Soft skills – qualités humaines

bubblesIl y a deux ans, j’avais donné un nouveau titre à mon site – « Soft-skilling for experts » – lorsque j’ai compris ce que les anglo-saxons mettaient derrière le terme soft skills. Mon orientation étant d’accompagner les experts dans la croissance de leur Soft skills.

Les « Soft Skills » sont les compétences humaines et relationnelles que nous utilisons tous les jours, autant en entreprise que dans la sphère personnelle. En fait nous pourrions utiliser les termes de talents, de qualités, de compétences relationnelles pour traduire ce concept. Leurs opposés sont les « Hard Skills » qui représentent les compétences techniques, opérationnelles que nous apprenons en formation initiale ou continue.

Je republie dans cet article une liste de ces qualités humaines, qui me parait être une excellente base de réflexion pour progresser sur soi et dans sa propre carrière. Et je vous propose d’essayer de vous noter sur chacun de ces axes.

 

Qualités personnelles, de gestion de soi ou par rapport aux autres, de ses émotions et de ses réactions :

  1.  Etat d’esprit positif : vous vivez toute situation comme une occasion de progresser, et notamment en cas de difficultés importantes, vous appréhendez le verre à moitié vide comme une occasion de le remplir. Face aux autres, vous concentrez vos efforts de communication sur vous-même plutôt que sur eux.
  2. Conscience personnelle : vous connaissez vos peurs, vos colères, ce qui vous motive, ce qui vous gêne, ce qui vous inspire, et ce qui vous fait rêver. Vous êtes capable de vous observer en situation de crise, et vous comprenez ce qui guide vos actions.
  3. Gestion des émotions : vous êtes capable de gérer vos émotions, surtout les émotions considérées comme négatives au travail : la colère, la peur, la frustration, l’embarras, etc. Ainsi vous savez conserver votre objectivité de jugement, et vous continuez à agir rationnellement.
  4. Confiance en soi : vous croyez en vous-même, et en votre capacité à agir. Vous savez que vous avez toutes les ressources pour accomplir ce que vous désirez.
  5. Gestion du stress : vous êtes capable de rester calme et compétent même dans une situation de crise. Vous savez comment réduire votre niveau de stress, et comment préserver votre productivité. Vous connaissez le lien entre votre capacité de contrôle du stress et votre santé physique et mentale.
  6. Résilience : vous êtes capable de rebondir après un échec, ou après avoir été injustement écarté, et vous continuez à utiliser chaque expérience comme un tremplin.
  7. Capacité de pardon : Vous êtes capable de vous pardonner un échec, de pardonner ceux qui vous ont lésé, et vous pouvez continuer sans aucun poids émotionnel ou mental. En libérant votre esprit des poids du passé, vous pouvez pleinement vous projeter dans vos buts à moyen et long terme.
  8. Persévérance : En dépit des difficultés, des échecs, ou des oppositions, vous êtes capable de maintenir un niveau d’énergie et d’engagement suffisant pour apprendre et faire tout ce qui est nécessaire pour atteindre votre objectif de carrière.
  9. Patience : vous êtes capable de prendre du recul dans une situation de crise, afin de penser sereinement aux actions à entreprendre pour atteindre vos objectifs à longs termes.
  10. Perceptivité sensorielle : vous savez être attentif aux non-dits et aux nuances, afin de comprendre ce que disent et font les personnes de votre entourage. Nous sommes souvent trop occupés à faire attention à nous-mêmes et à ce que nous disons, ce qui nous empêche de percevoir les intentions des autres. En comprenant les intentions des autres, vous savez pourquoi ils agissent, et votre relationnel en est facilité.

Qualités relationnelles conventionnelles, que l’on trouve généralement dans toute fiche de poste :

  1. Communication : Vous savez être attentif aux non-dits et aux nuances, afin de comprendre ce que disent et font les personnes de votre entourage. Nous sommes souvent trop occupés à faire attention à nous-mêmes et à ce que nous disons, ce qui nous empêche de percevoir les intentions des autres. En comprenant les intentions des autres, vous savez pourquoi ils agissent, et votre relationnel en est facilité.
  2. Travail en équipe : Vous êtes capable de travailler efficacement en équipe avec d’autres personnes ayant d’autres compétences, d’autres personnalités, d’autres méthodes de travail, et d’autres niveaux de motivation.
  3. Relationnel : Vous savez créer la confiance, les points communs, l’empathie et finalement de bonnes relations avec vos collègues et votre réseau.
  4. Représentation : Vous savez présenter vos idées et votre travail de façon à captiver votre auditoire, à le faire réagir, et à l’entrainer à agir en fonction de votre stratégie. (forme de « communication »).
  5. Gestion de réunion : vous savez diriger une réunion de façon à atteindre un objectif productif.
  6. Facilitation : vous savez coordonner et solliciter un groupe représentatif d’opinion disparates afin d’obtenir une solution commune.
  7. Vente : vous savez construire un argumentaire de vente d’une idée, d’une décision, d’une action d’un produit ou d’un service.
  8. Management : Vous savez créer une équipe motivée et très performante avec des personnes d’horizons, de personnalités, de compétences, et de méthodes de travail variés.
  9. Leadership : Vous savez définir et communiquer une vision et des idées qui inspirent les autres, et les poussent à s’engager et à s’impliquer.
  10. Mentor : Vous savez apporter du feedback, de la sagesse, un guide, qui peut aider les autres à mieux se développer.

Qualités relationnelles “tribales” :

Ensemble de qualités qui n’apparaissent pas dans les fiches de poste, mais qui sont pourtant essentielles à la réussite de sa carrière.

  1. Gestion hiérarchique : Vous savez comment gérer proactivement les attentes de votre hiérarchie, ainsi que la perception de vos performances.
  2. Promotion personnelle : Vous savez promouvoir de façon subtile vos compétences et vos résultats auprès de personnes influentes de votre organisation.
  3. Gestion des personnalités difficiles : vous parvenez à effectuer le travail nécessaire même lorsque vous devez le faire avec une personne que vous trouvez « difficile ».
  4. Gestion des situations inattendues : vous gardez votre calme et votre efficacité même lorsque vous êtes confronté à une situation difficile ou inattendue.
  5. Aisance politique : Vous comprenez et vous savez appréhender les différentes nuances des dynamiques relationnelles au bureau, afin de vous en protéger et mieux encore, de réussir votre carrière.
  6. Influence et persuasion : Vous savez influencer les réflexions et les prises de décision des autres, tout en les laissant croire qu’ils ont décidé par eux-mêmes.
  7. Négociation : Vous comprenez les motivations adverses, et vous savez trouver un levier afin d’aboutir une résolution profitable satisfaisant toutes les parties, et afin de garder le contact pour les prochaines interactions.
  8. Gestion de réseau : vous savez être intéressant et intéressé dans les conversations professionnelles qui motivent les autres. Plus votre réseau est grand et solide, et plus facilement vous parvenez à atteindre vos objectifs.

Origine de cette liste

Ne trouvant que peu de choses en français (en 2014), j’ai basculé en recherche anglophone et j’ai trouvé : un bref article wikipedia, et quelques références, dont le site de Lei Han, qui semble orienter toute sa démarche de career coach au travers de l’amélioration des soft skills : exactement le sens que je donne aux termes « soft skilling ». Ma recherche de définition explicite n’était pas achevée pour autant, car la liste de Lei Han est anglophone, et surtout elle est de culture anglo-saxone. Dans mon enveloppe culturelle française, ces soft skills ne sont pas tous adéquats, et il me fallait donc une traduction couplée à une adaptation. Je m’étais ainsi autorisé à une traduction libre de la liste anglophone d’origine, en laissant mon esprit français prendre les libertés nécessaires.

Conclusion

Pour encore mieux illustrer l’opposition entre Soft Skills et compétences, j’aime la présenter ainsi :

Là où les compétences s’apprennent, les Soft Skills se cultivent

Ce que signifie cette phrase ? à mon sens les Soft Skills ne s’apprennent pas sur les bancs d’une école, mais à coté des bancs : dans les couloirs, dans la rue, chez soi ; et pour les faire progresser, il est nécessaire d’entreprendre un travail personnel d’évolution, qui peut se nommer « Travail sur Soi », « Changement », « Développement personnel », « Psychothérapie », « Eveil ».

Liens

 

 

 

PNL et philosophie – d’où viennent la carte et le territoire ?

Je fais suite ici à l’article « La réalité du monde et notre perception en PNL » dans lequel je présentais la façon analytique (et relativement simple) dont la PNL distingue la réalité perçue par le sujet d’un réel objectivable hypothétique, et je propose quelques pistes de lecture pour creuser ces sujets passionnants.

Pour aller plus loin vous pouvez choisir l’axe philosophique, qui est celui que j’avais emprunté à 25 ans, et c’est un chemin qui vous conduira à comprendre les grands jalonneurs d’hier et d’aujourd’hui :

  • Emmanuel Kant, dans la critique de la raison pure, vous mènera sur la voie d’ukantn certain scepticisme (à la Hume) et de la distinction entre dogmes et faits empiriques. Je suis conscient que la « critique » peut être difficile à aborder, car Kant y redéfini tout un attirail linguistique (et jargonneux), mais il ne pouvait pas faire autrement, et le résultat est tellement réussi, que sa philosophie bouleverse toujours notre monde du XXIème siècle.
  • Arthur Schopenhauer, dans Le monde comme volonté et comme représentation, fortement sous l’influence et dans la continuité de Kant, pose les fondements de notre conception actuelle du monde et de notre responsabilité dans sa représentation. Cet ouvrage et cette philosophie sont pour moi les racines de la conception PNListe de notre système perceptuel.
  • Irvin Yalom, dans Thérapies Existentielles chemine avec brio et une grande culture littéraire sur les voies de la notion de responsabilité personnelle dans ma représentation du monde, et dans mes prises de décisions. Cet ouvrage, et notamment le chapitre 6 sur la responsabilité ouvre de nouvelles voies à intégrer avec la théorie sous-jacente à la PNL, et je pense que c’en est une extension indispensable.

Une pensée purement purgée de tout raisonnement a priori serait difficile à suivre. Et, atteindre ce mode de pensée là peut également être destructeur, comme une prise de conscience majeure de la nature de l’existence …

Prudemment aujourd’hui, j’ai expérimenté, avec ma pratique en PNL qu’il est des croyances, nombreuses, que je peux détecter chez autrui (il est plus facile de détecter les croyances des autres…) qui sont utiles et qu’il faut laisser en place. Il est très destructeur de mettre en doute tout ce qui n’est pas expérimenté. Nous verrons lors de la présentation du recadrage, et lors de la présentation du méta modèle que certains outils doivent être utilisés avec parcimonie.

Je termine en citant Jean-Paul Sartre dans la nausée, et qui décrit cette prise de conscience (pardon pour les coupures) :

La racine du marronnier s’enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c’était une racine. Les mots s’étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d’emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J’étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j’ai eu cette illumination. 
Ça m’a coupé le souffle. Jamais, avant ces derniers jours, je n’avais pressenti ce que voulait dire « exister ». (…)
Et puis voilà : tout d’un coup c’était là, c’était clair comme le jour : l’existence s’était soudain dévoilée. Elle avait perdu son allure inoffensive de catégorie abstraite : c’était la pâte même des choses, cette racine était pétrie dans l’existence.(…)

J’avais beau me répéter : « c’est une racine », ça ne prenait plus.

Roots