Education anti-mentale

cieletoileImmensités stellaires

Lorsque vous levez les yeux vers un ciel nocturne étoilé, nettoyé de toute perturbation, vous pouvez contempler les étoiles. Vous pouvez reconnaitre certaines constellations, vous pourrez même observer la Voie Lactée, notre galaxie. Avec un bon téléscope, vous aurez la possibilité de vous projeter plus loin encore, d’observer les lointaines galaxies. La plus proche de ces autres galaxies, la galaxie d’Andromède est située à 2,55 millions d’années-lumière de nous.

Si vous remontez dans le temps, par votre imagination, à 2,55 millions d’années, vous imaginerez une époque dans laquelle l’homo habilis existait à peine en Afrique. La lumière de notre soleil parvenant actuellement dans la galaxie d’Andromède date de cette époque là …

L’espace entre les étoiles, et plus encore l’espace entre les galaxies, est immense, et à notre échelle cet espace nous semble presque infini. Les étoiles n’existeraient pas sans cet espace interstitiel. Pourtant nous sommes naturellement concentrés sur les étoiles, seulement sur ces étoiles. Car elles brillent, elles ont des propriétés, elles attirent l’oeil et la pensée.

Notre objectif en pleine conscience est de rechercher l’espace entre les pensées, espace que nous oublions naturellement de considérer, tout comme l’espace entre les étoiles. Pour cela, il faut arrêter de penser !

Arrêter de penser !

Voilà un drôle d’objectif me direz-vous … Plus j’y pense et moins j’y parviens. Si je fais des plans pour moins penser, si je précise mon objectif, je me heurte à une surchauffe d’activité cérébrale, exactement contraire à mon souhait.

La proposition de la pleine conscience, qui rejoint en cela celle de l’illumination bouddhique, ou de son cousin la maîtrise Zen, est justement de contrôler sa propre activité cérébrale. L’objectif n’est pas d’arrêter toute pensée, non. L’objectif est d’inverser le flux : la pensée doit redevenir un outil puissant, au service de l’être.

L’être justement, le soi, l’identité, est habituellement complètement masquée par nos incessants verbiages mentaux. Notre mental jacasse, juge, évalue, se projette, affirme, contrôle, calcule, et ça continue, sans cesse, sans cesse, sans cesse … Pendant ce temps, mon être, qui Je suis, est totalement masqué par ce rideau de fumée. Je suis presque inaccessible à ma propre présence, du fait des jérémiades continuelles de mon cerveau.

Pour Me retrouver, pour vous retrouver, la proposition de la mindfulness est unique : cessez de penser. La tout de suite, maintenant ! Reprenez le contrôle de votre mental. Utilisez-le lorsque nécessaire. Uniquement.

Les émotions sont identiques : elles polluent, elles masquent, elles déforment, et finalement elles m’éloignent de mon identité propre.

Que ce soient les pensées qui défilent, ou les émotions qui habitent, Je me retrouve prisonnier d’un carcan puissant, qui va même jusqu’à me faire croire que je suis mes pensées, et que je suis mes émotions.

Mais non ! Je suis. Avant même de penser. Avant même d’être ému. Je existe. Et mon identité est pleine de joie, et d’amour, indépendamment de quoi que ce soit. Joie de la vie, Amour sans concession.

Comment faire ?

Il y a plusieurs chemins pour toucher son identité.

La méditation, la pleine conscience, sont la voie la plus connue, mais pas forcément la plus applicable dans notre société.

Une autre voie est celle que j’évoquais dans mon billet du 4 juillet : le pouvoir du « OUI« , l’acceptation inconditionnelle de ce qui est. Je parlais également de cela dans mon article « Admettre la réalité« .

Une autre voie encore, que j’avais expérimenté avec une force digne d’un ras-de-marée, est le protocole de l’alignement des niveaux logiques de R. Dilts. Lorsque nous gravissons pas à pas les marches de la pyramides, nous atteignons l’identité, qui est l’Être, et qui vous amènera à toucher du doigt celui (ou celle) que vous êtes.

Enfin une autre voie est par la concentration sur nos 5 sens : en se concentrant pleinement sur ce que vous voyez, sur ce que vous entendez, sur ce que vous ressentez, alors vous pouvez parvenir à réduire le flux de la pensée et l’impact des émotions.

Et si vous êtes aidé par un sage, un maître, un éveillé, le chemin sera plus court  !

mouette


A lire : 

  • Le pouvoir du moment présent – Guide d’éveil spirituel Poche – Eckhart Tolle – lien Amazon

 

Le pouvoir du OUI

En regardant la vidéo d’Eckhart Tolle sur le pouvoir du OUI, je me suis souvenu que j’avais cette aspiration spirituelle il y a 25 ans.

J’avais un petit carton avec « OUI » imprimé dessus. Et j’avais mis ce carton bien en évidence sur le tableau de bord de ma voiture.OUI

J’avais presque 25 ans, je conduisais avec énergie et parfois colère. Je conduisais comme les hommes de mon age !

Mais avec ce « OUI », je parvenais à modifier instantanément mon état d’esprit, dès que mes yeux se posait dessus.

  • Je pouvais laisser passer les gens avec un grand sourire
  • J’acceptais le comportement brutal de certains automobilistes, comme étant un fait
  • J’acceptais les situations bloquées, les bouchons, les attentes, avec calme et sérénité

Je me souviens également avoir impressionné ma directrice de thèse avec ce OUI, de part l’ouverture spirituelle qu’il indiquait.

Et maintenant, 25 ans plus tard, je me demande par où je suis passé tout ce temps, pour en revenir au pouvoir de dire OUI : c’est très clair dans mon esprit, j’avais besoin autrefois de ces « trucs » et ils m’aidaient. Mais aujourd’hui je me rends compte que ces trucs sont essentiel à mon existence.

Il est vital d’accepter les faits tels qu’ils sont. Et ce OUI nous y invite.

à bon entendeur … Namasté


 

 

 

Mot du 3 juillet

En cette veille de weekend, j’exprime le désir que chacun ait une activité professionnelle qu’il ne se sente pas obligé de « fuir » ; se reposer oui, c’est nécessaire puisque c’est notre cycle de vie ; mais échapper au travail ou fuir le travail, sont le signe d’un profond malêtre que je ne souhaite à personne.

Et sur une note plus gaie, je partage avec vous ma découverte d’Eckhart Tollé, « le pouvoir du moment présent« . Sa façon d’écrire, sa progression de pensée à partir de son expérience personnelle, m’ont fait toucher du doigt ma propre conscience d’Être. J’avais déjà vécu cette expérience de sérénité et de plénitude, soit lors d’une illumination ponctuelle (dont la première remonte à mes 11 ans) soit lorsque je médite en pleine conscience et que je m’immerge pleinement dans le moment présent.

Avec Tollé, je peux toucher cette conscience bienveillante et joyeuse au fond de moi, dès que je prend du recul sur mon mental, dès que je me place en position d’observateur, méta. Je peux donc m’exercer à la sagesse, même en dehors des plages de méditation. Est-ce que bientôt je pourrais être en position de méditation permanente ? Je pense que c’est possible, mais je vais devoir « muscler » ma pratique 🙂

Pour finir et en essayant d’être moins cryptique, voici un aperçu de ce que j’ai compris de ma première lecture de Tollé :

Comment dire avec des mots, ce qui se cache précisément derrière le masque des mots ?

Comment ressentir profondément, ce qui se cache précisément derrière le masque des émotions ?

Pas de réponse simple avec des mots, bien sûr, mais demandez-vous d’où vivez-vous l’amour, la créativité, la joie, la plénitude …

Une bonne journée à toutes et à tous !

 

Sagittaire, lumière et guide

signes-zodiac-astrologie-signe-sagittaireAlors que je découvre que j’excelle dans l’apport de clarté, que mon coaching est surtout ancré dans un don pour révéler ce qui est caché, ou indéchiffrable, voici ce que je trouve sur le site d’Ozalée, dans la catégorie des signes astrologiques, Voyage aux coeurs des astres :


 

Extrait de Astrologie karmique, Tome 1 – Nœuds de la Lune et Réincarnation – Martin Schulman

« Que l’aliment soit cherché ». « Je vois le but, je l’atteins et en vois un autre. »

« Sagittaire, Je te demande de faire rire les hommes, car l’incompréhension de Mon Idée les rend amers. A travers les rires, tu dois leur donner l’espoir qui les ramènera vers Moi. Tu toucheras ainsi de nombreuses vies, mais seulement pour un temps, et tu connaîtras chaque fois l’inquiétude. A toi, Sagittaire, Je te fais don de l’Abondance Infinie que tu pourras répandre jusqu’à atteindre chaque coin sombre et y apporter la lumière. »


Troublant, non ?

Intéressant en tout cas …

Pensées du 2 juillet

« Back to the trees! » criait l’oncle Vania dans l’oeuvre truculente de Roy Lewis : il vilipendait les méfaits du progrès effréné, mais en profitait tout de même, en cinglante caricature de nos vies de consommateur.
Pensons ! Pensons à nos actes, à leurs conséquences … Pensons, avant que les records de chaleur se succèdent chaque année !

Etudier et être accompagné

Lorsque j’écrivais dans un précédent article, un petit conte mettant en scène un petit garçon rêvant de faire sourire les grandes personnes, je crois que je ne mesurais pas complètement la puissance de la vague de bonheur que cela pouvait parfois provoquer, et chez un jeune cela peut se transformer en un tsunami !

J’ai eu la chance d’accompagner récemment un étudiant en période de doutes, avant ses concours, situation à la fois dramatique et banale dans notre système éducatif. Et en l’accompagnant, j’ai mesuré les valeurs et les croyances induites par ce système ; et voici ce que cela m’évoque :

  • Tu dois te soumettre au système éducatif
  • Le système est ce qu’il est
  • Tu auras de mauvais résultats (afin de mesurer ta résistance au stress)
  • C’est la jungle dehors, tu dois t’endurcir
  • Le principe de la Sélection naturelle s’applique « naturellement » à l’école : seul survit le mieux adapté

Combien il eut été plus facile que la confiance lui soit accordée a priori par l’institution universitaire ! combien d’étudiants sortiront encore cette année broyés par ce système inhumain ? Et est-ce que nous nous orientons vers une plus grande … mais non, la Sélection, faite dogme Suprême doit primer sur toute considération de souffrances et d’échecs.

Notre école, et notre université, nos grandes écoles et nos grandes facultés, sont des lieux d’enseignement de qualité. Mais ils ont une face cachée : ce sont surtout des lieux d’élimination, de destruction, des lieux où l’on ravage légalement les rêves de centaines de milliers de nos enfants !

Alors oui je suis fier d’avoir pu aider un étudiant à sortir d’une ornière, mais je suis profondément révulsé par la société que nous transmettons à nos fils et à nos filles.

Au lieu des règles du système éducatif actuel que j’invoquais ci-dessus, je parierais plutot pour un avenir dans lequel les principes auraient changé de polarité :

  • Le système éducatif est à ton service
  • Le système éducatif est perfectible, et il s’améliore continuellement
  • Tu auras de bons résultats afin de charger ta batterie « confiance »
  • Le monde est fait d’opportunités
  • Tu n’es pas dans ta filière par hasard

Je suis heureux d’avoir pu redonner de l’espoir et de la confiance à un étudiant perdu. Il est reparti avec un sourire, et avec son autonomie pour retrouver ce sourire.

J’ai constaté (et en partageant avec mes pairs) combien il était formidable de coacher un étudiant : en redonnant le sourire, la confiance, et le sens à un jeune, nous pouvons renverser le processus en cours. Alors, qu’attendons-nous ?

 

Lectures existentielles

Voici une lecture qui me rappelle le livre de Irvin Yalom (Thérapies existentielles) :

« Lorsque l’heure de la mort a sonné, seules les questions existentielles ont encore une raison d’être. »

Cette citation provient du blog de Jean-Jacques Crèvecœur : « Créer une meilleure vie ». J’y ai découvert un contenu vraiment intéressant, et une dignité intellectuelle accompagnée d’une profonde humilité.

Merci à JJ

 

Technique de coach : quelques cadeaux

Bonjour,

Plusieurs cadeaux m’ont été faits hier soir, sous la forme de quelques insights sur « comment gérer telle ou telle situation ». Je tente de retranscrire ici ces idées, et elles me semblent tellement profondes que je les ai d’emblée qualifiées de cadeaux !

Cas n°1 : Le driver

Face à une personne qui tente de me forcer à la suivre dans son raisonnement, et qui tente de m’extorquer un avis, il peut être parfois difficile de sortir de son schéma, et de dire ce que j’ai envie de dire. En effet, certaines personnes font les questions et attendent des réponses précises (c’est A ou c’est B ?) et cet enfermement dans lequel elles tentent de vous prendre est le leur … Est-ce aider mon client que de me laisser enfermer avec lui dans sa nasse ?

Je me fais embarquer,
Il mène la barque,
et nous partons à la dérive

Dénoncer le processus (en position méta) peut être une méthode efficace. Par exemple :

« Vous voulez me faire dire … ; mais en fait, c’est ce que vous vous pensez ! »

C’est tout simple, à appliquer différemment au cas par cas, mais c’est une bonne façon de reprendre un contrôle, au moins de ce que vous dites.

Cas n°2 : Le point d’arrêt ; et laisser cheminer le client

Il m’arrive de dire que je parle trop, et que je dois apprendre à me taire. Un ami m’a récemment fait remarquer que en fait je dois apprendre à mieux écouter, c’est très juste.

Mais en disant que je parle trop, qu’est-ce que cela signifie exactement ? J’ai eu ma réponse hier soir justement, sous la forme de ce second cadeau ! Un exemple :

Ma cliente se plaint, se critique et reprend à son compte les critiques des personnes qui lui ont fait du tord (patrons, collègues, etc.). Elle se souvient des dévalorisations, des signes de reconnaissance négatifs qu’elle a subi par le passé, et ils sont bien ancrés en elle.

La cliente : « Je sais bien que je suis un peu gourde, je me trompe tout le temps, je renverse le café, je suis vraiment stupide et maladroite, etc. »

Mon réflexe serait dans ce cas là de pointer du doigt le phénomène, puisque je m’en suis rendu compte, et de lui proposer de prendre soin d’elle :

« Vous avez remarqué ? vous parlez de vous même avec les mots exacts que votre patron / vos collègues utilisaient contre vous. En fait est-ce que vous pourriez prendre soin de vous et parler de vous en énonçant ce qui est bien, en vous faisant des compliments sur vos réussites ? »

Boulette ! Qu’est-ce que je souhaite ? Lui montrer que moi je suis intelligent et que je sais m’en sortir dans une telle situation ? Ou bien la laisser cheminer vers une prise de conscience qu’elle pourrait avoir, si je lui en laissais l’occasion.

Que faire ? Ne dire que la première partie, qui est juste ; et lui laisser faire la suite de son chemin, si elle le souhaite :

« Vous avez remarqué ? vous parlez de vous même avec les mots exacts que votre patron / vos collègues utilisaient contre vous. »

Et c’est tout !!!

Cas n°3 : La vie est mystère

Certaines personnes voient tout en noir, elles sont dans une phase de leur vie où rien ne va, où tout le passé n’est que souffrances, et où rien ne semble pouvoir s’améliorer. C’est un scénario de morbidité massive !

Et quelques soient les perches que je tends, je n’accroche qu’une nouvelle preuve que tout va mal. Un scénario de « oui mais » est typiquement en place.

Alors quelle peut être l’accroche d’un tel scénario morbide, avec lequel mon client a réponse à tout pour me montrer que tout est sale, tout va mal, et que son monde est irrécupérable ?

Une idée est de rechercher avec ce client les faits qu’il ne comprend pas ; s’approcher de la vie c’est s’approcher des questions pour lesquelles il n’a pas de réponse, c’est s’approcher du mystère de la vie. Mais ce n’est pas moi qui vais rechercher ce que le client ne sait pas ; au contraire, je peux lui soumettre le sujet :

« Dans cette situation, il n’y a pas quelque chose que vous ne comprenez pas ? Y a-t-il des questions pour lesquelles vous n’avez pas la réponse ? »

C’est une technique qui peut fonctionner ou pas, mais je la trouve d’une élégance ultime, et c’est le plus beau cadeau des trois, imo.

 

OKness et confiance en soi

Bonjour,

Aujourd’hui, je prends mon clavier pour écrire mon premier billet d’actualité. Il était temps vu que ce site / blog est aussi prévu pour cela ! Mais il n’est jamais trop tard, n’est-ce pas ?

Je voudrais évoquer la notion de « OKness » telle qu’elle est abordée dans le contexte du coaching CT, ou de la relation d’aide en général. Ayant récemment eu une expérience très intéressante à ce sujet, je vais commencer par décrire mon expérience dans une première partie, puis je décrirais les aspects théoriques et ce que j’ai vécu dans la seconde partie.

La pratique

L’expérience de coaching que je souhaite relater est, comme toute relation de coaching, confidentielle. Je ne vais donc ni citer les noms des personnes impliquées, ni présenter le sujet lui-même. Ce qui nous importe ici, ce sont le processus et mes ressentis en tant que coach.

Le processus

Le coaching prévu était en mode « certification CT », c’est-à-dire un coaching d’environ 20 minutes, avec un jury de trois personnes écoutant le déroulement du coaching et intervenant après la fin du coaching pour creuser la pratique théorique du coach par un cycle de questions-réponses de 10 minutes.

Déroulement

C’est peut-être une évidence, mais je souhaite rappeler que ce paragraphe n’est pas un scripting objectif de ce qui s’est passé. Au contraire, et c’est une nuance importante, je relate ici, après quelques jours de délai, les événements ressentis et dont je me souviens.

Le coaching proprement-dit a débuté par un jeu de questions-réponses ayant pour but de clarifier la réalité du client, son problème, et d’arriver à sa demande.

Très rapidement, je ne me suis pas senti à l’aise dans la description de cette réalité, ni dans les différents paramètres de l’environnement du client. Je ressentais une grande confusion, je ne comprenais pas bien le contexte.

Cependant, le client est parvenu à exprimer une demande, une demande de clarification de ses différentes options, ce qui est très raisonnable pour une durée aussi courte, et ce qui correspond assez bien au ressenti de confusion que j’avais.

Mais ma confusion personnelle était telle que je me suis vu dans un « processus parallèle » que j’ai voulu résoudre, afin de mieux arriver à un contrat de session réaliste. Je n’ai pas entendu la demande raisonnable …

Et le coup de théâtre de cette session fut dans ma façon de résoudre ce processus parallèle : j’ai exprimé oralement que je refusais la demande telle qu’elle était, car trop confuse pour moi. Je n’ai pas réagi avec douceur, gentillesse et empathie, ce qui, pourtant, me caractérise le plus souvent.

Pourquoi ? Nous allons y revenir dans la théorisation.

Mon client a alors fondu en larme, ressentant une grande détresse devant le « mur » que je lui renvoyais. Cela m’a provoqué une – virtuelle mais véritable – « douche froide » ! J’ai entendu le malaise du jury qui semblait vouloir réagir, et je me suis vu alors dans la position où j’étais, je me suis remis en question. J’y reviendrais aussi ci-dessous.

La suite de la séance de coaching fut plus proche de ce qu’elle aurait pu être dès le départ : avec une grande alliance (empathie réciproque, gentillesse mutuelle), nous avons interrompu la discussion, pour souffler, pour laisser vivre cette émotion, et ensuite nous avons repris la séance pour clarifier en quelques minutes un « sous-problème » du problème initial. Ok pour la fin.

Analyse & théorie

Introduction

Dans ce paragraphe, je vais évoquer trois éléments essentiels de la culture CT (Transformance), et il est probablement utile que je les décrive (brièvement) auparavant :

  • Le processus parallèle : il s’agit d’un ensemble de comportements et de réactions émotionnelles (le script du processus parallèle) que le client vit (ailleurs) et qui font partie de son problème, et qu’il amène (ici) en séance de coaching, en redistribuant les rôles du script entre lui et son coach. Nous en avons un exemple dans la séance décrite ci-dessus.
  • L’OKness : il s’agit d’un concept d’analyse transactionnelle, adapté spécifiquement au contexte du coaching par V. Lenhardt dans l’école Transformance. Ce concept est un outil à utiliser en début de coaching, il est constitué d’une checklist à balayer pour vérifier que tout est prêt avant le décollage. En particulier, le coach doit se sentir bien dans sa peau, et bien dans son rôle, le coach doit se sentir serein avec son client, et dans le lieu où se déroule le coaching, la relation ne doit pas être entachée d’un passif. Ensuite, le coach doit être serein par rapport au tarif de sa prestation, et il doit avoir achevé les deux deuils de sa toute-puissance et de son désir de changer l’autre. (tout ceci est dit très rapidement, et j’espère en avoir donné un aperçu suffisant, cf. RPDS de V. Lenhardt).
  • L’alliance est le terme de la culture CT qui recouvre la qualité de la relation humaine établie entre le coach et le coaché. Nous disons que la relation est en alliance lorsque au-delà des masques (conventions sociales), au-delà des protections et des défenses (les « grenouilles »), ce sont les « princes » et les « princesses » qui communiquent entre eux/elles. Le ressort de cette relation est l’effet Pygmalion que le coach va induire en voyant dans le coaché le champion en devenir qu’il est.

Analyse réflexive

J’ai démarré ce coaching dans un état légèrement perturbé ; perturbé par une tension dans mon milieu familial. J’étais énervé en permanence, énervé par mon impuissance à agir pour résoudre cette tension, énervé par mon retard à prendre une décision et à accepter ma responsabilité.

Et j’ai passé outre cet état de perturbation pour de mauvaises raisons : je n’avais pas pris un rôle de coach depuis trop longtemps, et je voulais m’exercer.

Lorsque le coaching a débuté j’ai vite ressenti une confusion, que j’ai interprétée comme un processus parallèle, alors que l’alliance n’était pas encore établie. Je pensais que mon coaché amenait cette confusion et je voulais dénoncer ce processus parallèle afin de clarifier la demande.

Mais une confusion ressentie par le coach n’a pas forcément son origine dans un processus parallèle.

Par exemple, dans mon cas, cette confusion semblait plutôt provenir de mon état émotionnel qui m’empêchait d’être vraiment présent à mon coaché.

Lorsque le coaché m’a renvoyé en miroir la violence comportementale que je lui infligeais, alors j’ai reçu une « douche froide » qui m’a réveillée. Un insight !

Apprentissage :

  • L’état de non-OKness provoque des mauvaises interprétations, et des mauvaises décisions.
  • Sont primordiales en début de coaching : être OK et créer l’alliance !

Cheminement post-séance de coaching

En fait, je me suis rendu compte après coup que ce trauma que j’ai subi a été un déclencheur pour toucher chez moi deux facteurs limitants essentiels pour ma confiance en moi-même, qui sont en terme de l’« Élément humain » de Schutz :

  • Le sentiment d’incompétence : je ne me sentais pas compétent, et ce sentiment était inconditionnel car non circonscrit à une situation particulière, et ou à une période particulière. J’ai ainsi pu rapprocher ce sentiment d’incompétence à plusieurs signaux de mon histoire récente et ancienne : dénigrement de mes travaux de recherche, de la qualité de ma musique, de mes performances en général, et programmation d’un scénario de vie dans lequel, étant incompétent, je devais échouer mes grandes entreprises.
  • Le sentiment de non amabilité : et en plus je ne me sentais pas aimable. Et ce sentiment était également inconditionnel, me faisant remettre en cause toute marque d’affection qui pouvait provenir de mes proches, de mes amis, de mes pairs …Ce sentiment perturbe fortement la qualité d’écoute et d’attention que nous avons en présence des autres, car lorsque l’autre est distant, sec, lunatique, froid, nous aurons toujours tendance à trouver une justification (à la limite de la conscience) à ces comportements dans notre propre non-amabilité.

Ces deux facteurs limitants proviennent tous deux de la petite enfance, de ma relation à mes parents, et j’ai accepté d’ouvrir ce sujet sur mon lieu thérapeutique tout d’abord, puis de m’en ouvrir à ma mère qui m’en a donné un éclairage intéressant pour ma reconstruction.

Pour ma reconstruction, et en m’ouvrant sur ces sentiments que j’avais auprès de mes proches, de mes amis et de mes pairs, j’ai pu constater qu’effectivement ce sentiment d’incompétence était visible (j’avais tendance à dénigrer la qualité de mes travaux), et ce sentiment de non amabilité était également visible (j’avais tendance à ne pas espérer de soutien des autres).

Mais justement j’en parle au passé, car ces deux sentiments, une fois révélés, ont beaucoup moins de nocivité. Je peux les regarder en face, les affronter, et accepter : 1/ d’être compétent, 2/ d’être aimable !

Conclusion

En conclusion, je pense que deux éléments importants ressortent de cette expérience :

  • le travail thérapeutique imposé par notre déontologie de coach est primordial pour soigner nos blessures profondes, et pour retrouver notre OKness
  • l’ouverture (à la Schutz) qui consiste à partager notre vécu et nos états émotionnels, dans les groupes auquel nous appartenons, est également primordiale pour rétablir un regard bienveillant et solide sur nous-mêmes.

Enfin, je souhaite faire un lien vers la démarche que tout coach entreprend : le « devenir coach » est un changement majeur de l’existence, et il s’accompagne d’une étape de déconstruction dont j’ai relaté ici l’un des moments me concernant.