Faut-il gérer les émotions

Que signifie « gérer ses émotions »

Gérer ses émotions, n’est-ce pas devenu un terme politiquement correct pour dire « Apaiser ses émotions », et en particulier les émotions dites « négatives » ?

Les émotions négatives sont les peurs, les colères, et les tristesses ; émotions que j’ai nommées au pluriel car il y a de nombreux dérivés, couplages, ou intensités décrivant ces diverses émotions (cf. boussole des émotions).

Toutes les personnes que j’ai reçu en formation ou à qui je présente le concept de soft skill gym, avec notamment la capacité à gérer ses propres émotions, toutes espèrent une façon de ne pas affronter ces trois types d’émotion. Comment les éviter, comment éviter leur résurgence, comment vivre seulement en Joie ? …

C’est un constat que nous sommes beaucoup à partager : certaines émotions sont devenues tabous en milieu professionnel, tabous entre amis, et même tabous en famille.

Posez-vous la question : est-il facile pour vous de montrer votre colère au travail, sans passer illico pour un collègue irritable ? Ou bien est-il envisageable de montrer votre détresse, votre extrême tristesse, lors d’une réunion ?

Je me souviens avoir accompagné une personne qui non seulement était triste et pleurait au sujet d’une situation professionnelle, mais qui en plus se culpabilisait et était terrorisée de montrer ses larmes !

C’était une torture auto-infligée ! Et c’est une pratique très répandue.

Accueillir l’émotion

Or, les psychologues nous disent tout l’inverse : une émotion, cela s’accueille, cela se reçoit, cela se considère. L’émotion apporte un cadeau caché, un message, et pour le recevoir, il faut d’abord recevoir l’émotion.

Et si cela fait mal, alors cela fait mal. Car, ne nous mentons pas : accueillir la tristesse, ou la peur, ou la colère, cela n’a rien d’agréable. C’est difficile. C’est douloureux.

Mais c’est la réalité, notre réalité. L’émotion arrive, déclenchée par un client qui dit « non » au téléphone, ou déclenchée par l’heure qui tourne et le projet qui n’en finit plus, et l’émotion est réelle.

Regarder en face cette réalité, est douloureux. Tout comme affronter volontairement un monstre issu de nos cauchemars pourrait nous terroriser ! Mais accueillir l’émotion est le moindre des maux et c’est là tout l’objet de cet article.

Quelles sont les alternatives ?

Le rejet

Quelles sont les alternatives : rejeter l’émotion, l’enfouir, l’ignorer ?

Mais le message est toujours là lui, bien présent ! Ne pas le recevoir ne veut pas dire qu’il n’a jamais existé. Le message émotionnel a été émis, et n’est pas parvenu à son destinataire.

Alors le message émotionnel va devenir autre chose qu’une émotion. Il va s’enfouir dans l’inconscient, il va devenir une blessure ou un traumatisme ; il va éventuellement enrichir un scénario de vie, une sorte de « destinée personnelle », irréfutable, incontrôlable et indémontrable.

Le message trouvera aussi un lieu de stockage dans le corps : un dos plus douloureux, plus voûté ; des yeux fatigués ; une nervosité excessive, ou un maladresse de l’instant ; quelques cheveux qui ne tiennent pas ou des ongles cassants. Et peut-être, à l’extrémité de l’échelle des conséquences, le message émotionnel pourra participer à l’émergence d’une maladie, grave ou non.

Le transfert

Ou bien la transformer en autre chose. Un enfant qui n’obtiens jamais rien par la colère finira par « apprendre » à jouer de se tristesse pour obtenir ce qu’il veut. Alors de fait il se sera programmé pour ne plus jamais montrer, ni ressentir de colère. Cette transformation d’émotion est très courante. Elle s’est jouée durant notre enfance, et elle est souvent inconsciente.

Vous voulez savoir si vous pratiquez ce détournement émotionnel ? Examinez les émotions que vous vivez fréquemment, et cherchez les absents parmi ces quatre émotions de base que sont la colère, la joie, la tristesse et la peur. S’il y a un absent – pour moi c’était la colère – alors cette prise de conscience va vous aider. Car maintenant, appliquez-vous à vivre l’émotion manquante. Recherchez volontairement des situations anxiogène, ou irritante, ou triste. Et observez vos propres réactions. Avec cette pointe magique de la conscience, vous pouvez transformer le plomb en or !

L’accueil simple

Les professionnels nous le disent, l’accueil de l’émotion, au moment où elle parait est la meilleure des alternative. Comment faire ?

Parce que ce n’est pas si simple finalement ! Oser montrer ma colère, ma tristesse ou ma peur. Dans n’importe quel contexte, oser la transparence. C’est chose qui semble impossible, risquée, non professionnelle. Pour recevoir le message, il faut affronter le monstre, il faut le regarder droit dans les yeux sans fléchir.

Comment faire ? Je ne connais qu’une seule recette, et c’est l’amour de soi.

M’aimer moi-même, suffisamment bien, suffisamment, pour regarder avec amour les réactions qui m’habitent, et pour les accepter comme elles viennent.

S’aimer soi-même est la clé de la gestion des émotions.

Lorsque vous vous aimez intégralement, sans condition, sans œillères, vous pouvez accepter et apprécier les émotions qui vous parcourent.

S’aimer chaleureusement, avec bienveillance ; voilà le plan.

Comment s’aimer

C’est un beau sujet n’est-ce pas ?

J’ai déjà partagé dans un article sur la méditation comment la mindfulness m’a éveillé à ce sentiment. Avec la méditation de pleine conscience, j’ai appris à m’écouter, à me supporter pendant des périodes longues, à m’écouter, et finalement à m’aimer comme je suis

La lecture d’Eckhart Tollé m’a également ouvert à cet amour de soi dans l’instant présent. Un amour en conscience, sans plan pour devenir un autre être.

Quelle sera votre recette en particulier ? Je ne sais pas . Mais je sais que vous pouvez vous aimer inconditionnellement, éternellement, avec bienveillance !

Et ne vous gênez pas pour moi …

 

 

Compliments en libre service

Il y a un peu plus d’un an, j’avais lancé une expérimentation chez mon employeur : j’imprimais des compliments sur une feuille A4, que je prédécoupais comme nous pouvons le voir pour des petites annonces chez les commerçants locaux. Puis je collais cette feuille avec les compliments détachables dans un lieu de passage : une salle café.

Tout ceci était anonyme et personne ne savait – du moins au début – d’où venait cette initiative. Cela m’a permis de sonder le terrain, c’est-à-dire d’écouter ce qu’on en disait.

Ces compliments écrits et détachables ont d’abord intrigué mes collègues, qui ne savaient pas bien quoi en penser. Puis ils les ont utilisé. D’abord pour le donner à quelqu’un de son équipe. Et ça a pris un peu d’ampleur : les petits compliments détachables partaient et j’imprimais de nouvelles version toutes les semaines.

J’ai ensuite étendu l’expérimentation, passant d’une salle de pause à toutes les salles, à tous les étages. J’ai été vraiment bluffé par la façon dont cette petite action, cette démarche simple, a provoqué une adhésion générale. C’est vraiment encourageant de constater combien il est facile de provoquer des discussions, des sourires et des prises de conscience par l’usage de ces petites choses toute simples.

Aujourd’hui je vous propose de tenter l’expérience vous aussi. Je vous propose la copie des compliments en libre service que j’avais utilisé l’an dernier, et je vous propose de passer à l’action. Imprimez les, prédécoupez les, et affichez les dans un lieu de passage et de pause. Voyez si ça mord, voyez si ils sont utilisés ! Et écoutez si les gens en parlent.

Voici le google doc : Compliments en libre service

 

Le Soi dérivé des choses

Savez-vous ce qu’est l’identification aux objets ? Savez que nous pouvons tous dériver notre sens du Soi – qui nous sommes – des objets qui nous entourent ?

C’est un fonctionnement naturel, répandu partout, dans tous les ages, et c’est aussi une des racines du mal-être de notre civilisation.

Qu’est-ce que c’est que le « soi dérivé des choses », que provoque-t-il, et que pouvons-nous y changer ? Voici le sujet que je vais esquisser dans cet article.

Expérience personnelle

Il y a quelques années, un pickpocket m’a subtilisé mon téléphone portable aux Halles, sur le quai du Rer. L’événement est courant, voire quotidien, rien d’exceptionnel.

Imaginez un instant, que quelqu’un d’autre que vous se fasse voler son téléphone. Que ressentez-vous ? Vous pourriez osciller entre compassion et indifférence. Peut-être un peu des deux. Mais finalement c’est un simple objet, et il est remplaçable. George Brassens a écrit une chanson adressée à un cambrioleur qui était passé lui dérober sa guitare, chez lui. Et il avait ces mots :

(…) je te pardonne
Ce que tu m’a volé, mon vieux, je te le donne
(…)
nous sommes quittes
Après tout, ne te dois-je pas une chanson

J’ai toujours trouvé cette histoire magnifique, tant pour sa musique que pour la noblesse d’esprit affichée par Brassens. Il faut vivre un cambriolage pour comprendre que pardonner à son voleur, et finalement lui donner ce qu’il a pris est une prouesse morale presque impossible à accomplir. Je n’imagine pas par quoi Brassens est passé avant de trouver cette pirouette, cette chanson.

Personnellement, le vol de mon téléphone portable s’est transformé en calvaire. Objectivement, j’avais seulement perdu un outil de communication avec quelques photos non sauvegardées. Subjectivement, une part de moi-même avait subi les outrages ultimes. J’ai ressenti une partie de mon être s’évaporer instantanément, et la souffrance que j’ai endurée pendant plusieurs jours est indescriptible …

Bien entendu, je ne souhaite rien de tel à personne ! Mais si comme moi à l’époque vous avez transféré une partie de vous-même dans ce qui vous entoure, alors vous allez souffrir de leur perte. Votre voiture, votre sac, votre maison, votre chaise, votre bijou préféré, etc. Tous ces objets sont des objets. Si vous y avez attaché une partie de votre ego, alors leur perte provoquera de la souffrance.

C’est exactement ce que recouvre le terme dukkha du bouddhisme : la souffrance inéluctable et omniprésente dans nos vies, tant que nous n’aurons pas réussi à détacher notre être des objets de notre réalité.

Se guérir

La première étape de la guérison de cet attachement aux choses, est de reconnaître qu’il existe. Que le mal est là.

Ensuite, la seconde étape est de comprendre comment cet attachement fonctionne, à quoi il répond, et de découvrir que cet attachement aux choses nourri l’ego.

La troisième étape est de comprendre que vous n’êtes pas votre ego. Si l’ego a besoin de choses pour exister, vous vous n’en avez pas besoin. L’ego se battra contre ces idées !

L’ego veut posséder. Et lorsqu’il possède il veut encore posséder d’autres choses. Vous devez apprendre à vous détacher de ce fonctionnement maladif. Vous n’êtes pas votre ego. Vous pouvez posséder sans attachement, posséder sainement.

Et utilisez les objets pour ce qu’ils sont !

Qu’est-ce qu’un paradigme

Qu’est-ce qu’un paradigme et à quoi cela peut bien nous servir ?

Un paradigme est la façon dont vous voyez quelque chose. C’est votre point de vue, votre cadre de référence ou votre croyance. Vous pouvez y voir une collection de croyances, de jugements, d’acceptations, d’histoires et de concepts. Le paradigme que nous utilisons et acceptons dépend de ce que nous croyons en ce que nous percevons comme vrai et exact.

Si vous deviez sortir en ce moment et vous promener dans les rues pendant quelques heures et interagir avec différentes personnes et différentes situations, la façon dont vous réagiriez à toutes ces choses et les pensées qui traverseraient votre esprit, tout cela dépend de votre paradigme.

  • Comment vous vous voyez vous-mêmes ? Comment vous pensez que les autres vous perçoivent ?
  • Ce que vous faites quand vous êtes observés, ce que vous faites quand vous êtes seuls ?
  • La façon dont vous dites bonjour .. ou pas ? Ce que vous dites ensuite ?
  • Ce que vous pensez des idées des autres ? des vôtres ?