Faut-il gérer les émotions

Que signifie « gérer ses émotions »

Gérer ses émotions, n’est-ce pas devenu un terme politiquement correct pour dire « Apaiser ses émotions », et en particulier les émotions dites « négatives » ?

Les émotions négatives sont les peurs, les colères, et les tristesses ; émotions que j’ai nommées au pluriel car il y a de nombreux dérivés, couplages, ou intensités décrivant ces diverses émotions (cf. boussole des émotions).

Toutes les personnes que j’ai reçu en formation ou à qui je présente le concept de soft skill gym, avec notamment la capacité à gérer ses propres émotions, toutes espèrent une façon de ne pas affronter ces trois types d’émotion. Comment les éviter, comment éviter leur résurgence, comment vivre seulement en Joie ? …

C’est un constat que nous sommes beaucoup à partager : certaines émotions sont devenues tabous en milieu professionnel, tabous entre amis, et même tabous en famille.

Posez-vous la question : est-il facile pour vous de montrer votre colère au travail, sans passer illico pour un collègue irritable ? Ou bien est-il envisageable de montrer votre détresse, votre extrême tristesse, lors d’une réunion ?

Je me souviens avoir accompagné une personne qui non seulement était triste et pleurait au sujet d’une situation professionnelle, mais qui en plus se culpabilisait et était terrorisée de montrer ses larmes !

C’était une torture auto-infligée ! Et c’est une pratique très répandue.

Accueillir l’émotion

Or, les psychologues nous disent tout l’inverse : une émotion, cela s’accueille, cela se reçoit, cela se considère. L’émotion apporte un cadeau caché, un message, et pour le recevoir, il faut d’abord recevoir l’émotion.

Et si cela fait mal, alors cela fait mal. Car, ne nous mentons pas : accueillir la tristesse, ou la peur, ou la colère, cela n’a rien d’agréable. C’est difficile. C’est douloureux.

Mais c’est la réalité, notre réalité. L’émotion arrive, déclenchée par un client qui dit « non » au téléphone, ou déclenchée par l’heure qui tourne et le projet qui n’en finit plus, et l’émotion est réelle.

Regarder en face cette réalité, est douloureux. Tout comme affronter volontairement un monstre issu de nos cauchemars pourrait nous terroriser ! Mais accueillir l’émotion est le moindre des maux et c’est là tout l’objet de cet article.

Quelles sont les alternatives ?

Le rejet

Quelles sont les alternatives : rejeter l’émotion, l’enfouir, l’ignorer ?

Mais le message est toujours là lui, bien présent ! Ne pas le recevoir ne veut pas dire qu’il n’a jamais existé. Le message émotionnel a été émis, et n’est pas parvenu à son destinataire.

Alors le message émotionnel va devenir autre chose qu’une émotion. Il va s’enfouir dans l’inconscient, il va devenir une blessure ou un traumatisme ; il va éventuellement enrichir un scénario de vie, une sorte de « destinée personnelle », irréfutable, incontrôlable et indémontrable.

Le message trouvera aussi un lieu de stockage dans le corps : un dos plus douloureux, plus voûté ; des yeux fatigués ; une nervosité excessive, ou un maladresse de l’instant ; quelques cheveux qui ne tiennent pas ou des ongles cassants. Et peut-être, à l’extrémité de l’échelle des conséquences, le message émotionnel pourra participer à l’émergence d’une maladie, grave ou non.

Le transfert

Ou bien la transformer en autre chose. Un enfant qui n’obtiens jamais rien par la colère finira par « apprendre » à jouer de se tristesse pour obtenir ce qu’il veut. Alors de fait il se sera programmé pour ne plus jamais montrer, ni ressentir de colère. Cette transformation d’émotion est très courante. Elle s’est jouée durant notre enfance, et elle est souvent inconsciente.

Vous voulez savoir si vous pratiquez ce détournement émotionnel ? Examinez les émotions que vous vivez fréquemment, et cherchez les absents parmi ces quatre émotions de base que sont la colère, la joie, la tristesse et la peur. S’il y a un absent – pour moi c’était la colère – alors cette prise de conscience va vous aider. Car maintenant, appliquez-vous à vivre l’émotion manquante. Recherchez volontairement des situations anxiogène, ou irritante, ou triste. Et observez vos propres réactions. Avec cette pointe magique de la conscience, vous pouvez transformer le plomb en or !

L’accueil simple

Les professionnels nous le disent, l’accueil de l’émotion, au moment où elle parait est la meilleure des alternative. Comment faire ?

Parce que ce n’est pas si simple finalement ! Oser montrer ma colère, ma tristesse ou ma peur. Dans n’importe quel contexte, oser la transparence. C’est chose qui semble impossible, risquée, non professionnelle. Pour recevoir le message, il faut affronter le monstre, il faut le regarder droit dans les yeux sans fléchir.

Comment faire ? Je ne connais qu’une seule recette, et c’est l’amour de soi.

M’aimer moi-même, suffisamment bien, suffisamment, pour regarder avec amour les réactions qui m’habitent, et pour les accepter comme elles viennent.

S’aimer soi-même est la clé de la gestion des émotions.

Lorsque vous vous aimez intégralement, sans condition, sans œillères, vous pouvez accepter et apprécier les émotions qui vous parcourent.

S’aimer chaleureusement, avec bienveillance ; voilà le plan.

Comment s’aimer

C’est un beau sujet n’est-ce pas ?

J’ai déjà partagé dans un article sur la méditation comment la mindfulness m’a éveillé à ce sentiment. Avec la méditation de pleine conscience, j’ai appris à m’écouter, à me supporter pendant des périodes longues, à m’écouter, et finalement à m’aimer comme je suis

La lecture d’Eckhart Tollé m’a également ouvert à cet amour de soi dans l’instant présent. Un amour en conscience, sans plan pour devenir un autre être.

Quelle sera votre recette en particulier ? Je ne sais pas . Mais je sais que vous pouvez vous aimer inconditionnellement, éternellement, avec bienveillance !

Et ne vous gênez pas pour moi …

 

 

Chaque jour est nouveau

Sisyphe, vraiment ?

Avez-vous l’impression que chaque jour se ressemble ? Que chaque jour vous faites les mêmes choses, se réveiller de la même façon, se préparer, aider les enfants, aller travailler, faire les courses, manger, le ménage, le rangement ? Avez-vous cette impression d’être dans un cauchemar de Sisyphe, répétant sans cesse les mêmes gestes, les mêmes actes toujours et encore ?

Vous avez cette impression parfois que tout se répète et que finalement les choses, votre vie, votre carrière, vos projets n’avancent pas vraiment ?

Pensez-vous que la Seine coule toujours de la même façon ? Ou que les nuages soient toujours les mêmes ?

En fait, vous vous êtes piégé vous-mêmes, vous vous leurrez ! Et qui vous leurre ? Votre mental ; ce cerveau si utile pour analyser, synthétiser, créer, imaginer, mémoriser, ce cerveau si magique vous leurre. Comment ? En caricaturant, en simplifiant, en généralisant à outrance ! C’est-à-dire ? Que veux dire ce charabia ? Justement, c’est le sujet de cet article !

Chaque instant

Chaque instant est lui-même différent des précédents.

Chaque respiration que vous prenez est différente des précédentes. Chaque nouveau battement de votre cœur se fait dans des conditions légèrement – subtilement – différentes des battements précédents.

Chaque intonation de chaque mot que vous énoncez est différente des précédentes intonations. Essayez, enregistrez-vous ; et constatez !

Chaque note que vous chantez est légèrement différente des autres, chaque balle ou ballon que vous lancez a une nouvelle trajectoire, chaque course que vous faites se déroule autrement, …

A chaque instant le monde qui vous entoure, réagit d’une nouvelle façon, parfois subtilement parfois grossièrement, mais tout, absolument tout autour de vous change d’instant en instant, en ne revenant jamais exactement au même état. Jamais.

Et à chaque instant les nuages dans le ciel ont une nouvelle configuration unique, à chaque instant la Seine est dans un nouvel état : il suffit de regarder de près, de suffisamment près.

Chaque jour

Chaque jour est différent des précédents et des suivants. Totalement différent ! tout dans chaque journée est différent des précédentes. Le matin vous vous éveillez avec d’autres pensées, un autre état d’esprit, d’autres émotions. Même subtilement, votre état d’esprit est différent. Vos rêves étaient légèrement différents, la chimie et l’état de votre cerveau sont légèrement différents en ce nouveau matin. Et il en est ainsi pour tous les êtres vivants sur terre.

Les événements de votre journée pourraient vous paraître les mêmes si vous les décriviez de façon générale, si vous les caricaturiez à 10 000 pieds d’altitude. Mais en regardant de plus près, en étudiant le détail de chaque événement, en étudiant vos comportements à la loupe, vous pourrez constater que tout, absolument tout est différent. Ne venez pas me dire que chaque jour se ressemble.

Non !!!

La seule chose que se répète dans notre univers, et c’est bien la seule, ce sont les schémas de pensée, les phrases toutes prêtes ressassées sans cesse. Elles se répètent encore et encore, et vous finissez par y croire.

  • « C’est toujours la même chose »
  • « Tous les jours se ressemblent »
  • « Métro – boulot – dodo » (ou toute autre variation)

Abolissez ces schémas de pensée. Sortez de ce piège mental mortel.

Chaque jour est nouveau.

Chaque jour est un jour nouveau, qui jamais n’a été, et jamais plus ne sera.

Chaque endroit où vous allez est légèrement différent chaque jour. Tout change, tout s’use, tout se déplace. Que ce soit au niveau subatomique ou au niveau de notre monde sensible, tout, tout le temps est en mouvement.

Chaque être vivant

Chaque personne que vous allez croiser, que vous la connaissiez ou pas, chaque personne est dans un nouvel état d’esprit, chaque personne est un océan inconnu, dont peut-être vous avez abordé quelques îles.

Vous croyez connaître certaines personnes ? vos amis ? votre famille ? Attention ! C’est le même fonctionnement mental à l’oeuvre : généralisations, caricatures, abstractions … tout ceci vous menant à des opinions que vous ne confrontez plus à la réalité et qui vous leurrent.

N’allez pas croire que si hier les choses se sont passées d’une certaine façon, aujourd’hui il en sera de même. Non : vous n’en savez rien. Seul votre mental vous trompe. Chaque jour le train peut avoir un retard différent, chaque jour vous croisez un nouveau regard bienveillant, chaque jour vous pouvez avoir un nouvel impact sur la société, sur votre travail, sur votre famille. Et chaque jour vous pouvez avoir un nouvel impact, chaque jour différent.

Je ne connais qu’une seule façon d’aborder chaque nouveau jour, chaque nouvelle interaction, chaque nouvel instant, sans me laisser berner par mon mental. Et cette façon est de considérer l’unicité absolue de l’instant, l’unicité de cette interaction, l’unicité de cette journée.

Nous étions le 23 février 2018, il était 16h02, et c’était la dernière fois. J’en suis heureux car j’ai savouré cet instant, je ne l’ai pas rangé dans les innombrables instants perdus, classés et oubliés. J’ai eu conscience de cet instant.

Soyez conscients de vos instants,

soyez conscients de chacune de vos journées,

soyez conscients de votre communication

Restez en vie, restez conscient !

Méditer ou se détendre ?

Méditer pour s’aimer

Depuis plusieurs années maintenant, vous pouvez trouver assez facilement des programmes de découverte de la méditation, des applications pour débuter, des livres pour apprendre chez soi, avec CD ou avec des vidéos en ligne.

J’ai utilisé ces applications, ces méditations en ligne, et ces livres, et c’est par cette voie là que j’ai débuté il y a trois ans. Avec ces aides j’ai appris à me détendre, à observer mes pensées, à rester calme pendant quelques dizaines de minutes. Et c’était déjà fabuleux de commencer à apprécier le fait de simplement passer du temps avec moi-même.

Voici une première question que vous pouvez vous poser :

Aimez-vous passer du temps avec vous-même ?

Je n’aurais pas su vous répondre « oui » il y a cinq ou dix ans. En bon extraverti, j’étais terrorisé d’être seul quelques heures.

Donc oui, j’ai « appris » à aimer passer du temps neutre, seul, juste avec moi-même. C’était assez étrange au début de cette découverte, car j’avais complètement renversé certains de mes jugements : par exemple, avant je détestais perdre du temps de transport pour aller au travail, alors qu’après je me suis mis à aimer ces moments de recueillement pendant lesquels je passais du temps avec moi-même !

J’ai tellement aimé cette expérience que j’ai voulu aller plus loin, j’ai voulu goûter à la méditation traditionnelle : la méditation bouddhiste.

La tradition Vipassana

Et il y a deux ans je me suis inscrit à un cours de 10 jours pour apprendre la méditation Vipassana (Dhamma Mahi). Alors que dans les cours de mindfulness, dans les cours proposés par les applications ou en ligne on vous incite à vous installer confortablement et à vous détendre, alors qu’on vous invite à apaiser vos douleurs, rien de tel dans la tradition Vipassana.

Vipassana signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement. Que vous soyez bien ou mal installé, que vous ayez une douleur ou du bien-être, que vous soyez en colère ou en joie, observez !

Juste observez ! Ne faites rien d’autre qu’observer, sans jugement, sans réaction, simplement en recevant les informations, et en ne les traitant pas.

Le maître mot est l’équanimité : tout traiter de façon neutre sans réaction particulière. Ne pas éviter les douleurs, ne pas rechercher les plaisirs.

Pourquoi ? pourquoi s’infliger une telle torture ou un tel sacrifice ?

Observer et ne rien faire, afin de déprogrammer le réflexe de réaction. En observant vous vous rendez compte par l’expérience que tout passe : les joies comme les peines, les douleurs comme les plaisirs, tout passe, tout est « impernanent ». Et rien dans notre monde n’est permanent. Rien.

Faire l’expérience de l’impermanence

L’ambition de cette pratique est qu’à force de le faire pendant les séances de méditations, vous parviendrez à le faire tout le temps, tous les jours, dans la vie courante.

Le résultat escompté : ne plus « réagir » aux événements, ne plus « réagir » aux émotions, mais au contraire les observer, recevoir les informations et agir (ou pas) en fonction de ce qui sera le mieux. Déprogrammer notre schéma mental de réactivité afin de ne plus vivre dans ces cycles sans fins de plaisirs – douleurs.

Les objectifs finaux de ces deux types de méditation sont opposés :

  • pour l’un c’est la détente, l’apaisement, l’amour de soi
  • pour l’autre c’est le travail avec équanimité pour changer profondément

Et je pratique les deux, car chacune de ces techniques m’apporte quelque chose d’unique. Mais parfois je me demande s’il n’y a pas une opposition cruciale entre les deux objectifs : rester soi et s’aimer, ou bien changer de peau ?

Vous savez quoi ? … Je vous laisse y réfléchir avec moi !

Pourquoi la résistance

Parfois, savez-vous ce que vous devez faire, mais sans y parvenir ?

Parfois, vous arrive-t-il ardemment d’espérer, de rêver ou de prier pour des choses essentielles, mais sans les obtenir ou les atteindre ?  

Commencez-vous parfois à faire des progrès positifs vers vos objectifs, mais ensuite, tout semble s’effondrer ?

Mais pourquoi ?

Nous passons tous par là.

Pourquoi après faire des progrès vers nos objectifs, vers nos rêves, pourquoi tout se retrouve démoli à mi-chemin et il nous faut tout recommencer encore et encore ?

Pourquoi faisons-nous des rêves, vers lesquels nous nous élevons majestueusement, pour ensuite nous écraser au sol ?

Pourquoi dansons-nous sans cesse entre notre moi passé et notre moi futur ?

Pourquoi avons-nous des désirs ? Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi ne pouvons-nous pas atteindre simplement les objectifs que nous voulons atteindre ?

Quelle est la résistance responsable de tout cela ?

Une idée : savez-vous que plus vous poussez un mur et plus il résiste ? Tel est le principe physique de l’action / réaction ? Et se pourrait-il que ce principe s’applique aussi à nos pensées ? à nos désirs ? à nos actions ?

Il est statique votre « Moi » ?

Des aveugles touchant une partie de l'éléphant sont persuadés d'une réalité
Le doute philosophique

Voici une réflexion qui me taraude depuis quelques temps. Est-ce que mon identité, mon « Moi » est une chose statique ? Je vous soumets cette réflexion, car je trouve qu’elle ouvre une perspective formidable.

Le bon rôle

Notre société est composée de normes, de lois, de valeurs communes. Nous enseignons à nos enfants, des matières de bases qu’ils doivent étudier pour avoir leurs diplômes, une sorte de cadre commun à chaque personne de cette société.

Ensuite, après ses écoles, chacun part trouver un travail en fonction de ses études. Et plus vous avez un lourd bagage de diplômes, plus votre carrière est orientée. Nous finissons par devoir nous adapter à un certain mode de vie, à certaines activités, mais nous le faisons avant d’avoir appris à nous connaître nous-mêmes.

Jamais pendant votre parcours dans l’enseignement vous n’avez appris à « lire en vous ». Ce que vous aimez faire, ce qui vous touche, comment vous souhaitez donner un sens à votre vie, jamais ces sujets ne deviennent vos sujets principaux. Peut-être un peu dans la classe de philo, mais vous savez comme moi combien cet enseignement est limité dans le temps et contraint par un programme lourd …

Et, chacun méconnaissant ses aspirations profondes, nous entrons tous dans un rôle qui pourrait très bien ne pas être bon pour nous. J’en arrive à une première question que je vous soumets :

Votre rôle professionnel est-il le bon pour vous ?

Si votre emploi est nocif pour vous, sa nocivité peut provoquer de nombreux symptômes (que je ne développe pas ici, mais pensez à ce que vous observez autour de vous : maladies chroniques, RPS, dépressions, burnouts, sabotages de carrière, etc.).

Rechercher la paix

Si vous avez déjà fait un constat d’inadéquation (même partielle) entre qui vous êtes et votre rôle professionnel, alors vous avez probablement cherché des solutions, et c’est la route que j’ai également emprunté depuis bientôt dix ans.

Les pages d’Amazon comme les étals des libraires regorgent de titres prometteurs, qui vous laissent entrevoir la possibilité d’une sérénité ici, maintenant, et tel que vous êtes. Et ces publications se renouvellent continuellement, car c’est apparemment une manne intarissable que le marché du « bien-être ».

Ces titres sont très intéressants, et ils nous entraînent à une profonde réflexion sur qui nous pensons être, et qui nous souhaitons être. Nos désirs sont observables, et ils peuvent nous torturer – car je ne possède pas ce que je désire – et donc le mot d’ordre que j’y ai découvert est : « apprenons à nous déprogrammer » du désir.

Le désir est une arme à double tranchants : d’une part il est une force motrice, propre à lancer de grands projets et à nous motiver durablement ; et d’autre part le désir est également à l’origine du plus intime des champs de batailles : moi contre moi, qui je suis aujourd’hui, contre qui j’aimerais être. Et c’est une guerre sans fin et sans merci.

S’il n’est pas accompagné d’un plan d’action réaliste, et de ressources pour le réaliser, le désir tourne au rêve, et enfin au cauchemar !

Alors à travers une pratique quotidienne de la méditation, à travers une étude spirituelle de l’ici et maintenant (voir Eckhart Tolle notamment), vous allez apprendre à accepter la réalité présente, et dans cette acceptation vous embrasserez aussi tout ce qui ne vous convient pas. Le plan est d’accepter aussi l’existence de ce qui ne me convient pas, car c’est la réalité – pétrie de faits et d’observations-, afin de faire éventuellement un plan d’action réaliste, basé sur les faits, pour aller vers une future réalité qui me conviendra.

Dans la pratique de la méditation, j’ai trouvé beaucoup de sérénité. Et j’ai aussi pu apprendre à mieux me connaitre : « Qui suis-je ? » est une question récurrente à cette pratique, car j’apprends à m’accepter comme je suis, avec la petite voix qui tourne dans ma tête, avec mes aspirations, avec mon caractère, avec mes ombres, etc.

Avez-vous aussi envisagé de répondre à cette question :

Qui êtes-vous ?

Dans notre société nous avons de nombreux aphorismes nous enjoignant à rester nous-mêmes, à retrouver nos racines. L’authenticité semble être la qualité ultime. Il est donc de bon ton, de bien se connaître, de mieux en mieux, et finalement d’agir en fonction de qui je suis, authentiquement.

La question

Après ce (long) développement, j’en arrive à la question qui me taraudait. Dans la pratique de la méditation, celle du bouddhisme et du zen, vous apprenez l’impermanence, ce mouvement continu des choses, des émotions et des sensations. L’impermanence c’est le changement continu, perpétuel de tout, à tout instant. La physique moléculaire ne nous dit rien d’autre : les particules d’énergie oscillent et voyagent, sans cesse. La médecine ne nous dit rien d’autre : nos cellules se renouvellent en permanence, notre corps est un univers de cycles et de transmission. L’astronomie ne nous dit rien d’autre : l’univers est en perpétuel mouvement, chaque corps céleste oscille, tout se meut.

L’idée de l’impermanence, plaquée sur ma compréhension de qui je suis, m’amène à cette question :

Est-ce que JE est statique ?

Est-il vraiment raisonnable de se dire que tout, absolument tout change dans notre monde, en permanence, tout évolue, mais que, qui nous sommes, notre identité, notre « moi » serait une chose stable dans le temps ? L' »authenticité », les « racines », « qui je suis vraiment », ce sont des idées. Rien de tout cela n’est statique, ces idées mêmes évoluent.

Personnellement je trouve formidable de considérer la possibilité que je sois en mouvement MOI aussi. Mon « moi » n’existe pas statiquement. Il y a bien une idée de « moi », mais cette idée de « moi » est constituée de croyances, d’histoire, de mémoires, d’un contexte, et tout ceci change en permanence. Alors mon « moi » peut changer aussi.

N’est-ce pas une porte qui s’ouvre ?

 

Absences et présence

Je conduis sans y prêter attention, et j’arrive à destination sans m’en être rendu compte,

Je reste perdu dans mes pensées, tout au long de la journée, même lorsque mes enfants me parlent,

Mon cœur bat très fort, mes émotions culminent, la passion ou le dégoût sont là,

Je perd ma concentration, je relis plusieurs fois la même phrase, ou je fais plusieurs fois la même chose,

Je regarde la télé, je mets la radio en fond sonore, je dévore une saison entière d’une série tv,

Je plonge dans un roman d’amour, de sf, ou policier, je m’immerge dans une saga, ou dans tous les écrits d’un auteur,

Je joue à des jeux vidéos, je surfe sur les réseaux sociaux, ou je zap de site en site,

 

Que la passion m’habite,

Ou que le dégoût me repousse,

Qu’une voix intérieure me préoccupe ou une émotion trop forte m’emporte,

Dans tous les cas, je suis absent à moi même, je ne suis pas ICI et pas MAINTENANT

Et je ne suis donc pas vraiment en vie

 

Pour être vivant ?

Je suis dans le présent, exclusivement, avec ce qui m’entoure, et ceux qui m’entourent,

Je reconnais chaque élément de mon entourage, je n’y réagis pas, je ne juge pas,

Je sais apprécier ce qui me fait du bien, je n’y apporte pas d’attachement, mais je l’apprécie,

Je sais supporter ce qui ne me convient pas, je n’en fait pas un rejet, je sais que c’est le présent,

Je ne cherche plus à remplir compulsivement les moments calmes,

J’écoute le silence, sans le perturber

Je regarde la nature, je l’admire telle qu’elle est,

Je regarde les créations humaines aussi, et je les admire telles qu’elles sont,

Je sais prendre du recul temporel, et de la distance,

Quelle est l’importance de ce qui s’agite dans ma vie, si je l’observe de la lune ?

Quelle est l’importance de ce qui s’agite dans ma vie, à la lueur de l’histoire de l’espèce humaine ou de l’histoire du soleil ?

Que restera-t-il de ce monde-ci, de tout ce qui s’y agite, dans plusieurs centaines de milliers d’années ? Le soleil ne éteindra-t-il pas ?

Est-ce important ? La pensée et la parole justes le sont, les actes justes également,

L’élévation est importante

La conscience est importante, la conscience de mon être intérieur, la conscience de nos relations au monde, du lien qui nous unit, nous tous, êtres vivants, sensibles ou non.

Et la conscience n’existe que dans le présent.

Passer sa vie à attendre

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Les gens ne se rendent pas compte qu’ils sont dans un état d’attente permanent

(E. Tolle, Journey into yourself)

Est-ce que cette phrase vous parle comme à moi ? En la lisant et en m’en imprégnant – parce qu’il m’a fallu faire tout cela pour bien la comprendre – je me suis rendu compte que oui, je fais bien parti de ces « gens » là : j’attends. Alors, que vous attendiez Godot (Becket), ou Godeau (Balzac), demandons nous aujourd’hui ce que nous faisons réellement …

Mainstream

Et « les gens » n’attendent pas un seul événement, mais ils attendent (nous attendons) plusieurs choses en parallèle, avec des échéances plus ou moins éloignées. Il y a les attentes pour la journée ou la semaine, les attentes de l’année, et les attentes de la vie, tellement éloignées que presque inaccessibles ou inconcevables.

Ligne de vie

Enfant, en tâche d’attente de fond, nous attendons de grandir. Et en parallèle, nous attendons d’apprendre à lire ou à compter. Nos parents et nos institutrices (je n’ai eu que des femmes à l’école primaire) nous invitent à patienter : « attends d’être grand », « tu apprendras ça plus tard, au collège, au lycée », etc.

Arrivé au collège, et plus tard au lycée, nous nous retrouvons dans une situation contradictoire : nous sommes précisément là où nous attendions tellement d’arriver (sur les injonctions de notre entourage), et en même temps tous les signaux nous indiquent que nous avons encore beaucoup beaucoup à apprendre.

Et ça continue avec le Bac et après le Bac : on vous assène un objectif majeur, et quand vous l’atteignez, vous redevenez un débutant dans votre nouvel environnement, vous allez redevoir apprendre patience et humilité.

Lorsqu’enfin vous sortez, diplôme en poche, de votre dernière étape de formation, vous voici le petit nouveau dans l’entreprise, celui qui ne sait rien encore, et qui va devoir « tout » apprendre, et surtout qui va devoir apprendre la patience, encore.

Pendant toute votre carrière professionnelle, vous serez de même incité à vous projeter et à patienter, jusqu’à cette fin de course qu’est la retraite. Et arrivé à la retraite, vous ne recevrez plus aucun message de la société : on n’attend plus rien de vous !

Illustrons :

Aujourd’hui, quelles sont mes « attentes » ? Quelques idées et quelques exemples :

  • J’attends d’aller mieux ;
  • J’attends que mes enfants aient leurs diplomes, soient autonomes, ou soient établis ;
  • J’attends le weekend, mes prochaines vacances ou mes prochains loisirs ;
  • J’attends l’apaisement, peut-être à la retraite ;
  • J’attends l’aisance financière ;
  • J’attends de me décider, de me lancer, j’attends le bon moment (sans trop le provoquer) ;
  • J’attends des nouvelles de ma famille, de mes amis ;
  • J’attends que le monde aille mieux, que les guerres s’essoufflent et que les réfugiés atteignent la sécurité.

 

Dans d’innombrables domaines de ma vie, privée, professionnelle, publique, sociale ou politique, je me projette, j’anticipe, et j’attends.

Alors ne me comprenez pas de travers, je ne suis pas inactif, non ! loin de là. Simplement, mon état d’esprit permanent est l’attente. Attente que « ça » arrive !

Alternative ?

Ce système sociétale, accompagné de cet ensemble de messages nous apprend à attendre, à patienter et à toujours nous projeter vers un futur qui devrait être meilleur … Mais existe-t-il une autre façon de voir les choses ?

Depuis que je m’intéresse au développement personnel, j’ai croisé la route virtuelle de plusieurs auteurs, guides ou gourous, ayant d’autres messages : “responsabilisez-vous en tout ce qui vous arrive”, “acceptez le monde tel qu’il est dans le moment présent”, “créez le monde que vous voulez voir advenir”, “organisez vos objectifs et faites le premier pas”. Ces autres messages portent tous un nouveau paradigme : ils sont ancrés dans l’acceptation du moment présent tel qu’il est, sans aucune altération ni projection. La réalité réelle est le socle fondateur d’une nouvelle position de vie, que vous pouvez également choisir d’endosser :

  1. Le plus simple est la responsabilisation : je cesse d’attendre et je provoque vraiment le monde que je veux voir advenir (Gandhi revisité).
  2. Le second est plus subtil est infiniment plus efficace : l’acceptation : j’accepte ce qui est dans le moment présent, la richesse de ma vie, de ce qui est là, de ce qui est présent face à moi, est une certitude. Je n’ai rien à attendre, ce qui est donné est présent à moi. (Gautama revisité).

Et pour revisiter mes exemples attentes, voici ce que je choisis maintenant :

  • Je n’attends pas d’aller mieux, j’accepte et j’apprécie mon état actuel, car même malade ou souffrant, je suis vivant, conscient, actif, donc béni !
  • Je n’attends rien des enfants, je profite des moments avec eux, moments de bonheurs, de conflits, de joie, d’amour, car ils sont présents et moi aussi ; et c’est formidable dans ce présent !
  • Je cesse d’attendre un weekend, mes prochaines vacances ou mes prochains loisirs, car ce serait refuser de vivre mon présent ; au contraire je profite de maintenant pour apprécier tout le bonheur de la vie, et je conçois que les vacances sont tout autant des moments de découverte et d’aventure que les petites choses variables de la vie de tous les jours …
  • Je cesse d’attendre l’apaisement ou la retraite, c’est inutile et c’est surtout une façon de vivre une demi-vie. Etre vivant maintenant est bien plus important qu’imaginer être vivant plus tard. « Plus tard » est une notion, un concept qui n’existe pas dans le monde réel. Allez expliquer “plus tard” à un anomal ou à un arbre. Le futur sera également un moment présent, que je pourrais également vivre sereinement, comme je le fais maintenant.
  • Je n’attends pas d’aisance financière, car je peux me contenter de mes conditions de vie actuelle, et je peux même rétrograder de vitesse. En choisissant de vouloir toujours plus, on cesse de vivre sereinement : toujours voir la plus belle voiture, la maison plus grande, le voyage plus loin … cela n’a pas de fin. Au contraire, en me contentant de ce qui m’entoure maintenant, je peux vivre apaisé.
  • Je n’attends plus de me décider, de me lancer, ou le bon moment : soit je me décide, soit je range mon idée car ce n’est pas le moment. En aucun cas, je ne me culpabilise ou je ne me martyrise parce que tel ou tel projet n’est pas lancé, ou parce que tel ou tel dossier n’est pas réglé. Les faits sont là, je choisis de les considérer et de les accepter, et les projets / dossiers qui ne sont pas achevés, sont dans l’état qui est juste, pour le moment présent.
  • Je n’attends pas des nouvelles de qui que ce soit : je pense à mes proches dans le moment présent, je pense à la connexion qui nous relie, et si je le souhaite, je peux lancer quelques appels par tous ces moyens de communication modernes qui me sont offerts
  • Je n’attends plus que le monde aille mieux, que les guerres s’essoufflent et que les réfugiés atteignent la sécurité : je constate objectivement l’état du monde, et j’agis en mon âme et conscience suivant ce que je veux et peux faire.

Est-ce que ces exemples et contre-exemples vous touchent ? N’hésitez pas à partager les vôtres, et vos idées …

Bien à vous

 

Réflexions sur notre matière

rainNotre essence est complexe, tellement complexe ! il y a notre incarnation, notre chair, notre corps ; nourrie des atomes et des molécules complexes de notre espace vital, construite à partir des plans de notre ADN, héritage de millions d’années d’évolution, organisée en membres, en organes, en tissus, en muscles, en hormones, en os, etc.

Et notre incarnation est cyclique : battements du cœur, respiration, rythmes de repos, rythmes du cerveau, rythmes hormonaux, etc.

Voyage atomique

Si vous naissez à Manille, à Paris ou ailleurs, vous boirez, vous mangerez, vous digérerez les aliments constitués de sources à peu près locales. Vous respirerez un air et des odeurs, constitués de molécules locales. Vos cellules vont se construire à partir des ingrédients que vous allez consommer. Et ce sera vrai et universel, durant toute votre vie : toute votre vie vous alimenterez votre corps avec de la matière (solide, liquide, gazeuse) ayant une origine « locale », c’est-à-dire proche de l’endroit où vous êtes.

Avec la mondialisation, il y a des chances qu’une partie de vos aliments proviennent de sources lointaines. Et si vous êtes un globe-trotter, c’est même une certitude. Aucun professeur de physique ou de chimie n’a jamais suggéré qu’un atome d’hydrogène ou d’oxygène provenant de Chine soit différent de son cousin provenant du Pérou. Il y a des chances que ces deux atomes aient été constitués lors du Big Bang, alors vous me direz qu’ils ont déjà bien voyagé avant d’atterrir dans l’eau de votre verre !

Mémoire moléculaire

Qu’en est-il des molécules simples comme l’eau justement ? Bien sûr la mémoire de l’eau est devenu un sujet controversé : la « mémoire de l’eau ». Car les expériences montrant cette mémoire n’ont pas été reproduites correctement. Ok, admettons qu’elles ne soient pas reproductibles. Scientifiquement, cela signifie seulement qu’on ne sait rien. On ne peut ni réfuter, ni approuver cette théorie. Tout rejeter en bloc et en faire une sorte de scandale du ridicule (comme ce fut le cas en 1988) me fait surtout penser à une chasse aux sorcières … il y avait du dogme bafoué derrière ces réactions excessives. Il y a quelques années, les scientifiques eux-mêmes ont fait un petit pas dans la réhabilitation de la stature scientifique de Jacques Benveniste, par la voix du célèbre Dr Montagnier.

Qu’en est-il des molécules complexes ? parce que, la molécule d’eau … est simple mais déjà compliquée, alors que penser des molécules complexes entrant dans la composition des organismes vivants ? Ces organismes qui rythment notre vie, tant pour notre alimentation que pour nos médicaments.Delta-tris(oxalato)ferrate(III)-3D-balls

La théorie moléculaire de la matière est utile, pour faire de la chimie, pour prédire certains résultats, pour fonder une industrie des procédés, etc. …  mais cette théorie explique-t-elle tout ? Il n’y a aucune raison de penser que le modèle moléculaire de la matière soit totalement exhaustif quant à la prédiction des propriétés réelles de la matière. Penser tout savoir de la matière à partir d’un modèle théorique serait ridicule. Cela couperait même toute possibilité à la recherche scientifique de continuer ses trouvailles …

Civilisation moléculaire

Alors qu’aujourd’hui les scientifiques commencent à utiliser le niveau moléculaire de la matière pour stocker des informations, je m’interroge sur (tout) le reste, que nous ne connaissons pas encore, car pas encore modélisé, pas encore observé systématiquement, et donc hors du champ scientifique ; je m’interroge donc : quel est l’influence sur moi de l’histoire des molécules qui constituent mes cellules, mes organes et finalement mon corps ? Et lorsque j’utilise le mot « histoire », ce que je comprends est plutôt, la suite des événements de la vie des molécules sur leur état interne. Réciproquement, quelle est l’influence de mes rythmes de vie sur mes cellules, et sur les molécules qui les composent ?

Je ne propose pas un nouveau dogme, ni une mystique ésotérique, non ! je nous invite simplement, par cette simple question à garder l’esprit ouvert sur les influences de notre vie, de nos choix, de notre civilisation industrielle sur l’infiniment petit qui nous compose. Nous savons maintenant qu’il y a une influence très nette de notre civilisation sur l’écologie de la planète. Mais nous ne savons pas tout.

***

Finissons sur une note amusante : en écrivant cet article, je n’avais aucun souci pour écrire « mon corps », ni pour écrire « mes os », ou « mon sang ». En zoomant vers l’infiniment petit, « mes cellules » ou « mon ADN » ne me posaient pas plus de problème. Par contre, je ne parviens pas à écrire, ni à dire, « mes molécules », ni « mes atomes » ; la seule expression qui me paraissait acceptable était « les molécules ou atomes qui me composent ». Signifiant non ?

Vérité, honnêteté et transparence

Histoires fausses

Ce que nous entendons, ce que nous disons est souvent une déformation de la réalité. Si ce n’est pas faux, ce n’est pas tout à fait vrai pour autant.

Cependant, lorsque je déforme la réalité, c’est un mensonge. Qu’il soit voulu, ou non.4989

Et si je le fais, c’est pour masquer quelque chose au regard des autres, ou à mon propre regard. Pour rester cohérent, il va m’être nécessaire de continuer à servir le même mensonge aux mêmes personnes, ce qui va nécessiter de ma part un exercice de mémoire constant, sur la durée …

Pour complexifier la situation, si je relate des histoires différentes à des publics différents, alors il faudra maintenir ces différents mensonges à ces différents publics ; il faudra les maintenir dans le temps, faire vivre les mensonges, les faire évoluer. Mon travail de mémoire va devenir gigantesque de complexité !

Les catastrophes potentielles sont multiples : j’oublie le mensonge que je servais habituellement, je m’oublie. Mon public va se poser des questions, ou découvrir un indice que quelque chose n’est pas juste. Autre potentielle catastrophe, plusieurs personnes ayant eu des versions différentes se rencontrent et croisent leurs versions…

Ces éclats potentiels sont le ressort de nombre de vaudevilles, pour le plus grand plaisir des amateurs de comédies que nous sommes.

Mais lorsque cette comédie est notre vie, alors la pente de la tragédie est proche : risques psychologiques, fatigue émotionnelle, burn-out, perte de confiance, etc. sont quelques exemples de ce qui nous attend en déformant trop et trop souvent la réalité.

A la recherche de la vérité

Je voudrais aborder aujourd’hui une attitude délicate, qui ne devrait pas l’être, qui est celle de l’honnêteté ; la position de dire la vérité. (qui est ma vérité telle que je la perçois).

Si vous êtes comme moi, votre éducation & votre enseignement, vous ont conduit à rechercher la vérité, à ne pas mentir, à vouloir toujours obtenir ce qui est vrai. Et si vous ne le faites pas, vous vous sentez coupable de quelque chose. Cette culpabilité est bien ancrée dans votre inconscient, et vous ne la voyez peut-être même plus.

Mais pourquoi mentir si nous risquons le burn-out, et si on nous a inculqué à préférer la vérité ?

Pourquoi ? Parce que nos vies complexes, effrénées, contradictoires nous laissent parfois peu de temps pour choisir les meilleures options à long terme. Pour être tranquille, une maman va embobiner ses enfants, pour être tranquille un patron d’entreprise va déformer les faits auprès de ses employés, pour être lu un journaliste va déformer les traits de son histoire … Ces choix sont des options à court terme, qui répondent à l’immédiateté d’une situation, mais qui vont décrédibiliser (et faire perdre confiance) à long terme.

Et la transparence ?

Le concept de transparence, employé dans un contexte professionnel signifie donner une visibilité à ses collaborateurs sur tout ce qui peut les intéresser. Cette visibilité « transparente » peut amener à partager les informations salariales, les raisons des choix stratégiques, les causes réelles de certaines réorganisations, etc.

Histoire vécue :

Lors d’une de mes missions, j’ai été témoin du conflit entre un manager et son directeur, dans un service support. Le manager, de génération Y, fortement inspiré de l’esprit « milléniums », souhaitait laisser voir aux directions clientes que certains budgets alloués pour certains projets n’étaient pas suffisants compte-tenu des opérations à mener. Son objectif était d’obtenir un quitus sur le droit à l’erreur de ses équipes, droit à l’erreur qui concernait une mauvaise estimation de charge initiale. Bien évidemment, annoncer un déficit budgétaire n’est pas chose aisée, et les remous provoqués peuvent causer quelques désagréments de carrières … C’est pour conserver l’équilibre existant que le directeur préférait faire « comme d’habitude », à savoir prendre du budget d’autres projets et les déverser dans le projet déficitaire, afin de sauver les apparences, et quitte à mettre en péril d’autres opérations moins visibles. Le conflit ne trouva pas de bonne résolution puisque le manager ne fut pas écouté, et fut même contraint de porter le mensonge.

 Ce type de comportement en entreprise est quotidien, permanent, câblé en dur !

Vers la vérité !

Il existe très peu de contextes professionnels dans lesquels il serait possible de dire la vérité en toute transparence. Je connais au moins deux modèles de comportement qui préconisent l’honnêteté comme résolution de la plupart des conflits personnels et interpersonnels : la CNV, et l’élément humain.

Dans ces deux modèles, il est montré comment la recherche de la vérité pour soi, et pour le groupe, de la vérité à dire, de la vérité à entendre, est un gage de succès pour nos relations (professionnelles et personnelles), sans même laisser poindre l’écueil du jugement moral.

Parler vrai, parler avec sa vérité est un moyen de s’alléger l’esprit : je n’ai pas besoin de me souvenir de ce que j’ai dit à qui, puisque je propose ma vérité à tout instant.

Dire la vérité avec honnêteté ne peut se faire que dans un contexte où entendre les vérités est concevable. Trop souvent, les rapports sociaux et les rapports professionnels sont cadrés d’une façon qui ne laisse pas place à la vérité. Pour reprendre l’histoire que je relatais ci-dessus, la direction de cette entreprise n’était pas prête à entendre que les estimations sont fausses, elle n’était pas prête à concéder le droit à l’erreur à ses employés … en tout cas, c’est ce que le directeur pensait.

Et vous ? seriez-vous prêts à dire la vérité ?

Et surtout seriez vous prêt à entendre les vérités des autres ?

Le monde serait bien différent, n’est-ce pas ?


Bibliographie

Quelques titres à creuser sur les différents aspects soulevés dans cet article :

  • « Cessez d’être gentil soyez vrai ! » – Thomas d’Ansembourg  ; lien Amazon
  • « L’élément humain : Comprendre le lien estime de soi, confiance et performance« , – Will Schutz ; lien Amazon
  • « Managez votre tribu » – Dave Logan , John King, Halee Fischer-Wright ; lien Amazon

Programmer son cerveau ?

Imaginez que quelqu’un ait le pouvoir de programmer son cerveau. Imaginez même qu’il ait le pouvoir de programmer votre cerveau, celui de vos parents, celui de vos enfants, celui de votre compagne/compagnon … L’idée serait tout à la fois envoûtante et terrifiante. Envoûtante, car bien sûr la vie pourrait devenir plus douce, plus joyeuse, et franchement passionnante en libérant tous nos freins, nos peurs, nos colères malvenues, nos peines trop intenses. Mais le pire est la face cachée de ce pouvoir : prendre le contrôle de soi, passe encore, mais prendre le contrôle d’autrui, agir sur ses pensées, sur ses émotions, et sur ses actions ? brrr, rien que d’y penser, de l’écrire, j’en ai froid dans le dos !

Il n’empêche, voici le terrain de prédilection de la PNL, et de grands coachs comme Tony Robbins, qui fonde toute sa pratique sur les préceptes de base de la PNL : reprogrammer son propre cerveau, comprendre les mécanismes émotionnels qui président à nos décisions, et agir sur ces émotions en les remplaçant par d’autres que nous choisissons.

A travers la prière ou la méditation, nous pouvons depuis longtemps apaiser nos émotions trop intenses. Mais que diriez-vous d’un système qui peut même vous aider à ouvrir autrement les portes, à répondre autrement au téléphone, à aborder autrement les inconnus dans les lieux où vous n’êtes pas à votre aise, à mieux parler en public, à savoir demander une augmentation, etc. ? Laissez courir votre imagination, tout ce qui est humainement possible vous est possible à vous aussi, et c’est le fond de commerce de toute l’industrie du Life Coaching.

HexbrainLa PNL, ou Programmation Neuro Linguistique, est précisément le rêve de cet art-science là. Programmer son cerveau, « Se programmer », comme on programme un ordinateur, en utilisant le langage machine de notre cerveau : nos 5 sens d’une part (dont le langage qui est un dérivé structuré de l’audition) qui fondent la structure même de nos pensées, et les états émotionnels d’autre part qui président à toutes nos prises de décision, à notre persévérance, à notre motivation, à notre énergie.

Pour la PNL, nos émotions sont la source de notre puissance, elles nous engluent dans une incapacité totale de mouvement, ou bien elles nous transportent au-delà des plus hautes montagnes !

Pour accéder à ces émotions, nous avons un langage spécifique, qui est le langage de notre représentation du monde : le « vakog » (pour lire à ce sujet : vakog), composé de :

  • les images vues ou imaginées, les scènes de notre vie, mémorisées, transformées avec le temps, les images marquantes, tout ce qui est « visuel »,
  • les sons entendus ou imaginés, les mots, les phrases qui structurent notre pensée, les livres lus, les maximes, les mots qui ont jalonné notre vie,
  • les sensations physiques, les douleurs, les plaisirs physiques, l’intime, les caresses,
  • et les lettres plus rarement utilisées de cet alphabet : les odeurs, et les goûts, qui peuvent être sur-développés chez certains d’entre nous.

Et pour reprogrammer, étape par étape, la PNL nous propose un outil de base appelé « ancrage ». Il consiste à associer artificiellement une sensation à une émotion, comme dans le cas de la madeleine de Proust, ou comme dans le cas de l’expérience des chiens de Pavlov. Muni de cet outil presque magique, nous avons la capacité de rejouer certaines situations clés de notre vie, et de les reprogrammer avec une nouvelle émotion, qui manquait, et qui est apportée par l’ancre.

Dit comme cela, l’outil fait un peu baguette de magicien, un peu apprenti sorcier. C’est exact mais ça marche, et c’est précisément cela qui en est le principal risque. La PNL peut être utilisée pour manipuler, pour vendre une cuisine ou une secte, elle peut être utilisée pour séduire, pour soumettre. (« … et dans les ténèbres les lier !« ) Alors pour éviter ces écarts, les praticiens ont une éthique, qu’ils s’engagent à suivre. Mais tous les praticiens le font-ils ? Les nouvelles méthodes de marketing, comme les nouvelles méthodes de remotivation ne sont-elles pas aux limites de cette déontologie de la manipulation ? Car lorsque vous ne vous sentez pas adapté à votre poste, si c’est vous qu’on va adapter au poste, en vous rendant plus « flexible », est-ce que vous n’êtes pas déjà passé dans un monde d’ultime auto-soumission ? Plus sur cela dans un prochain article …

Je reviendrais également sur le parallèle entre programmation informatique et PNL, car je trouve ces idées très éclairantes ; stay tuned !