Faut-il gérer les émotions

Que signifie « gérer ses émotions »

Gérer ses émotions, n’est-ce pas devenu un terme politiquement correct pour dire « Apaiser ses émotions », et en particulier les émotions dites « négatives » ?

Les émotions négatives sont les peurs, les colères, et les tristesses ; émotions que j’ai nommées au pluriel car il y a de nombreux dérivés, couplages, ou intensités décrivant ces diverses émotions (cf. boussole des émotions).

Toutes les personnes que j’ai reçu en formation ou à qui je présente le concept de soft skill gym, avec notamment la capacité à gérer ses propres émotions, toutes espèrent une façon de ne pas affronter ces trois types d’émotion. Comment les éviter, comment éviter leur résurgence, comment vivre seulement en Joie ? …

C’est un constat que nous sommes beaucoup à partager : certaines émotions sont devenues tabous en milieu professionnel, tabous entre amis, et même tabous en famille.

Posez-vous la question : est-il facile pour vous de montrer votre colère au travail, sans passer illico pour un collègue irritable ? Ou bien est-il envisageable de montrer votre détresse, votre extrême tristesse, lors d’une réunion ?

Je me souviens avoir accompagné une personne qui non seulement était triste et pleurait au sujet d’une situation professionnelle, mais qui en plus se culpabilisait et était terrorisée de montrer ses larmes !

C’était une torture auto-infligée ! Et c’est une pratique très répandue.

Accueillir l’émotion

Or, les psychologues nous disent tout l’inverse : une émotion, cela s’accueille, cela se reçoit, cela se considère. L’émotion apporte un cadeau caché, un message, et pour le recevoir, il faut d’abord recevoir l’émotion.

Et si cela fait mal, alors cela fait mal. Car, ne nous mentons pas : accueillir la tristesse, ou la peur, ou la colère, cela n’a rien d’agréable. C’est difficile. C’est douloureux.

Mais c’est la réalité, notre réalité. L’émotion arrive, déclenchée par un client qui dit « non » au téléphone, ou déclenchée par l’heure qui tourne et le projet qui n’en finit plus, et l’émotion est réelle.

Regarder en face cette réalité, est douloureux. Tout comme affronter volontairement un monstre issu de nos cauchemars pourrait nous terroriser ! Mais accueillir l’émotion est le moindre des maux et c’est là tout l’objet de cet article.

Quelles sont les alternatives ?

Le rejet

Quelles sont les alternatives : rejeter l’émotion, l’enfouir, l’ignorer ?

Mais le message est toujours là lui, bien présent ! Ne pas le recevoir ne veut pas dire qu’il n’a jamais existé. Le message émotionnel a été émis, et n’est pas parvenu à son destinataire.

Alors le message émotionnel va devenir autre chose qu’une émotion. Il va s’enfouir dans l’inconscient, il va devenir une blessure ou un traumatisme ; il va éventuellement enrichir un scénario de vie, une sorte de « destinée personnelle », irréfutable, incontrôlable et indémontrable.

Le message trouvera aussi un lieu de stockage dans le corps : un dos plus douloureux, plus voûté ; des yeux fatigués ; une nervosité excessive, ou un maladresse de l’instant ; quelques cheveux qui ne tiennent pas ou des ongles cassants. Et peut-être, à l’extrémité de l’échelle des conséquences, le message émotionnel pourra participer à l’émergence d’une maladie, grave ou non.

Le transfert

Ou bien la transformer en autre chose. Un enfant qui n’obtiens jamais rien par la colère finira par « apprendre » à jouer de se tristesse pour obtenir ce qu’il veut. Alors de fait il se sera programmé pour ne plus jamais montrer, ni ressentir de colère. Cette transformation d’émotion est très courante. Elle s’est jouée durant notre enfance, et elle est souvent inconsciente.

Vous voulez savoir si vous pratiquez ce détournement émotionnel ? Examinez les émotions que vous vivez fréquemment, et cherchez les absents parmi ces quatre émotions de base que sont la colère, la joie, la tristesse et la peur. S’il y a un absent – pour moi c’était la colère – alors cette prise de conscience va vous aider. Car maintenant, appliquez-vous à vivre l’émotion manquante. Recherchez volontairement des situations anxiogène, ou irritante, ou triste. Et observez vos propres réactions. Avec cette pointe magique de la conscience, vous pouvez transformer le plomb en or !

L’accueil simple

Les professionnels nous le disent, l’accueil de l’émotion, au moment où elle parait est la meilleure des alternative. Comment faire ?

Parce que ce n’est pas si simple finalement ! Oser montrer ma colère, ma tristesse ou ma peur. Dans n’importe quel contexte, oser la transparence. C’est chose qui semble impossible, risquée, non professionnelle. Pour recevoir le message, il faut affronter le monstre, il faut le regarder droit dans les yeux sans fléchir.

Comment faire ? Je ne connais qu’une seule recette, et c’est l’amour de soi.

M’aimer moi-même, suffisamment bien, suffisamment, pour regarder avec amour les réactions qui m’habitent, et pour les accepter comme elles viennent.

S’aimer soi-même est la clé de la gestion des émotions.

Lorsque vous vous aimez intégralement, sans condition, sans œillères, vous pouvez accepter et apprécier les émotions qui vous parcourent.

S’aimer chaleureusement, avec bienveillance ; voilà le plan.

Comment s’aimer

C’est un beau sujet n’est-ce pas ?

J’ai déjà partagé dans un article sur la méditation comment la mindfulness m’a éveillé à ce sentiment. Avec la méditation de pleine conscience, j’ai appris à m’écouter, à me supporter pendant des périodes longues, à m’écouter, et finalement à m’aimer comme je suis

La lecture d’Eckhart Tollé m’a également ouvert à cet amour de soi dans l’instant présent. Un amour en conscience, sans plan pour devenir un autre être.

Quelle sera votre recette en particulier ? Je ne sais pas . Mais je sais que vous pouvez vous aimer inconditionnellement, éternellement, avec bienveillance !

Et ne vous gênez pas pour moi …

 

 

Compliments en libre service

Il y a un peu plus d’un an, j’avais lancé une expérimentation chez mon employeur : j’imprimais des compliments sur une feuille A4, que je prédécoupais comme nous pouvons le voir pour des petites annonces chez les commerçants locaux. Puis je collais cette feuille avec les compliments détachables dans un lieu de passage : une salle café.

Tout ceci était anonyme et personne ne savait – du moins au début – d’où venait cette initiative. Cela m’a permis de sonder le terrain, c’est-à-dire d’écouter ce qu’on en disait.

Ces compliments écrits et détachables ont d’abord intrigué mes collègues, qui ne savaient pas bien quoi en penser. Puis ils les ont utilisé. D’abord pour le donner à quelqu’un de son équipe. Et ça a pris un peu d’ampleur : les petits compliments détachables partaient et j’imprimais de nouvelles version toutes les semaines.

J’ai ensuite étendu l’expérimentation, passant d’une salle de pause à toutes les salles, à tous les étages. J’ai été vraiment bluffé par la façon dont cette petite action, cette démarche simple, a provoqué une adhésion générale. C’est vraiment encourageant de constater combien il est facile de provoquer des discussions, des sourires et des prises de conscience par l’usage de ces petites choses toute simples.

Aujourd’hui je vous propose de tenter l’expérience vous aussi. Je vous propose la copie des compliments en libre service que j’avais utilisé l’an dernier, et je vous propose de passer à l’action. Imprimez les, prédécoupez les, et affichez les dans un lieu de passage et de pause. Voyez si ça mord, voyez si ils sont utilisés ! Et écoutez si les gens en parlent.

Voici le google doc : Compliments en libre service

 

Le Soi dérivé des choses

Savez-vous ce qu’est l’identification aux objets ? Savez que nous pouvons tous dériver notre sens du Soi – qui nous sommes – des objets qui nous entourent ?

C’est un fonctionnement naturel, répandu partout, dans tous les ages, et c’est aussi une des racines du mal-être de notre civilisation.

Qu’est-ce que c’est que le « soi dérivé des choses », que provoque-t-il, et que pouvons-nous y changer ? Voici le sujet que je vais esquisser dans cet article.

Expérience personnelle

Il y a quelques années, un pickpocket m’a subtilisé mon téléphone portable aux Halles, sur le quai du Rer. L’événement est courant, voire quotidien, rien d’exceptionnel.

Imaginez un instant, que quelqu’un d’autre que vous se fasse voler son téléphone. Que ressentez-vous ? Vous pourriez osciller entre compassion et indifférence. Peut-être un peu des deux. Mais finalement c’est un simple objet, et il est remplaçable. George Brassens a écrit une chanson adressée à un cambrioleur qui était passé lui dérober sa guitare, chez lui. Et il avait ces mots :

(…) je te pardonne
Ce que tu m’a volé, mon vieux, je te le donne
(…)
nous sommes quittes
Après tout, ne te dois-je pas une chanson

J’ai toujours trouvé cette histoire magnifique, tant pour sa musique que pour la noblesse d’esprit affichée par Brassens. Il faut vivre un cambriolage pour comprendre que pardonner à son voleur, et finalement lui donner ce qu’il a pris est une prouesse morale presque impossible à accomplir. Je n’imagine pas par quoi Brassens est passé avant de trouver cette pirouette, cette chanson.

Personnellement, le vol de mon téléphone portable s’est transformé en calvaire. Objectivement, j’avais seulement perdu un outil de communication avec quelques photos non sauvegardées. Subjectivement, une part de moi-même avait subi les outrages ultimes. J’ai ressenti une partie de mon être s’évaporer instantanément, et la souffrance que j’ai endurée pendant plusieurs jours est indescriptible …

Bien entendu, je ne souhaite rien de tel à personne ! Mais si comme moi à l’époque vous avez transféré une partie de vous-même dans ce qui vous entoure, alors vous allez souffrir de leur perte. Votre voiture, votre sac, votre maison, votre chaise, votre bijou préféré, etc. Tous ces objets sont des objets. Si vous y avez attaché une partie de votre ego, alors leur perte provoquera de la souffrance.

C’est exactement ce que recouvre le terme dukkha du bouddhisme : la souffrance inéluctable et omniprésente dans nos vies, tant que nous n’aurons pas réussi à détacher notre être des objets de notre réalité.

Se guérir

La première étape de la guérison de cet attachement aux choses, est de reconnaître qu’il existe. Que le mal est là.

Ensuite, la seconde étape est de comprendre comment cet attachement fonctionne, à quoi il répond, et de découvrir que cet attachement aux choses nourri l’ego.

La troisième étape est de comprendre que vous n’êtes pas votre ego. Si l’ego a besoin de choses pour exister, vous vous n’en avez pas besoin. L’ego se battra contre ces idées !

L’ego veut posséder. Et lorsqu’il possède il veut encore posséder d’autres choses. Vous devez apprendre à vous détacher de ce fonctionnement maladif. Vous n’êtes pas votre ego. Vous pouvez posséder sans attachement, posséder sainement.

Et utilisez les objets pour ce qu’ils sont !

Qu’est-ce qu’un paradigme

Qu’est-ce qu’un paradigme et à quoi cela peut bien nous servir ?

Un paradigme est la façon dont vous voyez quelque chose. C’est votre point de vue, votre cadre de référence ou votre croyance. Vous pouvez y voir une collection de croyances, de jugements, d’acceptations, d’histoires et de concepts. Le paradigme que nous utilisons et acceptons dépend de ce que nous croyons en ce que nous percevons comme vrai et exact.

Si vous deviez sortir en ce moment et vous promener dans les rues pendant quelques heures et interagir avec différentes personnes et différentes situations, la façon dont vous réagiriez à toutes ces choses et les pensées qui traverseraient votre esprit, tout cela dépend de votre paradigme.

  • Comment vous vous voyez vous-mêmes ? Comment vous pensez que les autres vous perçoivent ?
  • Ce que vous faites quand vous êtes observés, ce que vous faites quand vous êtes seuls ?
  • La façon dont vous dites bonjour .. ou pas ? Ce que vous dites ensuite ?
  • Ce que vous pensez des idées des autres ? des vôtres ?
  • Les jugements que vous avez concernant les personnes que vous croisez, ou les situations que vous observez.

Tout est inclus dans votre paradigme.

Vous pouvez apprendre toutes les techniques du monde pour être heureux, tout ce qui concerne la psychologie positive ou la relaxation, vous pouvez y passer des années.

La chose qui fait vraiment vraiment la différence c’est voir et comprendre votre paradigme, votre vision du monde. C’est la façon de voir la réalité et de voir le monde autour de vous. Lorsque vous adoptez un nouveau paradigme, vous devenez littéralement une nouvelle personne. Les gens autour de vous vont commencer à vous dire: « Vous avez changé ! ». Et c’est une bonne chose d’avoir la possibilité de devenir une autre version de nous-mêmes, il n’y a absolument rien de mal à changer.

Vous ne voulez probablement pas changer pour le pire, vous ne voulez pas réduire votre zone de confort, vous ne voulez pas être plus malheureux, ou moins à l’aise.

Vous voulez plutôt changer votre paradigme d’une façon qui vous soit utile pour être mieux dans la vie.

Si vous refusez de changer quoi que ce soit vous concernant et si vous voulez simplement un résultat directement, vous ne l’obtiendrez pas.

Les souhaits ne se réalisent pas, les rêves non plus.

Tout changement majeur dans nos vies commence par une remise en question personnelle, et il se provoque en proportion je dirais pour 80% par un changement de paradigme et pour 20% par les tactiques, projets, exécutions de plans.

Le bonheur, c’est plus tard ! … Vraiment ?

Je trouve que notre société en 2017-2018 est très frileuse quand il s’agit de parler de bonheur. Dès que ce mot apparaît, les boucliers se lèvent, d’emblée, et les pourfendeurs d’arnaques se ruent, criant au blasphème ! Entre les « coach de vie », qui vendent leur recette du bonheur, ou les chefs d’entreprise sacrifiant à la mode « bonheur au travail », nous n’avons rien d’autre qu’une lourde omerta autour de ce simple mot.

Voilà bien un exemple de sujet tabou. Attention, si tu y touches, tu t’y piques !

Mais pourquoi ? Comment ?

Parlons-en un peu, justement, et tant pis pour les épines ! Car où il y a roses, il y a piqûres …

Avez-vous remarqué, comme moi, qu’autour de nous les gens ne croient pas qu’on puisse être heureux ici et maintenant. Il y a trop de freins au bonheur dans la vie quotidienne. Dans la vie quotidienne d’aujourd’hui je veux dire. Parce que plus tard, alors oui, plus tard (!!!) je pourrais être heureux …

Et si je vous disais que le bonheur ne dépend qu’assez peu de la situation extérieure ?

Vous ne me croiriez pas n’est-ce pas ? Vous pourriez me citer 1000 situations de vie, de votre vie ou de celles de vos proches qui prouvent que le bonheur dépend de la situation matérielle, familiale, amoureuse, professionnelle, etc.

Oui vous pourriez me citer tous ces cas, et en rajouter chaque jour quelques uns. Il y a tellement de sujets de révoltes et d’inquiétudes, tellement de sujets graves, tellement de catastrophes et de crimes … Nous pourrions certainement écrire un journal quotidien avec des articles nouveaux chaque jour sur les événements et les situations qui nous interdisent absolument d’être heureux ! (D’ailleurs ce type de journal me rappelle vaguement quelque chose)

Ok !

Ok ?

Mais dites-moi, que pensez-vous des gens heureux que nous rencontrons dans toutes les sociétés, dans tous les pays, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, célibataires ou mariés, malades ou sains, travaillant ou pas ?

Les gens heureux n’existent-ils pas indépendamment de leur situation ?

Etant moi-même scientifique, j’ai tendance à me tourner vers la science quand j’ai des doutes. Et que nous disent les études scientifiques ? Que le bonheur est un état d’esprit, et que cet état d’esprit se retrouve dans toutes les sociétés, à tous les niveaux de fortune, que l’on soit célibataires ou membre d’une famille nombreuse, que l’on soit malade ou pas.

 

C’est ça notre tabou du bonheur ? Ce serait donc un état d’esprit que nous ne savons pas maîtriser ? et du coup il est dénigré, foulé aux pieds, laissé en pâture à ceux qui osent !

Est-ce nous voulons vraiment laisser perdurer cette situation ? Je préfère militer pour reprendre le contrôle de ce mot. Parlons bonheur, pensons bonheur, agissons bonheur !

Et je vous offre cette rose

Informaticien, une ethnie ?

En 1990, il y a donc presque 30 ans, Philippe Breton publiait un ouvrage pour le grand public dont le titre était : « La tribu Informatique ».

J’avais adoré cette description qui ressemblait à une étude ethnologique d’une espèce bizarre : l’informaticien ! J’étais l’un d’eux à l’époque, et j’avais pu constater avec délice combien les différents cercles concentriques de savoir technique, et les rites de passage étaient merveilleusement décrits. Au centre de tous ces cercles le « wizard », celui qui était révéré par les connaisseurs uniquement, et inconnu ou méprisé du commun des mortels … c’était une description géniale !

Aujourd’hui, 30 ans plus tard donc, que reste-t-il de cette analyse ?

L’informatique est partout, la technique nous baigne en permanence, et tout le monde, doit s’y mettre. Nous abordons une ère où si tu n’as pas accès à internet et une compréhension minimale, tu ne pourras plus faire certaines démarches. Il y aura bientôt des laissés pour compte de ce monde technologique.

Mais la communication avec les informaticiens – les « vrais » comme dit un ami – les programmeurs, est toujours aussi délicate et codée.

Mais les wizards existent toujours ! Ils ont changé de nom, mais ils sont toujours là : « hackers » !

Mais les différents cercles concentriques de compétence et d’adulation sont toujours présents ; ils ont changé de support, de technos, mais ils sont toujours bien présents.

Je vous laisse transcrire le vocabulaire, mais pour moi le sujet est toujours d’actualité, et toujours aussi juste !

Droit et méditation !

« Things can be copyrighted, thoughts cannot be copyrighted, and certainly meditations cannot be copyrighted. They are not things of the marketplace. Nobody can monopolize anything. But perhaps the West cannot understand the difference between an objective commodity and an inner experience. For ten thousand years the East has been meditating and nobody has put trademarks upon meditations. »

–Osho

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(Les choses peuvent être protégées du droit de copie, les pensées ne peuvent pas l’être, et certainement pas non plus les méditations. Ce ne sont pas des objets d’une place de marché. Personne ne peut monopoliser quelque chose. Mais peut être l’Ouest ne peut comprendre la différence entre des objets utilisables et des expériences intimes. Depuis dix mille ans, l’Est médite, et personne n’a apposé une marque commerciale sur les méditations.)

Passer sa vie à attendre

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Les gens ne se rendent pas compte qu’ils sont dans un état d’attente permanent

(E. Tolle, Journey into yourself)

Est-ce que cette phrase vous parle comme à moi ? En la lisant et en m’en imprégnant – parce qu’il m’a fallu faire tout cela pour bien la comprendre – je me suis rendu compte que oui, je fais bien parti de ces « gens » là : j’attends. Alors, que vous attendiez Godot (Becket), ou Godeau (Balzac), demandons nous aujourd’hui ce que nous faisons réellement …

Mainstream

Et « les gens » n’attendent pas un seul événement, mais ils attendent (nous attendons) plusieurs choses en parallèle, avec des échéances plus ou moins éloignées. Il y a les attentes pour la journée ou la semaine, les attentes de l’année, et les attentes de la vie, tellement éloignées que presque inaccessibles ou inconcevables.

Ligne de vie

Enfant, en tâche d’attente de fond, nous attendons de grandir. Et en parallèle, nous attendons d’apprendre à lire ou à compter. Nos parents et nos institutrices (je n’ai eu que des femmes à l’école primaire) nous invitent à patienter : « attends d’être grand », « tu apprendras ça plus tard, au collège, au lycée », etc.

Arrivé au collège, et plus tard au lycée, nous nous retrouvons dans une situation contradictoire : nous sommes précisément là où nous attendions tellement d’arriver (sur les injonctions de notre entourage), et en même temps tous les signaux nous indiquent que nous avons encore beaucoup beaucoup à apprendre.

Et ça continue avec le Bac et après le Bac : on vous assène un objectif majeur, et quand vous l’atteignez, vous redevenez un débutant dans votre nouvel environnement, vous allez redevoir apprendre patience et humilité.

Lorsqu’enfin vous sortez, diplôme en poche, de votre dernière étape de formation, vous voici le petit nouveau dans l’entreprise, celui qui ne sait rien encore, et qui va devoir « tout » apprendre, et surtout qui va devoir apprendre la patience, encore.

Pendant toute votre carrière professionnelle, vous serez de même incité à vous projeter et à patienter, jusqu’à cette fin de course qu’est la retraite. Et arrivé à la retraite, vous ne recevrez plus aucun message de la société : on n’attend plus rien de vous !

Illustrons :

Aujourd’hui, quelles sont mes « attentes » ? Quelques idées et quelques exemples :

  • J’attends d’aller mieux ;
  • J’attends que mes enfants aient leurs diplomes, soient autonomes, ou soient établis ;
  • J’attends le weekend, mes prochaines vacances ou mes prochains loisirs ;
  • J’attends l’apaisement, peut-être à la retraite ;
  • J’attends l’aisance financière ;
  • J’attends de me décider, de me lancer, j’attends le bon moment (sans trop le provoquer) ;
  • J’attends des nouvelles de ma famille, de mes amis ;
  • J’attends que le monde aille mieux, que les guerres s’essoufflent et que les réfugiés atteignent la sécurité.

 

Dans d’innombrables domaines de ma vie, privée, professionnelle, publique, sociale ou politique, je me projette, j’anticipe, et j’attends.

Alors ne me comprenez pas de travers, je ne suis pas inactif, non ! loin de là. Simplement, mon état d’esprit permanent est l’attente. Attente que « ça » arrive !

Alternative ?

Ce système sociétale, accompagné de cet ensemble de messages nous apprend à attendre, à patienter et à toujours nous projeter vers un futur qui devrait être meilleur … Mais existe-t-il une autre façon de voir les choses ?

Depuis que je m’intéresse au développement personnel, j’ai croisé la route virtuelle de plusieurs auteurs, guides ou gourous, ayant d’autres messages : “responsabilisez-vous en tout ce qui vous arrive”, “acceptez le monde tel qu’il est dans le moment présent”, “créez le monde que vous voulez voir advenir”, “organisez vos objectifs et faites le premier pas”. Ces autres messages portent tous un nouveau paradigme : ils sont ancrés dans l’acceptation du moment présent tel qu’il est, sans aucune altération ni projection. La réalité réelle est le socle fondateur d’une nouvelle position de vie, que vous pouvez également choisir d’endosser :

  1. Le plus simple est la responsabilisation : je cesse d’attendre et je provoque vraiment le monde que je veux voir advenir (Gandhi revisité).
  2. Le second est plus subtil est infiniment plus efficace : l’acceptation : j’accepte ce qui est dans le moment présent, la richesse de ma vie, de ce qui est là, de ce qui est présent face à moi, est une certitude. Je n’ai rien à attendre, ce qui est donné est présent à moi. (Gautama revisité).

Et pour revisiter mes exemples attentes, voici ce que je choisis maintenant :

  • Je n’attends pas d’aller mieux, j’accepte et j’apprécie mon état actuel, car même malade ou souffrant, je suis vivant, conscient, actif, donc béni !
  • Je n’attends rien des enfants, je profite des moments avec eux, moments de bonheurs, de conflits, de joie, d’amour, car ils sont présents et moi aussi ; et c’est formidable dans ce présent !
  • Je cesse d’attendre un weekend, mes prochaines vacances ou mes prochains loisirs, car ce serait refuser de vivre mon présent ; au contraire je profite de maintenant pour apprécier tout le bonheur de la vie, et je conçois que les vacances sont tout autant des moments de découverte et d’aventure que les petites choses variables de la vie de tous les jours …
  • Je cesse d’attendre l’apaisement ou la retraite, c’est inutile et c’est surtout une façon de vivre une demi-vie. Etre vivant maintenant est bien plus important qu’imaginer être vivant plus tard. « Plus tard » est une notion, un concept qui n’existe pas dans le monde réel. Allez expliquer “plus tard” à un anomal ou à un arbre. Le futur sera également un moment présent, que je pourrais également vivre sereinement, comme je le fais maintenant.
  • Je n’attends pas d’aisance financière, car je peux me contenter de mes conditions de vie actuelle, et je peux même rétrograder de vitesse. En choisissant de vouloir toujours plus, on cesse de vivre sereinement : toujours voir la plus belle voiture, la maison plus grande, le voyage plus loin … cela n’a pas de fin. Au contraire, en me contentant de ce qui m’entoure maintenant, je peux vivre apaisé.
  • Je n’attends plus de me décider, de me lancer, ou le bon moment : soit je me décide, soit je range mon idée car ce n’est pas le moment. En aucun cas, je ne me culpabilise ou je ne me martyrise parce que tel ou tel projet n’est pas lancé, ou parce que tel ou tel dossier n’est pas réglé. Les faits sont là, je choisis de les considérer et de les accepter, et les projets / dossiers qui ne sont pas achevés, sont dans l’état qui est juste, pour le moment présent.
  • Je n’attends pas des nouvelles de qui que ce soit : je pense à mes proches dans le moment présent, je pense à la connexion qui nous relie, et si je le souhaite, je peux lancer quelques appels par tous ces moyens de communication modernes qui me sont offerts
  • Je n’attends plus que le monde aille mieux, que les guerres s’essoufflent et que les réfugiés atteignent la sécurité : je constate objectivement l’état du monde, et j’agis en mon âme et conscience suivant ce que je veux et peux faire.

Est-ce que ces exemples et contre-exemples vous touchent ? N’hésitez pas à partager les vôtres, et vos idées …

Bien à vous

 

Compétition versus Victoire

Rz_35Dans notre société, et surtout dans le monde du travail, la compétition est de rigueur. Sans que ce soit dit ouvertement, car politiquement incorrect, chacun et comparé à chacun. Et pour réussir sa vie professionnel, il « faut » sortir gagnant de ces comparaisons, de ces compétitions.

Mais le faut-il vraiment ?

Lorsque vous vous donnez un objectif à atteindre, le faites-vous pour gagner contre quelqu’un ? Ou bien essayez-vous d’atteindre un objectif absolu, qui vous est propre ?

Sans en prendre conscience, il y a de bonnes chances que vous soyez comme moi, comme des millions d’autres, obnubilés au départ par les règles du jeu des concours. Tout comme les concours des grandes écoles d’ingénieur, les concours de médecine, et tant d’autres, nos jeune hommes et jeunes femmes entrent dans la vie active par l’intermédiaire d’un résultat de concours, en ayant un choix qui ne correspond pas complètement à leurs désirs initiaux. Nos jeunes choisissent le haut du classement plutot que leur aspiration personnelle. On nous inculque depuis tout petit que le haut de classement est notre aspiration la plus noble à avoir, alors la confusion se comprend !

Et si vous entrez dans la vie professionnelle, vous pouvez encore tomber dans ce piège : travailler comme un(e) forcené(e) pour réussir se carrière, monter les échelons, obtenir les postes du « haut », etc.

Tout cela sans prendre le temps d’un vrai regard sur soi. Qu’est-ce qui serait bien pour moi ? Qu’est-ce que j’aime faire, qu’est-ce qui me passionne ?

En formation managériale distillée par votre entreprise, vous allez apprendre les ressorts de la motivation, la votre, et celle de vos collaborateurs. Vous vous demanderez comment être mieux motivé(e), et comment motiver votre entourage.

Mais finalement, quand allez-vous enfin commencer à vous occuper de vous ?

Me répondrez-vous comme certains me l’ont dit, que vous vous occuperez de vous à la retraite ? Dois-je comprendre qu’il faut attendre toute votre vie pour commencer à vivre pour vous ? Pour commencer à vivre …

Il existe pourtant une autre voie. Celle des objectifs personnels, celle de la compétition contre soi, ou plutot « pour » soi. Vous pouvez sortir victorieux, réussir votre vie et votre carrière, en choisissant votre combat, et sans écraser les autres, sans dénigrer personne, sans « battre » aucun de vos contemporains.

Comment faire ?

Au début, il va falloir que vous vous connaissiez vous-même. En effet, chacun d’entre nous a un don différent, chacun d’entre nous est motivé par une combinaison particulière de disciplines.

Ensuite, il y a un deuil à faire : le deuil du regard des autres sur votre carrière. En effet, vos parents, vos enfants, vos ami(e)s, vos collègues, ont tous projeté sur vous une ambition, ambition qu’ils expriment, qu’ils vous recommandent : « c’est la chance de ta vie », « moi si j’étais toi … », « tu ne peux pas refuser ce poste ! », « quelle chance tu as », etc.

Mais ces projections sont des pièges, ils enferment votre liberté de choix, il font taire votre véritable ambition. Quelle est-elle cette ambition ?

  • Vouliez-vous aider les gens ?
  • Vouliez-vous vous occuper d’animaux ? de plantes ?
  • Aimez-vous le contact client ? ou justement non ?
  • Avez-vous une âme créatrice ? dessinatrice ?

Quoi que soit votre ambition, elle est juste, si c’est réellement la votre. Embrassez la, accueillez la, la découverte de vos talents, de vos dons, est un bien inestimable. Vous serez plus riche de vivre votre passion que de posséder des immeubles dans Paris … à bon entendeur …Rz_14