Programmer son cerveau ?

Imaginez que quelqu’un ait le pouvoir de programmer son cerveau. Imaginez même qu’il ait le pouvoir de programmer votre cerveau, celui de vos parents, celui de vos enfants, celui de votre compagne/compagnon … L’idée serait tout à la fois envoûtante et terrifiante. Envoûtante, car bien sûr la vie pourrait devenir plus douce, plus joyeuse, et franchement passionnante en libérant tous nos freins, nos peurs, nos colères malvenues, nos peines trop intenses. Mais le pire est la face cachée de ce pouvoir : prendre le contrôle de soi, passe encore, mais prendre le contrôle d’autrui, agir sur ses pensées, sur ses émotions, et sur ses actions ? brrr, rien que d’y penser, de l’écrire, j’en ai froid dans le dos !

Il n’empêche, voici le terrain de prédilection de la PNL, et de grands coachs comme Tony Robbins, qui fonde toute sa pratique sur les préceptes de base de la PNL : reprogrammer son propre cerveau, comprendre les mécanismes émotionnels qui président à nos décisions, et agir sur ces émotions en les remplaçant par d’autres que nous choisissons.

A travers la prière ou la méditation, nous pouvons depuis longtemps apaiser nos émotions trop intenses. Mais que diriez-vous d’un système qui peut même vous aider à ouvrir autrement les portes, à répondre autrement au téléphone, à aborder autrement les inconnus dans les lieux où vous n’êtes pas à votre aise, à mieux parler en public, à savoir demander une augmentation, etc. ? Laissez courir votre imagination, tout ce qui est humainement possible vous est possible à vous aussi, et c’est le fond de commerce de toute l’industrie du Life Coaching.

HexbrainLa PNL, ou Programmation Neuro Linguistique, est précisément le rêve de cet art-science là. Programmer son cerveau, « Se programmer », comme on programme un ordinateur, en utilisant le langage machine de notre cerveau : nos 5 sens d’une part (dont le langage qui est un dérivé structuré de l’audition) qui fondent la structure même de nos pensées, et les états émotionnels d’autre part qui président à toutes nos prises de décision, à notre persévérance, à notre motivation, à notre énergie.

Pour la PNL, nos émotions sont la source de notre puissance, elles nous engluent dans une incapacité totale de mouvement, ou bien elles nous transportent au-delà des plus hautes montagnes !

Pour accéder à ces émotions, nous avons un langage spécifique, qui est le langage de notre représentation du monde : le « vakog » (pour lire à ce sujet : vakog), composé de :

  • les images vues ou imaginées, les scènes de notre vie, mémorisées, transformées avec le temps, les images marquantes, tout ce qui est « visuel »,
  • les sons entendus ou imaginés, les mots, les phrases qui structurent notre pensée, les livres lus, les maximes, les mots qui ont jalonné notre vie,
  • les sensations physiques, les douleurs, les plaisirs physiques, l’intime, les caresses,
  • et les lettres plus rarement utilisées de cet alphabet : les odeurs, et les goûts, qui peuvent être sur-développés chez certains d’entre nous.

Et pour reprogrammer, étape par étape, la PNL nous propose un outil de base appelé « ancrage ». Il consiste à associer artificiellement une sensation à une émotion, comme dans le cas de la madeleine de Proust, ou comme dans le cas de l’expérience des chiens de Pavlov. Muni de cet outil presque magique, nous avons la capacité de rejouer certaines situations clés de notre vie, et de les reprogrammer avec une nouvelle émotion, qui manquait, et qui est apportée par l’ancre.

Dit comme cela, l’outil fait un peu baguette de magicien, un peu apprenti sorcier. C’est exact mais ça marche, et c’est précisément cela qui en est le principal risque. La PNL peut être utilisée pour manipuler, pour vendre une cuisine ou une secte, elle peut être utilisée pour séduire, pour soumettre. (« … et dans les ténèbres les lier !« ) Alors pour éviter ces écarts, les praticiens ont une éthique, qu’ils s’engagent à suivre. Mais tous les praticiens le font-ils ? Les nouvelles méthodes de marketing, comme les nouvelles méthodes de remotivation ne sont-elles pas aux limites de cette déontologie de la manipulation ? Car lorsque vous ne vous sentez pas adapté à votre poste, si c’est vous qu’on va adapter au poste, en vous rendant plus « flexible », est-ce que vous n’êtes pas déjà passé dans un monde d’ultime auto-soumission ? Plus sur cela dans un prochain article …

Je reviendrais également sur le parallèle entre programmation informatique et PNL, car je trouve ces idées très éclairantes ; stay tuned !

 

Le méta-modèle en PNL

Attention : ceci est un article technique, à destination de coachs, thérapeutes, et professionnels de la relation d’aide.

Introduction

La première publication du méta-modèle en PNL date de 1975 dans « Structure of Magic » de Bandler et Grinder. Richard Bandler et John Grinder étaient respectivement mathématicien et linguiste, et ils conçurent le méta-modèle à la frontière entre leurs deux disciplines, pour être un modèle linguistique formel. L’objectif était initialement de modéliser les constructions grammaticales d’un langage naturel (l’anglais), puis en affinant ce modèle avec les thérapeutes Fritz Perls, Milton Erickson et Virginia Satir, le méta-modèle s’est organisé en différentes constructions grammaticales particulières qui ont été appelées violations sémantiques, associées à des moyens d’intervention – des questions à poser – lorsque l’on souhaite intervenir sur une violation sémantique particulière.

 

Origines bibliographiques du méta-modèle

  • Le méta-modèle est profondément imprégné de la sémantique générale d’Alfred Korzybski en ce sens que les deux théories partagent l’idée (ou la croyance) que les mots et les phrases que j’utilise influencent ce que je pense et ce qui constitue mon cadre de référence. Et réciproquement, mon cadre de référence influence les mots et les phrases que je vais choisir pour exprimer mes idées.
  • L’autre grand précurseur du méta-modèle est la grammaire générative de Noam Chomsky avec notamment la notion de rupture grammaticale du langage qui peuvent indiquer des violations sémantiques.
    • Remarque : Les travaux de Chomsky ont été réalisés sur le langage naturel anglais, et toute adaptation à une autre langue – le français par exemple – est à considérer avec précaution. Mais ceci étant dit, nous présenterons les constructions grammaticales du méta-modèle comme si elles avaient une validation empirique en français, car le critère déterminant qui doit nous animer est : « si cette théorie est utile, utilisons-la ».

Comme nous l’avons suggéré en introduction, le méta-modèle est à la fois un modèle linguistique et un guide d’intervention. Ces deux dimensions sont constitutives de ce modèle et la pertinence dans l’utilisation doit rester en permanence notre guide.

En tant que guide d’intervention, le méta-modèle se veut une façon de proposer au patient /  client une modification de son système de représentations (sur lui-même ou sur le monde extérieur).

J’insiste beaucoup lorsque je présente le méta-modèle oralement sur le fait que c’est un outil très puissant et qui peut être très déstabilisant, et donc dangereux, s’il est utilisé sans les protections adéquates. En vocabulaire CT, l’alliance doit être stable avec votre client, avant d’envisager son utilisation. Bien évidemment, la puissance de cet outil lorsqu’il est utilisé au bon moment, est susceptible d’apporter au client un déclic (un insight) qui sera source d’un changement majeur.

Mon champ lexical influence mes cartes mentales, et mes cartes mentales (mon système de représentation) influencent mon champ lexical. Cette influence récursive fait que lorsque nous détectons une violation sémantique, celle-ci peut être soit une cause soit un effet. Par exemple, une lecture de pensées sera plus souvent le résultat d’une confusion d’identité du sujet, ou d’une ambiguïté dans ses limites personnelles.

Omissions, Généralisations et Distorsions

L’omission est un processus par lequel nous prêtons attention uniquement à certains stimuli de notre expérience sensible, et nous en ignorons d’autres. Prenons, par exemple, la possibilité que nous avons de filtrer tous les sons dans une salle pleine des gens qui parlent dans le but d’écouter la voix d’une personne en particulier. L’omission réduit le réel à une réalité que nous sommes capables de comprendre sereinement. Cette réduction est absolument nécessaire tous les jours dans notre vie, et ce mécanisme mental est sain dans de très nombreux contextes, en particulier lorsque nous avons besoin de secret, de sécurité, ou d’intimité.

La distorsion est le processus qui nous permet de faire des interprétations ou des modifications de notre expérience sensorielle. Les fantasmes, par exemple, nous permettent de ressentir l’émotion associée à une expérience, mais sans l’avoir vraiment vécue. Ce processus rend possible notre esprit créatif et artistique. Tous les grands romans, toutes les grandes découvertes scientifiques requièrent la capacité de déformer et de dénaturer la réalité.

La généralisation est le processus par lequel nous détachons une expérience concrète de sa réalité immédiate et nous raccrochons cette expérience à une catégorie plus générale, dont l’expérience originale devient un exemple ou une illustration. En reprenant l’exemple introductif de la Critique de la Raison Pure de Kant, si je vois une table dans mon expérience sensible (je la vois, je la touche, etc.) et je constate qu’elle a des caractéristiques particulières (couleur, forme, pieds, poids), je peux associer cette table de ma réalité à la catégorie des tables que je me représente, et la table réelle sur laquelle je m’appuie ici et maintenant est une table. Notre capacité à généraliser est essentielle pour faire face au monde, pour classer, relier, catégoriser & rassembler, prévoir, etc. Mais ce même processus de généralisation peut conduire un être humain à établir des croyances limitantes telles que « Je ne dois pas exprimer mes sentiments » ou « Personne ne me comprend ».

Comment apprendre le méta-modèle ?

L’ensemble des violations sémantiques du méta-modèle ne s’apprend pas en un jour. Je conseille de l’apprendre petit à petit, en débutant par les violations sémantiques qui vous semblent les plus faciles à déceler. Les violations sémantiques les plus courantes sont : la lecture de pensées, les opérateurs modaux, et la cause/effet ou équivalence complexe.

Présentation du Méta-modèle


Les Omissions


Omission simple (simple deletion)

L’omission simple consiste en une phrase qui ne se suffit pas à elle-même pour la compréhension : cela peut provenir d’implicite (contextuel), ou des termes choisis qui sont peu spécifiques.

Exemples :

  1. Je ne suis pas d’accord.
  2. Je suis en colère.

Objectif : retrouver ce qui est manquant, complément ou verbe.

Réponses possibles :

  1. A propos de quoi ? Avec qui ?
  2. Contre qui, contre quoi ?

Suppression de l’index de référence (Lack of Referential Index)

Un pronom est utilisé et le contexte ne vous permet pas de comprendre à quoi il fait référence. C’est peut-être clair dans l’esprit de la personne qui vous parle, mais votre compréhension du contexte ne vous permet pas d’avoir cette clarté d’esprit.

Exemples :

  1. Cela m’est égal.
  2. Ça n’a pas d’importance.
  3. On ne sait pas.

Objectif : retrouver l’index, objet, sujet ou verbe

Réponses possibles :

  1. Quoi précisément ?
  2. Qu’est-ce qui  n’a pas d’importance ?
  3. Qui ça on ?

Omission du comparatif (comparative deletion)

Une comparaison semble s’opérer dans l’esprit de votre interlocuteur, mais il ne précise pas les deux membres de la comparaison. Les mots clés à rechercher sont « moins » (avec « au moins »), « plus » (avec : « au plus », « plus grand », « plus petit »), « mieux », « pire », « meilleur », « moindre », « autrement », « aussi » (en superlatif), « beaucoup », « autant ».

Exemples :

  1. C’est mieux de partir.
  2. C’est plus cher
  3. C’est plus ou moins la bonne chose à faire
  4. C’est la meilleure façon de faire
  5. Vous allez aimer ça de plus en plus
  6. Elle est devenue meilleure

Objectif : retrouver le terme de la comparaison, la norme, la référence ou le contexte

Réponses possibles :

  1. C’est mieux que quoi ?
  2. Par rapport à quoi ?
  3. (exercez-vous !) ….

Verbe (ou mot) non spécifique (unspecified verbs, unspecified nouns)

Certains verbes ne sont pas suffisamment spécifiques, et la phrase que vous entendez, dans son contexte, laisse planer une ambiguïté sur son sens. De même certains mots, ou certaines constructions grammaticales, ne spécifient pas suffisamment la phrase dans laquelle ils apparaissent, comme par exemple : « quelqu’un », « une personne », « les gens », « ils / eux », « on », « les autres ».

Dans cette catégorie également, nous plaçons les classes ou les groupes d’individus qui sont des généralisations non spécifiques : les travailleurs, les catholiques, les Français, les hommes, les femmes, etc.

Exemples :

  1. J’ai suivi son conseil
  2. Romane a gagné
  3. Les gens ne m’aiment pas

Objectif : faire préciser le sens du verbe, ou du mot non spécifique.

Réponses possibles :

  1. Comment ?
  2. De quelle façon ?
  3. De qui parlez-vous exactement ?

Les Généralisations


Quantificateurs universels (universal quantifiers)

Dans cette catégorie nous plaçons les généralisations absolues, sans référence. L’utilisation de mots comme : tout, tous, aucun, toujours, jamais, rien, personne, tout le monde, est caractéristique d’une généralisation de type « quantificateur universel ».

Lorsque votre interlocuteur (ou vous-même) utilise un quantificateur universel, il sous-entend que c’est une règle absolue (sans exception), et que donc il n’y a aucun choix possible. Bien entendu, il y a des situations où cette croyance peut être utile, et dans ce cas, il conviendra de ne pas tenter de la contredire. C’est le cas, en particulier, si votre interlocuteur pense qu’il trouvera toujours une issue favorable à ses problèmes.

Mais la plupart du temps, cette construction de langage reflète une construction mentale qui limite les possibles, et donc qui limite les moyens d’action : un quantificateur universel reflète généralement une croyance limitante.

Exemple :

  1. Personne ne travaille ici
  2. Tout le monde sait cela !
  3. Je n’y arriverai jamais
  4. Mon mari ne m’écoute jamais
  5. C’est toujours difficile de s’arrêter de fumer, de perdre du poids
  6. Je suis toujours mauvais lors d’un entretien d’embauche !

La technique pour contrer le quantificateur universel est soit de dégonfler la généralisation, soit de trouver un contre-exemple. Pour dégonfler une généralisation, nous pouvons par exemple répéter le quantificateur en l’accentuant : vraiment tous ?  toujours ? Etc.

L’objectif est d’obtenir une atténuation de cette généralisation, qui va dégonfler tout le raisonnement qui suit.

Réponses possibles :

  1. Vraiment personne ? ou bien : J’aperçois pourtant X et Y qui sont en train de travailler.
  2. Est-ce qu’un enfant de cinq ans sait cela ? Si non, quand et où l’apprendra-t-il ?

Autre exemple :

  • « Personne ne m’aime »

Bien que cette phrase semble claire et précise, elle ne l’est pas du tout, car elle manque complètement de contextualisation. Lorsque quelqu’un dit « personne ne m’aime », est-ce qu’il veut dire :

  • Personne de ma famille ?
  • Personne parmi mes collègues ?
  • Personne parmi tous les gens que j’ai déjà rencontré ?
  • Personne dans le monde entier, y compris les gens que je n’ai jamais vu ?

Ce manque de spécificité montre que la personne utilise en ce moment une carte du monde appauvrie qui la mène à faire ces généralisations qui ne sont généralement pas exactes. L’objectif avec le méta-modèle va être de questionner ce manque de contexte, afin d’aider le patient à réexaminer son modèle du monde. Pour ce faire, il est possible de questionner directement le manque de contexte  :

  • Qui précisément ne vous aime pas ?

Ou bien indirectement, il est possible de réfuter la généralisation excessive pour arriver ensuite à la spécificité manquante :

  • Il n’y a vraiment absolument personne qui vous aime et ça n’est jamais arrivé ?
  • Pouvez-vous me citer au moins une personne qui vous aime ? Ne pensez-vous pas que X ou Y vous aiment ?

Tout quantificateur universel peut toujours être interrogé par une question du méta-modèle, soyez attentifs !


Origine perdue (lost performative)

Nous plaçons dans la catégorie des origines perdues toutes les règles et les jugements qui semblent immanents. Cette catégorie contient en particulier les phrases toutes faites du langage courant, ainsi que les citations, qui, prises au mot, peuvent créer des prisons très solides.

Exemples :

  1. C’est comme ça.
  2. C’est bien d’être honnête.
  3. « Ce qui ne nous tue pas rend plus fort » (Nietzsche).

La technique pour contrer une origine perdue est de tenter de retrouver la source ou l’origine de ce précepte, ou bien d’interroger la position de votre interlocuteur par rapport à sa déclaration.

Réponses :

  1. Est-ce votre avis ?
  2. D’après qui ?
  3. Comment le savez-vous ? (cette croyance peut être utile dans certains cas, mais pas en toute généralité).

Opérateurs modaux (modal operators)

Les opérateurs de nécessité et de possibilité sont des types de généralisation. Ils consistent en l’utilisation des verbes falloir, devoir ou pouvoir : il faut, je dois, etc. Ces verbes expriment des contraintes qui semblent imposées par une autorité supérieure dogmatique.

Exemple :

  1. Ce n’est pas possible, je ne peux pas faire cela.

La technique ici est de retrouver les risques ou la cause, les conséquences ou l’obstacle, qui sont masqués.

Réponses possibles :

  • Qu’est-ce qui se passerait si … ?
  • Qu’est-ce qui vous en empêche ?
  • Et si vous pouviez ?

Placée au bon moment, la réponse à un opérateur modal peut se révéler extrêmement déstabilisante pour votre interlocuteur : à utiliser avec précautions !


Nominalisation (Nominalization)

La nominalisation est le processus consistant à transformer une action (un verbe) en nom, avec pour effet secondaire de faire disparaître le sujet de la phrase. C’est une construction qui déresponsabilise votre interlocuteur de toute implication dans ce qu’il exprime.

Ce modèle linguistique reflète une situation statique bloquée. Retrouver le verbe d’action et le proposer à votre interlocuteur va lui permettre de retrouver des choix et des moyens d’agir.

Exemples :

  1. La communication passe mal ici.
  2. Je veux du respect !

La technique pour contrer ces constructions est de contextualiser (dans l’ici et maintenant si c’est possible), de limiter le champ d’application, et de rendre vivant l’énoncé : pour passer de la forme passive à une forme active. Pour ce faire, nous essayons de retrouver le verbe d’action sous-jacent à la nominalisation.

Réponses possibles :

  1. Comment voudrais-tu communiquer ?
  2. Qui ne vous respecte pas ?

Les distorsions


Cause – effet (cause effects)

Une relation de cause à effet est exprimée par votre interlocuteur, (x cause y) et cette relation ne vous semble pas évidente du tout. En tout cas, elle mérite d’être explicitée afin de : soit valider cette relation, si elle est finalement valide ; soit montrer à votre interlocuteur que son état de confusion l’induisait en erreur, si la relation n’est pas valide.

Exemples :

  1. Ils me rendent triste
  2. Son attitude me casse les pieds

La technique pour traiter une « Cause-Effet » non valide est soit de la casser directement en l’interrogeant, soit de trouver un contre-exemple.

Réponses possibles :

  1. En quoi vous rendent-ils triste ?
  2. Comment spécifiquement ?

Equivalence complexe (complex equivalences)

Dans l’esprit de votre interlocuteur, deux assertions semblent équivalentes, se prouvant l’une l’autre, comme si il existait réellement un lien fort et symétrique entre ces deux assertions.

Exemples :

  1. Il ne me salue pas, il me déteste.
  2. Elle ne me sourit pas, elle n’est pas contente

La technique pour traiter les équivalences complexes consiste à les retrouver et à les questionner, ou bien à trouver un contre-exemple/

Réponses possibles :

  1. En quoi ne pas vous saluer prouve qu’il vous déteste ?
  2. Si elle souriait, serait-elle contente ?

Lecture de pensées (Mind reading)

Lorsque votre interlocuteur est doté d’une boule de cristal ou qu’il semble au fait de ce que pensent les autres comme par divination, vous pouvez raisonnablement interroger son savoir. En tout cas, tant que la science n’aura pas déterminé les conditions dans lesquelles la télépathie pourrait exister …

Exemples :

  1. Je sais ce qu’il a voulu dire
  2. Il ne m’aime pas

Pour traiter les lectures de pensées vous tentez de retrouver l’origine de l’information, et vous ne vous contentez pas des réponses comme « je le sais », « c’est évident », etc.

Réponses :

  1. Comment le sais-tu ?
  2. Qu’est-ce qui vous faire dire cela ?

Présupposition (linguistic presuppositions)

Affirmation reposant sur d’autres faits non établis (et non explicités) pour avoir un sens. Les présuppositions peuvent être difficiles à détecter tant elles reposent sur la confiance établie entre vous et votre interlocuteur. Elles induisent des vérités sur lesquelles il peut être difficile de revenir.

Généralement, une présupposition est accompagnée d’autres violations sémantiques. Laquelle utiliser ?

Exemples :

  1. « M. X a laissé un message. » (présuppose que M. X existe, et que le message vous intéresse ou vous est adressé).
  2. « Quel est votre problème ? » (suppose que vous avez un problème, que la personne qui vous parle le sait, et que vous savez expliquer votre problème).
  3. Vous n’êtes pas assez intelligent pour résoudre mon problème (présuppose qu’il y a un problème, que le problème peut être résolu, qu’il faut être intelligent pour résoudre ce problème, que le niveau d’intelligence peut être évalué et comparé, et enfin que votre interlocuteur connait votre niveau d’intelligence !)
  4. Les gens qui disent que vous ne connaissez pas votre boulot n’y connaissent rien ! (présuppose que ces gens existent, que vous avez un travail, …).

La technique face aux présuppositions est simple lorsqu’elles sont détectées, il suffit des les interroger et de les renvoyer à votre interlocuteur. La clé est de les expliciter, et la difficulté est justement de les détecter.

Réponses possibles :

  1. Qui est M. X ?
  2. J’ai un problème selon vous ?
  3. Expliquez-moi qui pourrait résoudre votre problème ?
  4. Vous croyez vraiment qu’il y a de tels gens ?

Maintenant que vous avez lu et compris le métamodèle, vous êtes un as de la communication !


 

Le modèle perceptuel ou « VAKOG »

Qu’est-ce que le « VAKOG » ?

Le modèle « VAKOG » est conçu en partant de la constatation toute simple que depuis notre naissance, et même pendant notre vie intra-utérine, nous percevons le monde qui nous entoure par nos cinq sens. Et seulement par ces sens. Nous entendons ce que nous dit notre mère, nous percevons la faim ou la douleur dans notre chair, nous voyons le monde qui nous entoure.

Alors notre conception du monde, dans notre cerveau, notre représentation du monde, est également construite avec ces mêmes composantes sensorielles. Que ce soit nos souvenirs, ou nos mondes imaginaires, nos rêves, toute représentation dans notre cerveau est « câblée » avec des composantes sensorielles.

Le terme VAKOG est simplement un acronyme des cinq sens : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, et Gustatif. Les trois premiers sont les principaux sens, qui nous envahissent plus facilement, et qui constituent l’essentiel de nos représentations mentales. Par convention, nous incluons dans Kinesthésique tout ce qui n’est pas ressenti par les quatre autres sens, ainsi le fait de toucher, de ressentir de l’humidité, de la chaleur, de la douleur. Et si à chaque sens nous pouvons associer un organe de notre corps (l’œil pour la vision, les oreilles pour l’auditif, le nez pour l’olfactif et la langue pour le gustatif), alors le sens Kinesthésique a pour organe l’ensemble « de tout le reste du corps ».

En pratique de la PNL le modèle VAKOG est constamment à notre esprit, et il est utilisé dans de nombreux protocoles notamment par des questionnements sur le ressenti (qu’est-ce que vous voyez ? … entendez ? … ressentez ? Où se situe cette douleur ? etc.).

De plus, il y a deux utilisations directes de ce modèle que je souhaite vous présenter. Ce sont les sous-modalités et les micro-stratégies. Je présente très succinctement ici ces deux concepts, afin que nous partagions une définition commune, mais je suis bien conscient que ce qui est décrit ici n’est pas suffisant pour pratiquer :

Les sous-modalités

  • lorsque notre client évoque une scène souvenir, nous pouvons lui demander de le faire avec le langage du modèle VAKOG qui est sa perception mémorisée de la scène : quelles sont les images de cette scène, les détails ? quelles sont les sons associés à cette scène, quelles paroles sont échangées ? etc.
  • Cette scène est associée à des émotions ressenties : lorsqu’il voit, entends, ressent tel stimulus, alors le client ressent telle émotion. Par exemple, « lorsque je suis dans l’open space de mon bureau, j’entends tous les bruits autour de moi : climatisation, portes, claviers de tous les collègues, divers conversations en cours, et en même temps je me sens tranquille et serein pour travailler ».
  • Le travail en sous-modalités consiste à modifier certains aspects d’une scène en intensifiant ou en réduisant certains paramètres mémorisés par le client. Par exemple, dans le domaine visuel, nous pouvons jouer sur l’intensité des couleurs, la proximité ou l’éloignement de la scène, la position associée ou dissociée du client, etc. Dans le domaine auditif, nous pouvons amplifier les sons ou au contraire les réduire au silence, nous pouvons choisir d’entendre plutôt telles paroles et pas les bruits autour, etc.

Quelques sous-modalités fréquemment utilisées :

Sous-modalités VAKOG

 

Les micro-stratégies

  • Une micro-stratégie est un enchaînement très rapide (quasiment instantané) de composants atomiques associant un ressenti VAKOG à une émotion. Par exemple, « lorsque mon patron me dit bonjour, je me sens très bien, mais lorsque je ressens son parfum qui me rappelle mon ex, alors là je ne peux plus le supporter et je deviens instantanément irascible … ».

 

La réalité du monde et notre perception

Cet article développe la notion de perception personnelle propre à chacun de nous, telle qu’elle est enseignée en PNL, et nous comprenons pourquoi l’aphorisme de Korsybski a été choisi comme l’un des principes de la PNL :

La carte n’est pas le territoire qu’elle représente

Introduction

Une posture fondamentale du praticien en PNL est d’avoir compris et intégré que chaque être vivant que nous sommes possède son propre et unique modèle de représentations (je parlerai également plus loin de la notion de cadre de référence).

Un modèle de représentations n’est pas une option, il est intrinsèquement lié à notre nature : nous avons chacun nos sens, nos perceptions, nos interprétations, notre histoire, notre culture, notre éducation, et nous avons chacun à chaque instant des pensées et des émotions qui nous traversent.

Un modèle de représentation nous sert à prendre des décisions en fonctions du monde qui nous entoure. Ou plus précisément en fonction de ce que nous percevons du monde qui nous entoure, et cela laisse donc beaucoup de place à la subjectivité…

Prenons en exemple cette photo qui représente une rue de Versailles :

rueVersailles

Qu’y vois-je et qu’y voyez-vous ?

La première fois que j’ai vu cette photo je l’ai trouvée agréable : largeur de la rue, clarté, espace vert au fond, lumières, belle architecture, etc.

Mais confronté au regard des autres j’ai dû ajouter certaines interprétations : une file de voitures bloquées, l’éclairage public allumé en plein jour, un motard roulant à gauche, etc. et ces interprétations sont toutes valides !

Nous considérons en PNL que le réel parvient à affecter notre cerveau au travers de trois filtres, et par trois mécanismes interprétatifs. Ce modèle peut avoir une utilité pour votre culture ou dans nos échanges, c’est pourquoi j’ai choisi de vous l’exposer :

Les trois filtres

Le filtre neurologique, représente les signaux qui parviennent effectivement à notre cerveau. Un mal-voyant percevra d’autres signaux lumineux qu’une personne ayant une vue parfaite, ou une personne portant des lunettes. Ainsi, dans la scène ci-dessus, si j’ai une mauvaise vue, je ne percevrais peut-être que les lumières rouges et jaunes, et sinon uniquement les bruits des voitures au ralenti.

Le filtre socio-culturel représente la façon dont notre culture (notre environnement, notre société) nous a appris les informations à mettre en avant ou à écarter de la scène que nous percevons.

Par exemple, percevrons-nous que les piétons traversent la rue n’importe où ? Serons-nous sensibles au fait que cette rue est particulièrement déserte (de piétons ou de vélos) ?

Le filtre personnel enfin, qui indique la partie filtrante spécifique à chacun d’entre nous, et qui est issue de nos expériences de vie, de nos apprentissages. Par exemple, si je connais cette rue je vais me représenter l’endroit, mes souvenirs là, etc. Ou bien si mon frère vient de se faire renverser par un chauffard, je ne verrais peut-être que les piétons sur la chaussée et le risque encouru …

Les trois mécanismes interprétatifs

La sélection consiste à choisir parmi les milliers de sollicitations sensorielles, quelles sont les informations qui vont parvenir à ma conscience, et à ma pré-conscience. Ce mécanisme est largement non-conscient (automatique) et il me permet de focaliser mon attention sur quelques stimuli uniquement, car je ne pourrais qu’être bloqué si je devais absorber et interpréter tous les influx nerveux affectant mes systèmes sensoriels.

Exemple : je sélectionne en ce moment la sensation de ma chaise, de mes pieds au sol, du bruit de la climatisation et la vue de mon écran. J’omets de sélectionner les autres bruits, les odeurs, la lumière dans mon bureau, etc.

La généralisation consiste à associer une perception contextuelle avec un concept plus général, englobant. Ainsi nous pouvons parler d’une « rue » sur la photo, sachant que le concept de rue est très général, et qu’il a une signification propre, avec des caractéristiques particulières. Les caractéristiques d’une « rue » étant partagées, nous pourrions induire de cette photo et de la notion de rue, quelques caractéristiques de cette rue en particulier. Par exemple, les rues ont un nom, et nous pouvons nous demander quel est le nom de la rue. Nous savons également que les porches d’une rue sont numérotés, et nous pourrions également rechercher les numéros de cette rue là.

La distorsion consiste à déformer la réalité perçue de façon à la faire entrer dans notre modèle du monde. C’est un mécanisme de préservation et de protection ; il nous permet de construire un sens au monde à partir d’expérience hétéroclites, et ensuite de conserver ce sens du monde même lorsque les expériences concrètes malmènent notre représentation du monde.

Filtres

 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez creuser vous pouvez certes ouvrir un manuel de PNL, mais j’ai peur que le sujet soit encore trop superficiel, non ! Pour approfondir ce sujet je ne saurais trop vous conseiller de vous plonger dans les écrits d’Alfred Korzybski, ou dans toute littérature sur la sémantique générale. Personnellement, j’y suis entré pendant mon adolescence par la porte de la Science Fiction de A.E.Van Vogt (« le monde des non-A ») et ma vision du monde en a été fortement influencée. A mon avis, les implications de la pensée du non-aristotélisme, et du non-dualisme, dans notre civilisation sont encore à venir.

Et pour philosopher, ou réfléchir, vous pouvez lire ici …

 

Les bases de la PNL

Le rapport en PNL

 

Les quatre principes aux bases de la PNL sont :

Tout d’abord le « Rapport », cette qualité si particulière d’une relation entre deux personnes et qui, dans le cadre de la PNL, porte un humanisme protecteur : les personnes peuvent se sentir en sécurité pendant nos échanges, elles se sentent en confiance, en toute confidentialité, et il n’y a pas de jugement à leur encontre.

Ensuite, vient la « Calibration », une qualité essentielle pour bien communiquer, et qui consiste à interroger son propre outil de mesure : mes sens ! Calibrer mon écoute, mon regard, mon ressenti, signifie mettre en cohérence mon cadre de référence avec la situation présente. Ainsi je peux atteindre une « Observation sans jugement », un œil d’enfant naïf et perçant !

Puis, l’ « Ecoute », ou l’« Attitude », qui est une qualité de recentrage vers l’autre, consistant à déplacer mon attention sur l’autre. Essayer temporairement d’enfiler le costume de mon interlocuteur, prendre son cadre de référence me permet d’appréhender spécialement sa situation, en comprenant de l’intérieur (de moi-même) ce que vit l’autre.

Et enfin, la « Synchronisation », une capacité qui concerne la qualité de la relation qui s’établit entre deux personnes, une flexibilité, ou adaptabilité. Et la PNL intègre quelques techniques spécifiques d’amélioration de nos capacités naturelles à être en relation avec l’autre. Ces techniques incluent la synchronisation verbale – avec notamment la conscientisation des prédicats linguistiques -, la synchronisation non verbale – attention portée à la diction, la prononciation, le ton, etc.- et enfin la synchronisation physique – posture du corps, mouvements du corps ou des yeux, posture de la tête, etc.

De la bonne formulation d’un objectif

Quels sont les différents critères pour qu’un objectif soit bien formulé, et surtout pour que cet objectif puisse motivant et atteignable ?

  1. L’objectif est bien sous mon contrôle
  2. L’objectif est formulé de façon positive
  3. L’objectif est précis, mesurable (cf. par ex. objectifs SMART)
  4. L’objectif ne va pas à l’encontre de ma réalité
  5. L’objectif peut être ressenti (par moi)

Détaillons …

L’objectif est sous mon contrôle

Le premier critère, le plus important, est qu’un objectif soit sous mon contrôle, soit de mon ressort.

Mon objectif ne peut pas être que « mon collègue range son bureau », que « mon patron change de look », ou que « mes collaborateurs fassent moins de pauses ».

Si mon objectif est de ce type, cela ne veut pas dire que je dois l’oublier et me résigner à mon sort, mais plutôt, qu’il faut le reformuler de sorte qu’il devienne de mon ressort.

Ainsi, mon objectif peut devenir de tellement bien communiquer avec mon collègue qu’il choisisse de ranger son bureau, de tellement bien assainir mon regard sur mon patron, que son look, quel qu’il soit ne soit plus un problème pour moi (et du coup je pourrais même lui en parler sereinement), de tellement faire évoluer mon équipe en efficacité et en motivation, ainsi que mon regard de manager, que les pauses ou les horaires de mes collaborateurs ne me soient plus un problème.

Et dans tous les cas, je reviens à une formulation qui est de mon ressort. Je me réapproprie la responsabilité (voir à ce sujet Se responsabiliser).

Mon cerveau est orienté sur « bien communiquer », « assainir mon regard », ou « me rassurer sur mes collaborateurs, les mettre dans les bonnes conditions », et cela n’a plus rien à voir avec « il faut que mon collègue, mon patron, mon équipe fasse ceci ou cela… ».

Et si quelqu’un vient m’apporter comme objectif que « untel fasse ceci ou cela … » stop ! Je ne collabore pas, allez voir quelqu’un d’autre !  Je ne peux vous aider qu’à obtenir quelque chose que vous pouvez contrôler, et qui est de votre ressort.

J’aime beaucoup la façon dont Gérard Jugnot reçoit de tels patients dans le film « Oui, Mais … » :

Vouloir qu’un tiers fasse quelque chose cela s’apparente plus à un souhait, un rêve, et je ne suis pas le génie de la lampe … (vous appréciez le clin d’œil ?!)

Par contre, en tant que [coach], ma position est la suivante : je suis très fort pour aider les clients à atteindre leurs objectifs, et je peux les aider, mais cela leur demande la rigueur de rentrer dans ce cadre.

Dans certaines situations, il est évident que l’objectif exprimé est sous mon contrôle, par exemple si je veux boire moins de cafés, retrouver ma motivation, changer de métier, ce sera principalement sous mon contrôle, c’est une bonne formulation.

Par contre, « se faire embaucher par telle entreprise », « gagner tel marché », ne sont pas les bons objectifs, car il ne sont pas sous mon contrôle. « Faire le maximum pour me faire embaucher … » est un objectif acceptable, si le maximum est bien définissable.

Le résultat est un but de l’objectif atteint, mais il n’est pas systématique.

Prenons un exemple issu de l’univers du sport : je veux gagner le marathon ! Si je cours seul, c’est un objectif correct ! Sinon, ce n’est pas un objectif, car être sur la première marche du podium dépend aussi des autres coureurs.

Donc, si je veux concourir au marathon (de Paris, New York, ou du Mont St Michel …), un objectif bien formulé devra ne dépendre que de moi, et cet objectif pourra être par exemple « courir le marathon en moins de 4h ». Et si ce jour-là, je cours en 3h59 alors j’aurais gagné, même si le podium n’est pas pour moi : j’ai gagné, car j’ai atteint mon objectif !

Ou si mon objectif est d’avoir fait le maximum pour être en pleine possession de mes moyens le jour de la course, alors, avant la course, la victoire est déjà acquise, l’objectif est déjà atteint !

L’objectif est exprimé positivement

Le second critère est la façon dont l’objectif est exprimé : il doit être exprimé de façon positive.

« Positif » ne signifie pas bien ou mal, mais exprimé par une phrase sans négation : « je veux ceci, ou cela », au lieu de « je ne veux plus ceci ni cela ». L’objectif doit se trouver dans la continuité de la projection mentale de sa première création, et comme métaphore, je vous propose celle du tireur à l’arc : la cible est au bout de sa flèche (et de sa trajectoire). Il ne serait pas très efficace pour le tireur de viser en regardant autre chose que sa cible…

Dans le domaine thérapeutique, « Je veux arrêter de fumer », est une expression de ce que je ne veux plus, et ce n’est donc pas une formulation positive.

Je dois parvenir à exprimer ce que je souhaite.

Pourquoi ? Parce que nos processus mentaux ne comprennent pas bien la négation, et nos projections mentales se font indépendamment des négations. Que je pense à une chose ou que je pense à son contraire, j’y pense…

Testez-vous, amusez-vous :

Dans la rue, vous voyez un obstacle, par exemple un poteau, pensez-y, regardez-le bien, concentrez vous sur l’objectif à éviter, prévoyez de l’éviter, concentrez-vous réellement sur l’obstacle pour pouvoir l’éviter.

Et constatez, en passant, que toute votre trajectoire est fortement influencée par le poteau, vous risquez même de rentrer dans le poteau, en voulant tellement l’éviter ! Et ça va vous arriver certainement si vous recevez un appel téléphonique en passant à coté. Alors que si vous n’y aviez pas pensé, le poteau ne serait pas dans votre carte mentale, ni dans votre réalité, et vous l’auriez évité sans y penser !

Et pour arrêter de fumer les gens font précisément cela, se concentrer sur l’obstacle : « je ne veux plus fumer, je ne veux plus fumer », etc.

Alors le cerveau projette quoi sur votre écran mental ? Un paquet de cigarette en arrière-plan de tout. En permanence !

Lorsque je veux arrêter de fumer, l’objectif positif n’est pas celui-là. Qu’est-ce que je souhaite réellement, au-delà de la cigarette, qu’est-ce que fumer m’interdit ou m’apporte ? Par exemple, retrouver la santé, faire des économies pour un projet, etc.

Il est particulièrement intéressant de creuser la formulation positive remplaçant l’objectif négatif lorsque l’objectif caché est de l’ordre du combat contre soi-même : « je veux (me) montrer que je suis capable de le faire », « je ne veux pas être esclave d’une addiction », etc.

Car, une fois explicités, ces objectifs cachés pourront vous apprendre beaucoup (sur vous même).

L’objectif est précis

Le troisième critère de bonne formulation d’un objectif est qu’il doit être précis et contextualisé.

C’est-à-dire que je dois pouvoir répondre aux questions : quand ? où ? qui ? avec qui ? comment ?

Et chacune de mes réponses doit être la plus explicitée possible, avec lorsque c’est pertinent des mesures d’atteinte de l’objectif. Plus je mets de précisions dans la définition de mon objectif et plus mon action sera pertinente, ciblée et efficace.

Je vais  recherche moi-même des critères d’atteinte de l’objectif :

  • « Lorsque j’aurais écrit au moins cinquante mails à cinquante personnes différentes »,
  • « Lorsque j’aurais écris un roman sur ce sujet »
  • « Lorsque j’aurais fait le pied de grue pendant au moins trois matinée devant les bureaux de telles personnes »
  • Etc.

Les réponses que nous recherchons sont contextualisées, précises, et à la limite observables par une caméra (sans son, comme pour un film muet).

L’intérêt de bien insister sur cette mise en contexte de la situation désirée est d’une part que le cerveau puisse se projeter plus facilement vers cet objectif, et d’autre part que nous puissions lever dès à présent les objections qui pourraient survenir, et ce sont les deux derniers critères que nous allons aborder.

Vérification écologique

Le quatrième critère de bonne formulation d’un objectif est la vérification écologique. Ce terme qui pourrait paraître un peu barbare dans ce contexte est pourtant très adapté : quel effet aurait la réalisation de cet objectif sur moi, puis sur mon entourage, et enfin en rétroaction de mon entourage, sur moi-même.

Les trois sujets à aborder sont :

  • Les inconvénients de l’état désiré

Il peut y avoir des inconvénients à atteindre cet objectif, et le fait d’avoir précisé et contextualisé l’état désiré m’aide à découvrir ces inconvénients.

Voici quelques questions simples à se poser : quelles conséquences pour moi, pour ma vie, mon métier, mes relations professionnelles ? et quelles conséquences pour mon entourage, ma famille, mes proches ?

  •  Avantages à rester dans l’état présent

De même, il peut y avoir des avantages à rester dans l’état présent, à ne pas changer. Quels sont les avantages à ne pas changer ? Quels sont les effets secondaires de l’état présent qu’un changement pourrait bousculer ?

  •  Pourquoi maintenant

Qu’est-ce qui fait que je n’ai pas encore atteint mon objectif ? Qu’est-ce qui change en ce moment et qui pourrait  m’aider à trouver mes ressources, à balayer les objections historiques ?

Note aux coachs : les vérifications écologiques agissent comme l’axe « protection » du concept des 3P.

Notons qu’il y a une différence entre un problème qui m’empêche d’agir et une objection écologique. Le problème est à étudier et à traiter comme tel. Par exemple une peur (de parler en publique) est un problème, qui pourra être abordé avec un certain nombre d’outils (suivant le cas), mais ce n’est pas une objection écologique.

L’objectif est ressenti

Le cinquième et dernier critère de bonne définition de l’objectif est très spécifique à l’approche de la PNL. Après avoir fait les vérifications écologiques, et après avoir passé du temps à contextualiser l’objectif, de façon positive, alors je peux me projeter, y mettre du « vakog » :

  • Qu’est-ce que je verrais lorsque j’aurais atteint cet objectif ? qu’est-ce que les autres autour de moi verront ?
  • Qu’est-ce que j’entendrais ? par qui ?
  • Que ressentirais-je, quelles seront mes émotions ? Puis-je me projeter dans ces émotions ?
  • Et, si c’est pertinent, y a-t-il des goûts et des odeurs que je peux associer à mon objectif atteint ?

Attention ! Cette dernière étape est la dernière, et elle arrive effectivement après la vérification écologique, qui ne doit surtout pas être négligée. Notre cerveau construit toutes ses expériences à partir de nos cinq sens, et lorsque je projette un objectif en lui donnant corps dans toutes ces dimensions, voire en intensifiant certaines sensations (vision plus lumineuse, sons intensifiés, répétitions des phrases que j’entendrais, etc. – ce que nous faisons en PNL), alors vous prenez le risque de tellement créer, de tellement augmenter votre motivation que vous pourriez sortir en courant de votre bureau pour faire les premiers pas tout de suite vers cet objectif, et en ayant omis un aspect vital de votre actualité … prudence donc !


Note : Pour rédiger cet article je me suis inspiré des cours de PNL de Michel Rolion enseigné via Génération Formation que je tiens à vivement remercier et que je recommande tout aussi vivement.

Qu’est-ce qu’un objectif ?

« Quand on cherche, il arrive facilement que nos yeux ne voient que l’objet de nos recherches ; on ne trouve rien, parce qu’ils sont inaccessibles à autre chose, parce qu’on ne songe toujours qu’à cet objet, parce qu’on s’est fixé un but à atteindre et qu’on est entièrement possédé par ce but. Qui dit chercher dit avoir un but. Mais trouver, c’est être libre, c’est être ouvert à tout, c’est n’avoir aucun but déterminé. »

Hermann Hesse, Siddhartha

Nous étudions dans cet article la notion d’objectif, en tant que but ou finalité, fixé par un sujet (un individu, une équipe, une organisation) qui souhaite l’atteindre ou le réaliser. Nous donnons une définition plus précise de ce qu’est un objectif ci-dessous.

Nous pouvons nous donner des objectifs à long terme, à moyen terme, et à la limite, presque pour le moment présent.

Atteindre un objectif se passe dans la vraie vie. Mais avant de l’atteindre, avant de poser des actes concrets afin d’obtenir ou de réaliser un objectif, il est nécessaire de définir clairement ce qu’est l’objectif.

Le coach peut aider son client à travailler et mettre à jour l’objectif, et nous présentons ici une méthode issue du corpus théorique de la PNL.

Projection mentale

Dans notre expérience humaine toute chose est créée deux fois, tout acte est précédé d’une création mentale et est suivi de l’acte en lui-même que nous pouvons qualifier de création comportementale.

Exemple : Chaque fois que vous cliquez sur votre souris, c’est déjà un deuxième acte.

Avant de cliquer vous aviez envie de le faire. Il y a une création mentale et après il y a une création comportementale, l’acte de cliquer.

Tout acte est précédé d’une projection mentale.

Et la projection mentale contient l’acte, et le résultat attendu. Ainsi, si après un clic, vous attendez un résultat, votre projection mentale vous amène directement au résultat. Et si jamais le résultat n’est pas celui projeté par votre esprit, vous serez certainement (un peu) déstabilisé.

Pour se mettre à un sport, arrêter de fumer, changer d’emploi, changer de fonction, animer une réunion, il y a au préalable un travail préparatoire, et plus la création mentale est détaillée, plus la seconde création dans la vraie vie se fera facilement.

Tout acte est précédé d’une projection mentale plus ou moins détaillée, et l’acte aura d’autant plus de chance de réussir que la préparation préalable aura été détaillée.

Objectif

Est-il nécessaire de rappeler l’importance de se donner des objectifs, que l’on soit une personne responsable, une équipe ou une organisation ?

Rappelons cet aphorisme, si connu, de Sénèque :

Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il veut aller.

Et racontons-nous cette histoire : quelque soit le sens du vent, même si le vent est complètement opposé, alors il y aura une façon de se rendre là où on souhaite aller : en tirant des bords par exemple, on s’approche de l’objectif progressivement, et on y arrive. L’idéal c’est le vent dans le dos, la situation qui semble la pire serait le vent de face… Mais en fait non ! La pire situation est de ne pas savoir où l’on va.

Définition [objectif] :

  • Un résultat qu’un sujet souhaite atteindre et dont il prend personnellement la responsabilité.

Je suis responsable des objectifs que je me donne. Une équipe est responsable des objectifs qu’elle se donne. Une organisation est responsable des objectifs qu’elle se donne.

Objectif et problème

L’un des grands théoriciens de la PNL, Robert Dilts, établi ainsi le lien entre objectif et problème :

« Sans objectif ; pas de problème ! ».

Et il ajoute une phrase provocante, mais résumant clairement son credo :

« Un problème est un objectif mal formulé »

L’ambition de ce credo se situe à un niveau énergétique, non cartésien : l’énergie d’un objectif n’est pas la même que l’énergie d’un problème.

Dans certains cas, il peut être utile de connaitre le problème, il peut être utile que le client soit sérieusement en souffrance sur le problème, car, alors ce problème peut devenir un déclencheur de changement.

Mais il est souvent plus efficace d’être porté par un objectif, de vouloir atteindre quelque chose !

Et l’un n’exclu pas l’autre, il peut être bon en phase exploratoire de connaitre et l’objectif, et le problème.

Le questionnaire de PNL [EP/ED/ECO]

(il s’agit ici d’une introduction simple au questionnaire EP/ED/Eco, je présente ce questionnaire plus en détail dans un  article dédié : Le recueil d’information).

Toute séance de coaching, toute séance de PNL pourrait débuter par un questionnaire EP/ED/ECO. Il s’agit de

  • 5-6 questions sur l’état présent : EP
  • 5-6 questions sur l’état désiré : ED
  • 2-3 questions de vérification écologique

Aussi étrange que cela puisse paraître, lorsqu’un tel questionnaire est bien réalisé, il n’y a parfois pas besoin de rajouter quoi que ce soit (notamment des ressources) : le simple fait de clarifier le contexte, l’EP, l’ED, vérifier l’écologie, suffisent pour enclencher l’action !

Alors que le questionnaire EP/ED/Eco est un outil de diagnostic, il peut agir aussi comme outil d’intervention.

Il est important que le sujet sache ce qu’il souhaite réellement, et ce savoir peut le mettre en « enaction », mais ce n’est pas systématique, et d’autres fois, il faut envisager une formation, organiser un nouveau projet, aller voir des gens, travailler sur une peur, aller chercher des ressources que le sujet avait dans d’autres situations, ou bien aller modéliser quelqu’un ayant la capacité désirée, etc.

Le client devra peut-être accéder à de nombreuses ressources comportementales, physiques, émotionnelles, financières, pour obtenir ce qu’il souhaite.


 

Et pour continuer vers la suite logique du présent article : « De la bonne formulation d’un objectif« .

Bonne lecture !