De la bonne formulation d’un objectif

Quels sont les différents critères pour qu’un objectif soit bien formulé, et surtout pour que cet objectif puisse motivant et atteignable ?

  1. L’objectif est bien sous mon contrôle
  2. L’objectif est formulé de façon positive
  3. L’objectif est précis, mesurable (cf. par ex. objectifs SMART)
  4. L’objectif ne va pas à l’encontre de ma réalité
  5. L’objectif peut être ressenti (par moi)

Détaillons …

L’objectif est sous mon contrôle

Le premier critère, le plus important, est qu’un objectif soit sous mon contrôle, soit de mon ressort.

Mon objectif ne peut pas être que « mon collègue range son bureau », que « mon patron change de look », ou que « mes collaborateurs fassent moins de pauses ».

Si mon objectif est de ce type, cela ne veut pas dire que je dois l’oublier et me résigner à mon sort, mais plutôt, qu’il faut le reformuler de sorte qu’il devienne de mon ressort.

Ainsi, mon objectif peut devenir de tellement bien communiquer avec mon collègue qu’il choisisse de ranger son bureau, de tellement bien assainir mon regard sur mon patron, que son look, quel qu’il soit ne soit plus un problème pour moi (et du coup je pourrais même lui en parler sereinement), de tellement faire évoluer mon équipe en efficacité et en motivation, ainsi que mon regard de manager, que les pauses ou les horaires de mes collaborateurs ne me soient plus un problème.

Et dans tous les cas, je reviens à une formulation qui est de mon ressort. Je me réapproprie la responsabilité (voir à ce sujet Se responsabiliser).

Mon cerveau est orienté sur « bien communiquer », « assainir mon regard », ou « me rassurer sur mes collaborateurs, les mettre dans les bonnes conditions », et cela n’a plus rien à voir avec « il faut que mon collègue, mon patron, mon équipe fasse ceci ou cela… ».

Et si quelqu’un vient m’apporter comme objectif que « untel fasse ceci ou cela … » stop ! Je ne collabore pas, allez voir quelqu’un d’autre !  Je ne peux vous aider qu’à obtenir quelque chose que vous pouvez contrôler, et qui est de votre ressort.

J’aime beaucoup la façon dont Gérard Jugnot reçoit de tels patients dans le film « Oui, Mais … » :

Vouloir qu’un tiers fasse quelque chose cela s’apparente plus à un souhait, un rêve, et je ne suis pas le génie de la lampe … (vous appréciez le clin d’œil ?!)

Par contre, en tant que [coach], ma position est la suivante : je suis très fort pour aider les clients à atteindre leurs objectifs, et je peux les aider, mais cela leur demande la rigueur de rentrer dans ce cadre.

Dans certaines situations, il est évident que l’objectif exprimé est sous mon contrôle, par exemple si je veux boire moins de cafés, retrouver ma motivation, changer de métier, ce sera principalement sous mon contrôle, c’est une bonne formulation.

Par contre, « se faire embaucher par telle entreprise », « gagner tel marché », ne sont pas les bons objectifs, car il ne sont pas sous mon contrôle. « Faire le maximum pour me faire embaucher … » est un objectif acceptable, si le maximum est bien définissable.

Le résultat est un but de l’objectif atteint, mais il n’est pas systématique.

Prenons un exemple issu de l’univers du sport : je veux gagner le marathon ! Si je cours seul, c’est un objectif correct ! Sinon, ce n’est pas un objectif, car être sur la première marche du podium dépend aussi des autres coureurs.

Donc, si je veux concourir au marathon (de Paris, New York, ou du Mont St Michel …), un objectif bien formulé devra ne dépendre que de moi, et cet objectif pourra être par exemple « courir le marathon en moins de 4h ». Et si ce jour-là, je cours en 3h59 alors j’aurais gagné, même si le podium n’est pas pour moi : j’ai gagné, car j’ai atteint mon objectif !

Ou si mon objectif est d’avoir fait le maximum pour être en pleine possession de mes moyens le jour de la course, alors, avant la course, la victoire est déjà acquise, l’objectif est déjà atteint !

L’objectif est exprimé positivement

Le second critère est la façon dont l’objectif est exprimé : il doit être exprimé de façon positive.

« Positif » ne signifie pas bien ou mal, mais exprimé par une phrase sans négation : « je veux ceci, ou cela », au lieu de « je ne veux plus ceci ni cela ». L’objectif doit se trouver dans la continuité de la projection mentale de sa première création, et comme métaphore, je vous propose celle du tireur à l’arc : la cible est au bout de sa flèche (et de sa trajectoire). Il ne serait pas très efficace pour le tireur de viser en regardant autre chose que sa cible…

Dans le domaine thérapeutique, « Je veux arrêter de fumer », est une expression de ce que je ne veux plus, et ce n’est donc pas une formulation positive.

Je dois parvenir à exprimer ce que je souhaite.

Pourquoi ? Parce que nos processus mentaux ne comprennent pas bien la négation, et nos projections mentales se font indépendamment des négations. Que je pense à une chose ou que je pense à son contraire, j’y pense…

Testez-vous, amusez-vous :

Dans la rue, vous voyez un obstacle, par exemple un poteau, pensez-y, regardez-le bien, concentrez vous sur l’objectif à éviter, prévoyez de l’éviter, concentrez-vous réellement sur l’obstacle pour pouvoir l’éviter.

Et constatez, en passant, que toute votre trajectoire est fortement influencée par le poteau, vous risquez même de rentrer dans le poteau, en voulant tellement l’éviter ! Et ça va vous arriver certainement si vous recevez un appel téléphonique en passant à coté. Alors que si vous n’y aviez pas pensé, le poteau ne serait pas dans votre carte mentale, ni dans votre réalité, et vous l’auriez évité sans y penser !

Et pour arrêter de fumer les gens font précisément cela, se concentrer sur l’obstacle : « je ne veux plus fumer, je ne veux plus fumer », etc.

Alors le cerveau projette quoi sur votre écran mental ? Un paquet de cigarette en arrière-plan de tout. En permanence !

Lorsque je veux arrêter de fumer, l’objectif positif n’est pas celui-là. Qu’est-ce que je souhaite réellement, au-delà de la cigarette, qu’est-ce que fumer m’interdit ou m’apporte ? Par exemple, retrouver la santé, faire des économies pour un projet, etc.

Il est particulièrement intéressant de creuser la formulation positive remplaçant l’objectif négatif lorsque l’objectif caché est de l’ordre du combat contre soi-même : « je veux (me) montrer que je suis capable de le faire », « je ne veux pas être esclave d’une addiction », etc.

Car, une fois explicités, ces objectifs cachés pourront vous apprendre beaucoup (sur vous même).

L’objectif est précis

Le troisième critère de bonne formulation d’un objectif est qu’il doit être précis et contextualisé.

C’est-à-dire que je dois pouvoir répondre aux questions : quand ? où ? qui ? avec qui ? comment ?

Et chacune de mes réponses doit être la plus explicitée possible, avec lorsque c’est pertinent des mesures d’atteinte de l’objectif. Plus je mets de précisions dans la définition de mon objectif et plus mon action sera pertinente, ciblée et efficace.

Je vais  recherche moi-même des critères d’atteinte de l’objectif :

  • « Lorsque j’aurais écrit au moins cinquante mails à cinquante personnes différentes »,
  • « Lorsque j’aurais écris un roman sur ce sujet »
  • « Lorsque j’aurais fait le pied de grue pendant au moins trois matinée devant les bureaux de telles personnes »
  • Etc.

Les réponses que nous recherchons sont contextualisées, précises, et à la limite observables par une caméra (sans son, comme pour un film muet).

L’intérêt de bien insister sur cette mise en contexte de la situation désirée est d’une part que le cerveau puisse se projeter plus facilement vers cet objectif, et d’autre part que nous puissions lever dès à présent les objections qui pourraient survenir, et ce sont les deux derniers critères que nous allons aborder.

Vérification écologique

Le quatrième critère de bonne formulation d’un objectif est la vérification écologique. Ce terme qui pourrait paraître un peu barbare dans ce contexte est pourtant très adapté : quel effet aurait la réalisation de cet objectif sur moi, puis sur mon entourage, et enfin en rétroaction de mon entourage, sur moi-même.

Les trois sujets à aborder sont :

  • Les inconvénients de l’état désiré

Il peut y avoir des inconvénients à atteindre cet objectif, et le fait d’avoir précisé et contextualisé l’état désiré m’aide à découvrir ces inconvénients.

Voici quelques questions simples à se poser : quelles conséquences pour moi, pour ma vie, mon métier, mes relations professionnelles ? et quelles conséquences pour mon entourage, ma famille, mes proches ?

  •  Avantages à rester dans l’état présent

De même, il peut y avoir des avantages à rester dans l’état présent, à ne pas changer. Quels sont les avantages à ne pas changer ? Quels sont les effets secondaires de l’état présent qu’un changement pourrait bousculer ?

  •  Pourquoi maintenant

Qu’est-ce qui fait que je n’ai pas encore atteint mon objectif ? Qu’est-ce qui change en ce moment et qui pourrait  m’aider à trouver mes ressources, à balayer les objections historiques ?

Note aux coachs : les vérifications écologiques agissent comme l’axe « protection » du concept des 3P.

Notons qu’il y a une différence entre un problème qui m’empêche d’agir et une objection écologique. Le problème est à étudier et à traiter comme tel. Par exemple une peur (de parler en publique) est un problème, qui pourra être abordé avec un certain nombre d’outils (suivant le cas), mais ce n’est pas une objection écologique.

L’objectif est ressenti

Le cinquième et dernier critère de bonne définition de l’objectif est très spécifique à l’approche de la PNL. Après avoir fait les vérifications écologiques, et après avoir passé du temps à contextualiser l’objectif, de façon positive, alors je peux me projeter, y mettre du « vakog » :

  • Qu’est-ce que je verrais lorsque j’aurais atteint cet objectif ? qu’est-ce que les autres autour de moi verront ?
  • Qu’est-ce que j’entendrais ? par qui ?
  • Que ressentirais-je, quelles seront mes émotions ? Puis-je me projeter dans ces émotions ?
  • Et, si c’est pertinent, y a-t-il des goûts et des odeurs que je peux associer à mon objectif atteint ?

Attention ! Cette dernière étape est la dernière, et elle arrive effectivement après la vérification écologique, qui ne doit surtout pas être négligée. Notre cerveau construit toutes ses expériences à partir de nos cinq sens, et lorsque je projette un objectif en lui donnant corps dans toutes ces dimensions, voire en intensifiant certaines sensations (vision plus lumineuse, sons intensifiés, répétitions des phrases que j’entendrais, etc. – ce que nous faisons en PNL), alors vous prenez le risque de tellement créer, de tellement augmenter votre motivation que vous pourriez sortir en courant de votre bureau pour faire les premiers pas tout de suite vers cet objectif, et en ayant omis un aspect vital de votre actualité … prudence donc !


Note : Pour rédiger cet article je me suis inspiré des cours de PNL de Michel Rolion enseigné via Génération Formation que je tiens à vivement remercier et que je recommande tout aussi vivement.

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3 réflexions au sujet de « De la bonne formulation d’un objectif »

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