pourraient vous paraître les mêmes si vous les décriviez de façon générale, si vous les caricaturiez à 10 000 pieds d’altitude. Mais en regardant de plus près, en étudiant le détail de chaque événement, en étudiant vos comportements à la loupe, vous pourrez constater que tout, absolument tout est différent. Ne venez pas me dire que chaque jour se ressemble.

Non !!!

La seule chose que se répète dans notre univers, et c’est bien la seule, ce sont les schémas de pensée, les phrases toutes prêtes ressassées sans cesse. Elles se répètent encore et encore, et vous finissez par y croire.

  • « C’est toujours la même chose »
  • « Tous les jours se ressemblent »
  • « Métro – boulot – dodo » (ou toute autre variation)

Abolissez ces schémas de pensée. Sortez de ce piège mental mortel.

Chaque jour est nouveau.

Chaque jour est un jour nouveau, qui jamais n’a été, et jamais plus ne sera.

Chaque endroit où vous allez est légèrement différent chaque jour. Tout change, tout s’use, tout se déplace. Que ce soit au niveau subatomique ou au niveau de notre monde sensible, tout, tout le temps est en mouvement.

Chaque être vivant

Chaque personne que vous allez croiser, que vous la connaissiez ou pas, chaque personne est dans un nouvel état d’esprit, chaque personne est un océan inconnu, dont peut-être vous avez abordé quelques îles.

Vous croyez connaître certaines personnes ? vos amis ? votre famille ? Attention ! C’est le même fonctionnement mental à l’oeuvre : généralisations, caricatures, abstractions … tout ceci vous menant à des opinions que vous ne confrontez plus à la réalité et qui vous leurrent.

N’allez pas croire que si hier les choses se sont passées d’une certaine façon, aujourd’hui il en sera de même. Non : vous n’en savez rien. Seul votre mental vous trompe. Chaque jour le train peut avoir un retard différent, chaque jour vous croisez un nouveau regard bienveillant, chaque jour vous pouvez avoir un nouvel impact sur la société, sur votre travail, sur votre famille. Et chaque jour vous pouvez avoir un nouvel impact, chaque jour différent.

Je ne connais qu’une seule façon d’aborder chaque nouveau jour, chaque nouvelle interaction, chaque nouvel instant, sans me laisser berner par mon mental. Et cette façon est de considérer l’unicité absolue de l’instant, l’unicité de cette interaction, l’unicité de cette journée.

Nous étions le 23 février 2018, il était 16h02, et c’était la dernière fois. J’en suis heureux car j’ai savouré cet instant, je ne l’ai pas rangé dans les innombrables instants perdus, classés et oubliés. J’ai eu conscience de cet instant.

Soyez conscients de vos instants,

soyez conscients de chacune de vos journées,

soyez conscients de votre communication

Restez en vie, restez conscient !

Méditer ou se détendre ?

Méditer pour s’aimer

Depuis plusieurs années maintenant, vous pouvez trouver assez facilement des programmes de découverte de la méditation, des applications pour débuter, des livres pour apprendre chez soi, avec CD ou avec des vidéos en ligne.

J’ai utilisé ces applications, ces méditations en ligne, et ces livres, et c’est par cette voie là que j’ai débuté il y a trois ans. Avec ces aides j’ai appris à me détendre, à observer mes pensées, à rester calme pendant quelques dizaines de minutes. Et c’était déjà fabuleux de commencer à apprécier le fait de simplement passer du temps avec moi-même.

Voici une première question que vous pouvez vous poser :

Aimez-vous passer du temps avec vous-même ?

Je n’aurais pas su vous répondre « oui » il y a cinq ou dix ans. En bon extraverti, j’étais terrorisé d’être seul quelques heures.

Donc oui, j’ai « appris » à aimer passer du temps neutre, seul, juste avec moi-même. C’était assez étrange au début de cette découverte, car j’avais complètement renversé certains de mes jugements : par exemple, avant je détestais perdre du temps de transport pour aller au travail, alors qu’après je me suis mis à aimer ces moments de recueillement pendant lesquels je passais du temps avec moi-même !

J’ai tellement aimé cette expérience que j’ai voulu aller plus loin, j’ai voulu goûter à la méditation traditionnelle : la méditation bouddhiste.

La tradition Vipassana

Et il y a deux ans je me suis inscrit à un cours de 10 jours pour apprendre la méditation Vipassana (Dhamma Mahi). Alors que dans les cours de mindfulness, dans les cours proposés par les applications ou en ligne on vous incite à vous installer confortablement et à vous détendre, alors qu’on vous invite à apaiser vos douleurs, rien de tel dans la tradition Vipassana.

Vipassana signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement. Que vous soyez bien ou mal installé, que vous ayez une douleur ou du bien-être, que vous soyez en colère ou en joie, observez !

Juste observez ! Ne faites rien d’autre qu’observer, sans jugement, sans réaction, simplement en recevant les informations, et en ne les traitant pas.

Le maître mot est l’équanimité : tout traiter de façon neutre sans réaction particulière. Ne pas éviter les douleurs, ne pas rechercher les plaisirs.

Pourquoi ? pourquoi s’infliger une telle torture ou un tel sacrifice ?

Observer et ne rien faire, afin de déprogrammer le réflexe de réaction. En observant vous vous rendez compte par l’expérience que tout passe : les joies comme les peines, les douleurs comme les plaisirs, tout passe, tout est « impernanent ». Et rien dans notre monde n’est permanent. Rien.

Faire l’expérience de l’impermanence

L’ambition de cette pratique est qu’à force de le faire pendant les séances de méditations, vous parviendrez à le faire tout le temps, tous les jours, dans la vie courante.

Le résultat escompté : ne plus « réagir » aux événements, ne plus « réagir » aux émotions, mais au contraire les observer, recevoir les informations et agir (ou pas) en fonction de ce qui sera le mieux. Déprogrammer notre schéma mental de réactivité afin de ne plus vivre dans ces cycles sans fins de plaisirs – douleurs.

Les objectifs finaux de ces deux types de méditation sont opposés :

  • pour l’un c’est la détente, l’apaisement, l’amour de soi
  • pour l’autre c’est le travail avec équanimité pour changer profondément

Et je pratique les deux, car chacune de ces techniques m’apporte quelque chose d’unique. Mais parfois je me demande s’il n’y a pas une opposition cruciale entre les deux objectifs : rester soi et s’aimer, ou bien changer de peau ?

Vous savez quoi ? … Je vous laisse y réfléchir avec moi !

Compliments en libre service

Il y a un peu plus d’un an, j’avais lancé une expérimentation chez mon employeur : j’imprimais des compliments sur une feuille A4, que je prédécoupais comme nous pouvons le voir pour des petites annonces chez les commerçants locaux. Puis je collais cette feuille avec les compliments détachables dans un lieu de passage : une salle café.

Tout ceci était anonyme et personne ne savait – du moins au début – d’où venait cette initiative. Cela m’a permis de sonder le terrain, c’est-à-dire d’écouter ce qu’on en disait.

Ces compliments écrits et détachables ont d’abord intrigué mes collègues, qui ne savaient pas bien quoi en penser. Puis ils les ont utilisé. D’abord pour le donner à quelqu’un de son équipe. Et ça a pris un peu d’ampleur : les petits compliments détachables partaient et j’imprimais de nouvelles version toutes les semaines.

J’ai ensuite étendu l’expérimentation, passant d’une salle de pause à toutes les salles, à tous les étages. J’ai été vraiment bluffé par la façon dont cette petite action, cette démarche simple, a provoqué une adhésion générale. C’est vraiment encourageant de constater combien il est facile de provoquer des discussions, des sourires et des prises de conscience par l’usage de ces petites choses toute simples.

Aujourd’hui je vous propose de tenter l’expérience vous aussi. Je vous propose la copie des compliments en libre service que j’avais utilisé l’an dernier, et je vous propose de passer à l’action. Imprimez les, prédécoupez les, et affichez les dans un lieu de passage et de pause. Voyez si ça mord, voyez si ils sont utilisés ! Et écoutez si les gens en parlent.

Voici le google doc : Compliments en libre service

 

Le Soi dérivé des choses

Savez-vous ce qu’est l’identification aux objets ? Savez que nous pouvons tous dériver notre sens du Soi – qui nous sommes – des objets qui nous entourent ?

C’est un fonctionnement naturel, répandu partout, dans tous les ages, et c’est aussi une des racines du mal-être de notre civilisation.

Qu’est-ce que c’est que le « soi dérivé des choses », que provoque-t-il, et que pouvons-nous y changer ? Voici le sujet que je vais esquisser dans cet article.

Expérience personnelle

Il y a quelques années, un pickpocket m’a subtilisé mon téléphone portable aux Halles, sur le quai du Rer. L’événement est courant, voire quotidien, rien d’exceptionnel.

Imaginez un instant, que quelqu’un d’autre que vous se fasse voler son téléphone. Que ressentez-vous ? Vous pourriez osciller entre compassion et indifférence. Peut-être un peu des deux. Mais finalement c’est un simple objet, et il est remplaçable. George Brassens a écrit une chanson adressée à un cambrioleur qui était passé lui dérober sa guitare, chez lui. Et il avait ces mots :

(…) je te pardonne
Ce que tu m’a volé, mon vieux, je te le donne
(…)
nous sommes quittes
Après tout, ne te dois-je pas une chanson

J’ai toujours trouvé cette histoire magnifique, tant pour sa musique que pour la noblesse d’esprit affichée par Brassens. Il faut vivre un cambriolage pour comprendre que pardonner à son voleur, et finalement lui donner ce qu’il a pris est une prouesse morale presque impossible à accomplir. Je n’imagine pas par quoi Brassens est passé avant de trouver cette pirouette, cette chanson.

Personnellement, le vol de mon téléphone portable s’est transformé en calvaire. Objectivement, j’avais seulement perdu un outil de communication avec quelques photos non sauvegardées. Subjectivement, une part de moi-même avait subi les outrages ultimes. J’ai ressenti une partie de mon être s’évaporer instantanément, et la souffrance que j’ai endurée pendant plusieurs jours est indescriptible …

Bien entendu, je ne souhaite rien de tel à personne ! Mais si comme moi à l’époque vous avez transféré une partie de vous-même dans ce qui vous entoure, alors vous allez souffrir de leur perte. Votre voiture, votre sac, votre maison, votre chaise, votre bijou préféré, etc. Tous ces objets sont des objets. Si vous y avez attaché une partie de votre ego, alors leur perte provoquera de la souffrance.

C’est exactement ce que recouvre le terme dukkha du bouddhisme : la souffrance inéluctable et omniprésente dans nos vies, tant que nous n’aurons pas réussi à détacher notre être des objets de notre réalité.

Se guérir

La première étape de la guérison de cet attachement aux choses, est de reconnaître qu’il existe. Que le mal est là.

Ensuite, la seconde étape est de comprendre comment cet attachement fonctionne, à quoi il répond, et de découvrir que cet attachement aux choses nourri l’ego.

La troisième étape est de comprendre que vous n’êtes pas votre ego. Si l’ego a besoin de choses pour exister, vous vous n’en avez pas besoin. L’ego se battra contre ces idées !

L’ego veut posséder. Et lorsqu’il possède il veut encore posséder d’autres choses. Vous devez apprendre à vous détacher de ce fonctionnement maladif. Vous n’êtes pas votre ego. Vous pouvez posséder sans attachement, posséder sainement.

Et utilisez les objets pour ce qu’ils sont !

Qu’est-ce qu’un paradigme

Qu’est-ce qu’un paradigme et à quoi cela peut bien nous servir ?

Un paradigme est la façon dont vous voyez quelque chose. C’est votre point de vue, votre cadre de référence ou votre croyance. Vous pouvez y voir une collection de croyances, de jugements, d’acceptations, d’histoires et de concepts. Le paradigme que nous utilisons et acceptons dépend de ce que nous croyons en ce que nous percevons comme vrai et exact.

Si vous deviez sortir en ce moment et vous promener dans les rues pendant quelques heures et interagir avec différentes personnes et différentes situations, la façon dont vous réagiriez à toutes ces choses et les pensées qui traverseraient votre esprit, tout cela dépend de votre paradigme.

  • Comment vous vous voyez vous-mêmes ? Comment vous pensez que les autres vous perçoivent ?
  • Ce que vous faites quand vous êtes observés, ce que vous faites quand vous êtes seuls ?
  • La façon dont vous dites bonjour .. ou pas ? Ce que vous dites ensuite ?
  • Ce que vous pensez des idées des autres ? des vôtres ?
  • Les jugements que vous avez concernant les personnes que vous croisez, ou les situations que vous observez.

Tout est inclus dans votre paradigme.

Vous pouvez apprendre toutes les techniques du monde pour être heureux, tout ce qui concerne la psychologie positive ou la relaxation, vous pouvez y passer des années.

La chose qui fait vraiment vraiment la différence c’est voir et comprendre votre paradigme, votre vision du monde. C’est la façon de voir la réalité et de voir le monde autour de vous. Lorsque vous adoptez un nouveau paradigme, vous devenez littéralement une nouvelle personne. Les gens autour de vous vont commencer à vous dire: « Vous avez changé ! ». Et c’est une bonne chose d’avoir la possibilité de devenir une autre version de nous-mêmes, il n’y a absolument rien de mal à changer.

Vous ne voulez probablement pas changer pour le pire, vous ne voulez pas réduire votre zone de confort, vous ne voulez pas être plus malheureux, ou moins à l’aise.

Vous voulez plutôt changer votre paradigme d’une façon qui vous soit utile pour être mieux dans la vie.

Si vous refusez de changer quoi que ce soit vous concernant et si vous voulez simplement un résultat directement, vous ne l’obtiendrez pas.

Les souhaits ne se réalisent pas, les rêves non plus.

Tout changement majeur dans nos vies commence par une remise en question personnelle, et il se provoque en proportion je dirais pour 80% par un changement de paradigme et pour 20% par les tactiques, projets, exécutions de plans.

Pourquoi la résistance

Parfois, savez-vous ce que vous devez faire, mais sans y parvenir ?

Parfois, vous arrive-t-il ardemment d’espérer, de rêver ou de prier pour des choses essentielles, mais sans les obtenir ou les atteindre ?  

Commencez-vous parfois à faire des progrès positifs vers vos objectifs, mais ensuite, tout semble s’effondrer ?

Mais pourquoi ?

Nous passons tous par là.

Pourquoi après faire des progrès vers nos objectifs, vers nos rêves, pourquoi tout se retrouve démoli à mi-chemin et il nous faut tout recommencer encore et encore ?

Pourquoi faisons-nous des rêves, vers lesquels nous nous élevons majestueusement, pour ensuite nous écraser au sol ?

Pourquoi dansons-nous sans cesse entre notre moi passé et notre moi futur ?

Pourquoi avons-nous des désirs ? Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi ne pouvons-nous pas atteindre simplement les objectifs que nous voulons atteindre ?

Quelle est la résistance responsable de tout cela ?

Une idée : savez-vous que plus vous poussez un mur et plus il résiste ? Tel est le principe physique de l’action / réaction ? Et se pourrait-il que ce principe s’applique aussi à nos pensées ? à nos désirs ? à nos actions ?

Il est statique votre « Moi » ?

Des aveugles touchant une partie de l'éléphant sont persuadés d'une réalité
Le doute philosophique

Voici une réflexion qui me taraude depuis quelques temps. Est-ce que mon identité, mon « Moi » est une chose statique ? Je vous soumets cette réflexion, car je trouve qu’elle ouvre une perspective formidable.

Le bon rôle

Notre société est composée de normes, de lois, de valeurs communes. Nous enseignons à nos enfants, des matières de bases qu’ils doivent étudier pour avoir leurs diplômes, une sorte de cadre commun à chaque personne de cette société.

Ensuite, après ses écoles, chacun part trouver un travail en fonction de ses études. Et plus vous avez un lourd bagage de diplômes, plus votre carrière est orientée. Nous finissons par devoir nous adapter à un certain mode de vie, à certaines activités, mais nous le faisons avant d’avoir appris à nous connaître nous-mêmes.

Jamais pendant votre parcours dans l’enseignement vous n’avez appris à « lire en vous ». Ce que vous aimez faire, ce qui vous touche, comment vous souhaitez donner un sens à votre vie, jamais ces sujets ne deviennent vos sujets principaux. Peut-être un peu dans la classe de philo, mais vous savez comme moi combien cet enseignement est limité dans le temps et contraint par un programme lourd …

Et, chacun méconnaissant ses aspirations profondes, nous entrons tous dans un rôle qui pourrait très bien ne pas être bon pour nous. J’en arrive à une première question que je vous soumets :

Votre rôle professionnel est-il le bon pour vous ?

Si votre emploi est nocif pour vous, sa nocivité peut provoquer de nombreux symptômes (que je ne développe pas ici, mais pensez à ce que vous observez autour de vous : maladies chroniques, RPS, dépressions, burnouts, sabotages de carrière, etc.).

Rechercher la paix

Si vous avez déjà fait un constat d’inadéquation (même partielle) entre qui vous êtes et votre rôle professionnel, alors vous avez probablement cherché des solutions, et c’est la route que j’ai également emprunté depuis bientôt dix ans.

Les pages d’Amazon comme les étals des libraires regorgent de titres prometteurs, qui vous laissent entrevoir la possibilité d’une sérénité ici, maintenant, et tel que vous êtes. Et ces publications se renouvellent continuellement, car c’est apparemment une manne intarissable que le marché du « bien-être ».

Ces titres sont très intéressants, et ils nous entraînent à une profonde réflexion sur qui nous pensons être, et qui nous souhaitons être. Nos désirs sont observables, et ils peuvent nous torturer – car je ne possède pas ce que je désire – et donc le mot d’ordre que j’y ai découvert est : « apprenons à nous déprogrammer » du désir.

Le désir est une arme à double tranchants : d’une part il est une force motrice, propre à lancer de grands projets et à nous motiver durablement ; et d’autre part le désir est également à l’origine du plus intime des champs de batailles : moi contre moi, qui je suis aujourd’hui, contre qui j’aimerais être. Et c’est une guerre sans fin et sans merci.

S’il n’est pas accompagné d’un plan d’action réaliste, et de ressources pour le réaliser, le désir tourne au rêve, et enfin au cauchemar !

Alors à travers une pratique quotidienne de la méditation, à travers une étude spirituelle de l’ici et maintenant (voir Eckhart Tolle notamment), vous allez apprendre à accepter la réalité présente, et dans cette acceptation vous embrasserez aussi tout ce qui ne vous convient pas. Le plan est d’accepter aussi l’existence de ce qui ne me convient pas, car c’est la réalité – pétrie de faits et d’observations-, afin de faire éventuellement un plan d’action réaliste, basé sur les faits, pour aller vers une future réalité qui me conviendra.

Dans la pratique de la méditation, j’ai trouvé beaucoup de sérénité. Et j’ai aussi pu apprendre à mieux me connaitre : « Qui suis-je ? » est une question récurrente à cette pratique, car j’apprends à m’accepter comme je suis, avec la petite voix qui tourne dans ma tête, avec mes aspirations, avec mon caractère, avec mes ombres, etc.

Avez-vous aussi envisagé de répondre à cette question :

Qui êtes-vous ?

Dans notre société nous avons de nombreux aphorismes nous enjoignant à rester nous-mêmes, à retrouver nos racines. L’authenticité semble être la qualité ultime. Il est donc de bon ton, de bien se connaître, de mieux en mieux, et finalement d’agir en fonction de qui je suis, authentiquement.

La question

Après ce (long) développement, j’en arrive à la question qui me taraudait. Dans la pratique de la méditation, celle du bouddhisme et du zen, vous apprenez l’impermanence, ce mouvement continu des choses, des émotions et des sensations. L’impermanence c’est le changement continu, perpétuel de tout, à tout instant. La physique moléculaire ne nous dit rien d’autre : les particules d’énergie oscillent et voyagent, sans cesse. La médecine ne nous dit rien d’autre : nos cellules se renouvellent en permanence, notre corps est un univers de cycles et de transmission. L’astronomie ne nous dit rien d’autre : l’univers est en perpétuel mouvement, chaque corps céleste oscille, tout se meut.

L’idée de l’impermanence, plaquée sur ma compréhension de qui je suis, m’amène à cette question :

Est-ce que JE est statique ?

Est-il vraiment raisonnable de se dire que tout, absolument tout change dans notre monde, en permanence, tout évolue, mais que, qui nous sommes, notre identité, notre « moi » serait une chose stable dans le temps ? L' »authenticité », les « racines », « qui je suis vraiment », ce sont des idées. Rien de tout cela n’est statique, ces idées mêmes évoluent.

Personnellement je trouve formidable de considérer la possibilité que je sois en mouvement MOI aussi. Mon « moi » n’existe pas statiquement. Il y a bien une idée de « moi », mais cette idée de « moi » est constituée de croyances, d’histoire, de mémoires, d’un contexte, et tout ceci change en permanence. Alors mon « moi » peut changer aussi.

N’est-ce pas une porte qui s’ouvre ?