Le modèle perceptuel ou « VAKOG »

Qu’est-ce que le « VAKOG » ?

Le modèle « VAKOG » est conçu en partant de la constatation toute simple que depuis notre naissance, et même pendant notre vie intra-utérine, nous percevons le monde qui nous entoure par nos cinq sens. Et seulement par ces sens. Nous entendons ce que nous dit notre mère, nous percevons la faim ou la douleur dans notre chair, nous voyons le monde qui nous entoure.

Alors notre conception du monde, dans notre cerveau, notre représentation du monde, est également construite avec ces mêmes composantes sensorielles. Que ce soit nos souvenirs, ou nos mondes imaginaires, nos rêves, toute représentation dans notre cerveau est « câblée » avec des composantes sensorielles.

Le terme VAKOG est simplement un acronyme des cinq sens : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, et Gustatif. Les trois premiers sont les principaux sens, qui nous envahissent plus facilement, et qui constituent l’essentiel de nos représentations mentales. Par convention, nous incluons dans Kinesthésique tout ce qui n’est pas ressenti par les quatre autres sens, ainsi le fait de toucher, de ressentir de l’humidité, de la chaleur, de la douleur. Et si à chaque sens nous pouvons associer un organe de notre corps (l’œil pour la vision, les oreilles pour l’auditif, le nez pour l’olfactif et la langue pour le gustatif), alors le sens Kinesthésique a pour organe l’ensemble « de tout le reste du corps ».

En pratique de la PNL le modèle VAKOG est constamment à notre esprit, et il est utilisé dans de nombreux protocoles notamment par des questionnements sur le ressenti (qu’est-ce que vous voyez ? … entendez ? … ressentez ? Où se situe cette douleur ? etc.).

De plus, il y a deux utilisations directes de ce modèle que je souhaite vous présenter. Ce sont les sous-modalités et les micro-stratégies. Je présente très succinctement ici ces deux concepts, afin que nous partagions une définition commune, mais je suis bien conscient que ce qui est décrit ici n’est pas suffisant pour pratiquer :

Les sous-modalités

  • lorsque notre client évoque une scène souvenir, nous pouvons lui demander de le faire avec le langage du modèle VAKOG qui est sa perception mémorisée de la scène : quelles sont les images de cette scène, les détails ? quelles sont les sons associés à cette scène, quelles paroles sont échangées ? etc.
  • Cette scène est associée à des émotions ressenties : lorsqu’il voit, entends, ressent tel stimulus, alors le client ressent telle émotion. Par exemple, « lorsque je suis dans l’open space de mon bureau, j’entends tous les bruits autour de moi : climatisation, portes, claviers de tous les collègues, divers conversations en cours, et en même temps je me sens tranquille et serein pour travailler ».
  • Le travail en sous-modalités consiste à modifier certains aspects d’une scène en intensifiant ou en réduisant certains paramètres mémorisés par le client. Par exemple, dans le domaine visuel, nous pouvons jouer sur l’intensité des couleurs, la proximité ou l’éloignement de la scène, la position associée ou dissociée du client, etc. Dans le domaine auditif, nous pouvons amplifier les sons ou au contraire les réduire au silence, nous pouvons choisir d’entendre plutôt telles paroles et pas les bruits autour, etc.

Quelques sous-modalités fréquemment utilisées :

Sous-modalités VAKOG

 

Les micro-stratégies

  • Une micro-stratégie est un enchaînement très rapide (quasiment instantané) de composants atomiques associant un ressenti VAKOG à une émotion. Par exemple, « lorsque mon patron me dit bonjour, je me sens très bien, mais lorsque je ressens son parfum qui me rappelle mon ex, alors là je ne peux plus le supporter et je deviens instantanément irascible … ».

 

Le coaching CT

Coacher, signifie accompagner une personne ou une équipe dans une situation professionnelle pour l’aider à faire émerger ses propres solutions et à développer ses compétences dans une perspective durable.

CT signifie « Coach & Team » et cela indique déjà la spécificité de notre approche : nous considérons qu’entraîner un champion ou une équipe championne sont des actes utilisant les mêmes ressorts. Le mot champion n’est pas anodin car nous croyons sincèrement en l’effet pygmalion :

Voir dans son client un champion, et entraîner ce champion en devenir provoque la réalisation du champion !

Notre approche CT dans chaque nouveau cas est de considérer a priori le prince à l’intérieur du client (ou de l’équipe coachée).

Bien sûr nous avons des modélisations spécifiques et des outils spécifiques au coaching individuel ou au coaching d’équipe, nous sommes imprégnés d’une culture commune de la complexité, de la systémique et de l’holomorphisme des situations : le tout est dans chacune des parties, agir sur un élément provoque une réaction sur un ensemble, etc.

Quand est-ce que la session de coaching démarre exactement ? En fait, en avant-vente, je me considère déjà en situation de coaching : en position basse, à l’écoute des besoins du client, du prescripteur, et de l’organisation. J’agis avec les outils de CT, je recherche le sens de ma future prestation dans les enjeux de l’entreprise, tout en comprenant la demande précise et le processus de vente ; en restant créatif, (intelligence de situation) j’utilise la grille RPBDC, et le modèle ORF, pour co-construire avec le client la réponse que je peux apporter.

PNL et philosophie – d’où viennent la carte et le territoire ?

Je fais suite ici à l’article « La réalité du monde et notre perception en PNL » dans lequel je présentais la façon analytique (et relativement simple) dont la PNL distingue la réalité perçue par le sujet d’un réel objectivable hypothétique, et je propose quelques pistes de lecture pour creuser ces sujets passionnants.

Pour aller plus loin vous pouvez choisir l’axe philosophique, qui est celui que j’avais emprunté à 25 ans, et c’est un chemin qui vous conduira à comprendre les grands jalonneurs d’hier et d’aujourd’hui :

  • Emmanuel Kant, dans la critique de la raison pure, vous mènera sur la voie d’ukantn certain scepticisme (à la Hume) et de la distinction entre dogmes et faits empiriques. Je suis conscient que la « critique » peut être difficile à aborder, car Kant y redéfini tout un attirail linguistique (et jargonneux), mais il ne pouvait pas faire autrement, et le résultat est tellement réussi, que sa philosophie bouleverse toujours notre monde du XXIème siècle.
  • Arthur Schopenhauer, dans Le monde comme volonté et comme représentation, fortement sous l’influence et dans la continuité de Kant, pose les fondements de notre conception actuelle du monde et de notre responsabilité dans sa représentation. Cet ouvrage et cette philosophie sont pour moi les racines de la conception PNListe de notre système perceptuel.
  • Irvin Yalom, dans Thérapies Existentielles chemine avec brio et une grande culture littéraire sur les voies de la notion de responsabilité personnelle dans ma représentation du monde, et dans mes prises de décisions. Cet ouvrage, et notamment le chapitre 6 sur la responsabilité ouvre de nouvelles voies à intégrer avec la théorie sous-jacente à la PNL, et je pense que c’en est une extension indispensable.

Une pensée purement purgée de tout raisonnement a priori serait difficile à suivre. Et, atteindre ce mode de pensée là peut également être destructeur, comme une prise de conscience majeure de la nature de l’existence …

Prudemment aujourd’hui, j’ai expérimenté, avec ma pratique en PNL qu’il est des croyances, nombreuses, que je peux détecter chez autrui (il est plus facile de détecter les croyances des autres…) qui sont utiles et qu’il faut laisser en place. Il est très destructeur de mettre en doute tout ce qui n’est pas expérimenté. Nous verrons lors de la présentation du recadrage, et lors de la présentation du méta modèle que certains outils doivent être utilisés avec parcimonie.

Je termine en citant Jean-Paul Sartre dans la nausée, et qui décrit cette prise de conscience (pardon pour les coupures) :

La racine du marronnier s’enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c’était une racine. Les mots s’étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d’emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J’étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j’ai eu cette illumination. 
Ça m’a coupé le souffle. Jamais, avant ces derniers jours, je n’avais pressenti ce que voulait dire « exister ». (…)
Et puis voilà : tout d’un coup c’était là, c’était clair comme le jour : l’existence s’était soudain dévoilée. Elle avait perdu son allure inoffensive de catégorie abstraite : c’était la pâte même des choses, cette racine était pétrie dans l’existence.(…)

J’avais beau me répéter : « c’est une racine », ça ne prenait plus.

Roots

 

La réalité du monde et notre perception

Cet article développe la notion de perception personnelle propre à chacun de nous, telle qu’elle est enseignée en PNL, et nous comprenons pourquoi l’aphorisme de Korsybski a été choisi comme l’un des principes de la PNL :

La carte n’est pas le territoire qu’elle représente

Introduction

Une posture fondamentale du praticien en PNL est d’avoir compris et intégré que chaque être vivant que nous sommes possède son propre et unique modèle de représentations (je parlerai également plus loin de la notion de cadre de référence).

Un modèle de représentations n’est pas une option, il est intrinsèquement lié à notre nature : nous avons chacun nos sens, nos perceptions, nos interprétations, notre histoire, notre culture, notre éducation, et nous avons chacun à chaque instant des pensées et des émotions qui nous traversent.

Un modèle de représentation nous sert à prendre des décisions en fonctions du monde qui nous entoure. Ou plus précisément en fonction de ce que nous percevons du monde qui nous entoure, et cela laisse donc beaucoup de place à la subjectivité…

Prenons en exemple cette photo qui représente une rue de Versailles :

rueVersailles

Qu’y vois-je et qu’y voyez-vous ?

La première fois que j’ai vu cette photo je l’ai trouvée agréable : largeur de la rue, clarté, espace vert au fond, lumières, belle architecture, etc.

Mais confronté au regard des autres j’ai dû ajouter certaines interprétations : une file de voitures bloquées, l’éclairage public allumé en plein jour, un motard roulant à gauche, etc. et ces interprétations sont toutes valides !

Nous considérons en PNL que le réel parvient à affecter notre cerveau au travers de trois filtres, et par trois mécanismes interprétatifs. Ce modèle peut avoir une utilité pour votre culture ou dans nos échanges, c’est pourquoi j’ai choisi de vous l’exposer :

Les trois filtres

Le filtre neurologique, représente les signaux qui parviennent effectivement à notre cerveau. Un mal-voyant percevra d’autres signaux lumineux qu’une personne ayant une vue parfaite, ou une personne portant des lunettes. Ainsi, dans la scène ci-dessus, si j’ai une mauvaise vue, je ne percevrais peut-être que les lumières rouges et jaunes, et sinon uniquement les bruits des voitures au ralenti.

Le filtre socio-culturel représente la façon dont notre culture (notre environnement, notre société) nous a appris les informations à mettre en avant ou à écarter de la scène que nous percevons.

Par exemple, percevrons-nous que les piétons traversent la rue n’importe où ? Serons-nous sensibles au fait que cette rue est particulièrement déserte (de piétons ou de vélos) ?

Le filtre personnel enfin, qui indique la partie filtrante spécifique à chacun d’entre nous, et qui est issue de nos expériences de vie, de nos apprentissages. Par exemple, si je connais cette rue je vais me représenter l’endroit, mes souvenirs là, etc. Ou bien si mon frère vient de se faire renverser par un chauffard, je ne verrais peut-être que les piétons sur la chaussée et le risque encouru …

Les trois mécanismes interprétatifs

La sélection consiste à choisir parmi les milliers de sollicitations sensorielles, quelles sont les informations qui vont parvenir à ma conscience, et à ma pré-conscience. Ce mécanisme est largement non-conscient (automatique) et il me permet de focaliser mon attention sur quelques stimuli uniquement, car je ne pourrais qu’être bloqué si je devais absorber et interpréter tous les influx nerveux affectant mes systèmes sensoriels.

Exemple : je sélectionne en ce moment la sensation de ma chaise, de mes pieds au sol, du bruit de la climatisation et la vue de mon écran. J’omets de sélectionner les autres bruits, les odeurs, la lumière dans mon bureau, etc.

La généralisation consiste à associer une perception contextuelle avec un concept plus général, englobant. Ainsi nous pouvons parler d’une « rue » sur la photo, sachant que le concept de rue est très général, et qu’il a une signification propre, avec des caractéristiques particulières. Les caractéristiques d’une « rue » étant partagées, nous pourrions induire de cette photo et de la notion de rue, quelques caractéristiques de cette rue en particulier. Par exemple, les rues ont un nom, et nous pouvons nous demander quel est le nom de la rue. Nous savons également que les porches d’une rue sont numérotés, et nous pourrions également rechercher les numéros de cette rue là.

La distorsion consiste à déformer la réalité perçue de façon à la faire entrer dans notre modèle du monde. C’est un mécanisme de préservation et de protection ; il nous permet de construire un sens au monde à partir d’expérience hétéroclites, et ensuite de conserver ce sens du monde même lorsque les expériences concrètes malmènent notre représentation du monde.

Filtres

 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez creuser vous pouvez certes ouvrir un manuel de PNL, mais j’ai peur que le sujet soit encore trop superficiel, non ! Pour approfondir ce sujet je ne saurais trop vous conseiller de vous plonger dans les écrits d’Alfred Korzybski, ou dans toute littérature sur la sémantique générale. Personnellement, j’y suis entré pendant mon adolescence par la porte de la Science Fiction de A.E.Van Vogt (« le monde des non-A ») et ma vision du monde en a été fortement influencée. A mon avis, les implications de la pensée du non-aristotélisme, et du non-dualisme, dans notre civilisation sont encore à venir.

Et pour philosopher, ou réfléchir, vous pouvez lire ici …

 

Les bases de la PNL

Le rapport en PNL

 

Les quatre principes aux bases de la PNL sont :

Tout d’abord le « Rapport », cette qualité si particulière d’une relation entre deux personnes et qui, dans le cadre de la PNL, porte un humanisme protecteur : les personnes peuvent se sentir en sécurité pendant nos échanges, elles se sentent en confiance, en toute confidentialité, et il n’y a pas de jugement à leur encontre.

Ensuite, vient la « Calibration », une qualité essentielle pour bien communiquer, et qui consiste à interroger son propre outil de mesure : mes sens ! Calibrer mon écoute, mon regard, mon ressenti, signifie mettre en cohérence mon cadre de référence avec la situation présente. Ainsi je peux atteindre une « Observation sans jugement », un œil d’enfant naïf et perçant !

Puis, l’ « Ecoute », ou l’« Attitude », qui est une qualité de recentrage vers l’autre, consistant à déplacer mon attention sur l’autre. Essayer temporairement d’enfiler le costume de mon interlocuteur, prendre son cadre de référence me permet d’appréhender spécialement sa situation, en comprenant de l’intérieur (de moi-même) ce que vit l’autre.

Et enfin, la « Synchronisation », une capacité qui concerne la qualité de la relation qui s’établit entre deux personnes, une flexibilité, ou adaptabilité. Et la PNL intègre quelques techniques spécifiques d’amélioration de nos capacités naturelles à être en relation avec l’autre. Ces techniques incluent la synchronisation verbale – avec notamment la conscientisation des prédicats linguistiques -, la synchronisation non verbale – attention portée à la diction, la prononciation, le ton, etc.- et enfin la synchronisation physique – posture du corps, mouvements du corps ou des yeux, posture de la tête, etc.

Le coach-miroir

Libéré de son ambition personnelle, libéré d’objectifs qu’il pourrait projeter sur son client, le coach est par son positionnement même, une sorte

Le miroir oreille de Phillpe Starck
Le miroir oreille de Phillpe Starck

de « miroir intelligent ».

Miroir, car il renvoie une image de la réalité, et non pas la réalité elle-même, et cette image renvoyée est passée au crible de ses propres perceptions, ce qui retourne le reflet et peut le déformer un peu.

Intelligent, ou plutôt « réfléchi », car le coach ne reflète pas tout ce qu’il perçoit ; parmi la palette des stimuli sensibles, des traits de caractères, des valeurs, des croyances, des comportements, il sélectionne lesquels refléter.

 

Parfois ce miroir-coach envoie une image dérangeante pour le client, nous appelons cela une confrontation, ou un recadrage.

Parfois le miroir-coach exprime les qualités du client, il verbalise ce qui est souvent omis dans son milieu professionnel ou personnel, et nous appelons cela l’économie des signes de reconnaissance, ou strokes.

Le miroir-coach est fragile, et il peut se briser s’il est mal manipulé, ou si on appuie sur ses faiblesses structurelles. Ainsi fragmenté en de multiples facettes, le reflet renvoyé au client risquerait de paraître bien morcelé, et probablement incomplet. Dans ces cas là, nous avons notre vitrier à nous, qui sait recoller les morceaux, nous l’appelons le superviseur.

Le miroir-coach doit savoir aussi renvoyer de multiples reflets via ses multiples facettes. Ainsi face à une équipe, face à une hiérarchie pressante, face à différentes pressions, le miroir renverra différentes parcelles de la scène qu’il perçoit.

Et cette scène est mobile en permanence : rien n’est figé dans le paysage du miroir et les scènes professionnelles défilent sous son regard attentif en une continuité sans heurts. Alors le reflet commenté un jour n’est plus le reflet du lendemain, et le coach sait bien cela ; nous parlons de constructivisme à nos clients férus de théorie, à qui nous expliquons que la vision influe sur la scène. Alors le miroir-coach se garde bien de refléter certains traits caractéristiques d’une situation, s’il lui semble que ce chemin n’est pas le bon.

Le miroir-coach est un outil, il porte en lui-même tous les outils dont il a besoin : son regard, son écoute attentive, sa méthode particulière de réfléchir chaque détail tout en renvoyant l’ensemble du reflet, et enfin sa façon si habile d’habiller son client en prince dans son reflet. Et il sait même comment on devient miroir. D’ailleurs il ne se prive pas, parfois, de montrer à son client que lui-aussi possède des facettes réfléchissantes, et lui aussi peut voir le reflet noble de ses interlocuteurs.

Le miroir-coach est un outil, et comme tel il pourrait être employé à mauvais escient, tel le miroir magique de la reine sorcière de Blanche-Neige. Alors le miroir coach parfois répond absent : il peut sentir une mauvaise influence, il peut refuser de refléter, ou bien il pourrait réfléchir une scène par trop inconfortable pour l’entreprise. Nous appelons la déontologie les règles infranchissables que le miroir-coach s’interdit de transgresser.

 

N’attendez pas du coach qu’il vous dise ce que vous souhaitez entendre, il est bien trop réfléchi pour cela !

 

 

Le bâton de parole

Le bâton de parole, objet symbolique d’origine amérindienne était utilisé pour donner la parole à une seule personne à la fois dans un groupe – (je ne reprends pas ici la présentation historique de cet objet et je vous renvoie à votre moteur de recherche préféré pour approfondir). Cet objet fantastique peut être utilisé de nos jours, dans le monde professionnel, alors voyons comment ! Et qu’est-ce qu’un bâton de parole ?

Celui qui détient le bâton de parole peut exposer son opinion tant qu’il possède le bâton à la main, et tant qu’il pense ne pas avoir été compris. Il ne sera pas interrompu. Cela oblige ses interlocuteurs à une plus grande écoute, car ils ne peuvent répondre, tant qu’ils n’ont pas obtenu le bâton de parole à leur tour. La seule intervention acceptable des auditeurs peut uniquement se situer sur un plan de compréhension : reformulation, question pour préciser, ou ôter une ambigüité.

Le bâton de parole est orné de parures qui agissent comme des symboles pour soutenir les échanges. Il porte donc  lui-même sa charte de déontologie. Ces symboles du bâton de parole sont :

  • Parler avec courage et sagesse : par la plume d’aigle
  • Se montrer doux et chaleureux : par la fourrure de lapin
  • Etre en lien avec le Grand Esprit : par la pierre bleue
  • Avoir conscience de l’impermanence du monde : par le coquillage irisé
  • Etre en lien avec les forces de l’univers : par les pierres aux quatre couleurs des éléments, les points cardinaux
  • Parler avec pouvoir et force : par les poils de grand bison

Fabriquez-vous votre bâton de parole, achetez-en un, ou inventez-le à chaque fois avec les objets qui vous entourent, peu importe ! mais utilisez cet outil formidable que ce soit en coaching d’équipe, en réunion de travail, ou même en conseil de famille ! Il suffit de l’objet, et d’en donner le mode d’emploi.

Concept du hérisson

Référence : Jim Collins, « From good to great »

« Concentrez-vous sur ce que vous faites le mieux »

Je fais un lien direct entre cette phrase cadeau offerte par Jason Fried, et David Heinemeier Hansson dans « Rework » et le concept du hérisson tel qu’il est présenté dans cet ouvrage de Collins.

En effet, dans les deux cas il s’agit de proposer à notre interlocuteur de se concentrer sur ce qu’il sait faire, et de surtout ne pas perdre de temps en tentant de faire ce que d’autres feront mieux que lui.

Dans le cas d’une entreprise, le concept du hérisson consiste à concentrer l’activité de l’entreprise sur ce qu’elle produit le mieux, ce qui se concrétise notamment par le refus de faire une « affaire » qui sortirait de ce cadre. Très naturellement, ce qu’une entreprise fait le mieux est généralement ce qui intéresse le plus ses membres : quels sont les moteurs, quelles sont les motivations des membres de l’entreprise ? Ainsi pourrait-on découvrir le concept du hérisson de chaque entreprise.

Se concentrer sur ce qu’un client (une personne ou une équipe) fait le mieux, sur une durée d’observation suffisamment longue, revient également à s’intéresser à ce qui motive votre client, quel est son moteur, quelles sont les valeurs qui l’animent dans cette entreprise. Et se concentrer sur cela, induit également d’écarter tout ce qui n’est pas « cela », et donc de réaliser le concept du hérisson pour votre client.

J’ai proposé de nombreuses fois, et j’ai utilisé moi-même ce petit autocollant, bien placé à un endroit souvent visible (par exemple le bord d’un écran).

Et je dois avouer que lorsque vous avez un driver « Sois fort » comme je l’ai, qui me pousse souvent à me débrouiller seul, à tout faire moi-même et à ne compter sur personne, c’est très très efficace comme rappel à l’ordre !

 

Megalocoach

Tous les jeunes Coachs échangeaient leurs expériences et les exploits de leurs jeunes carrières. Vint à passer Nasr, considéré par les jeunes comme un vieux sage et un maître-coach. Ils l’apostrophèrent :

« Maître, racontez-nous vos débuts ! ».

Nasr s’arrêta, réfléchit quelques instants et s’installa parmi eux :

« D’accord, je vais vous raconter mes débuts ».

Les jeunes coachs l’écoutèrent avec ravissement.

« Dans cette grande entreprise où j’ai débuté, il y avait un directeur que personne n’arrivait à aborder ; aucun consultant n’était apprécié, aucun intervenant ne restait auprès de lui, il était insupportable, ingérable, intolérant, … Et plusieurs coachs avaient bien tentés l’aventure de travailler avec lui, mais aucun n’avait pu l’apprivoiser… Et moi, j’y suis allé. »

Nasr fit une pause, et ne sembla pas avoir l’intention de continuer.

Alors les jeunes coachs réagirent : « Que s’est-il passé, maître ? Qu’avez-vous fait ? ».

Et Nasr répondit :

« Je n’y suis pas arrivé non plus ».

Les feux de la rampe

Nasr était un coach très connu, dont la réputation avait fait le tour du monde, ses articles se dévoraient et se commentaient sur tous les sites, les places à ses conférences se vendaient à prix d’or.

Une grande entreprise, très fière, lui fit l’honneur de l’inviter à parler librement devant ses collaborateurs, il accepta, et voici ce qu’il advînt.

Sur la scène d’un immense amphithéâtre, Nasr se présenta devant les centaines de collaborateurs assemblés pour l’occasion. Il vérifia ses marqueurs, la présence à son coté du précieux paperboard (l’outil indispensable du coach), et commença :

« Savez-vous de quoi je vais vous parler aujourd’hui ? »

Et il attendit une réponse …

Un peu interloquée, la salle hésita un instant, puis petit à petit des réponses fusèrent : « non, pas encore », « non ! », « pas du tout ».

Alors Nasr écarta les bras et répondit :

« Alors je pense que vous n’êtes pas prêts pour mon intervention, au revoir ».

Et il sortit de la scène.

Eberlués, les organisateurs ne savaient plus quoi faire, la salle était très échauffée, la direction montrait des signes d’impatience inquiétants … L’un des organisateurs eut une idée : s’avançant sur la scène il prit la parole : « Ecoutez, cela arrive avec ces intervenants un peu star, il faut les ménager et parfois leur dérouler le tapis rouge. Nous allons lui répondre que nous savons de quoi il voulait parler, et ainsi ménagée sa susceptibilité, il acceptera de nous parler » ; la salle marqua son assentiment, et l’on courut rattraper Nasr avant qu’il monte dans son taxi.

Et il accepta de revenir.

Nasr se présenta à nouveau devant les centaines de collaborateurs, il vérifia ses marqueurs, la présence à son coté de son précieux paperboard (je vous ai déjà dit que c’était l’outil indispensable du coach ?), et commença :

« Savez-vous de quoi je vais vous parler aujourd’hui ? »

Et il attendit une réponse …

Alors la salle, préparée, répondit : « Oui », « Oui nous le savons », « bien sûr », « nous sommes prêts », etc.

Alors Nasr écarta les bras et répondit :

« Alors si vous savez de quoi je vais parler, mon intervention n’est pas utile, au revoir ».

Et il sortit de la scène.

Cette fois la salle explosa, les membres de la direction se levèrent et débattirent vivement sur les suites à donner à ce fiasco, et le comité d’organisation était uniformément livide.

L’un d’eux, qui avait décidément beaucoup de ressources, trouva une nouvelle idée ; il apaisa un peu tout le monde et proposa la chose suivante : « Ecoutez, donnons-lui encore une chance, nous allons partager la salle en deux : certains répondront « oui », et d’autres « non », ainsi il ne pourra plus s’esquiver, essayons ! ». La salle marqua son assentiment, et l’on courut rattraper Nasr qui était déjà monté dans son taxi.

Et il accepta de revenir.

Nasr se présenta à nouveau devant les centaines de collaborateurs, il vérifia ses marqueurs, la présence à son coté de son précieux paperboard (je vous en ai parlé, n’est-ce pas ?), et commença :

« Savez-vous de quoi je vais vous parler aujourd’hui ? »

Et il attendit une réponse …

Alors les réponses vinrent de partout dans la salle : « oui je sais », « non je ne sais pas », « oui ! », « non pas encore … », etc.

Alors Nasr écarta les bras et répondit :

« Alors ceux qui savent vous expliquez à ceux qui ne savent pas, je vous remercie et au revoir ».

Et il sortit de la scène, et alla enfin prendre son taxi…