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Les gens ne se rendent pas compte qu’ils sont dans un état d’attente permanent

(E. Tolle, Journey into yourself)

Est-ce que cette phrase vous parle comme à moi ? En la lisant et en m’en imprégnant – parce qu’il m’a fallu faire tout cela pour bien la comprendre – je me suis rendu compte que oui, je fais bien parti de ces « gens » là : j’attends. Alors, que vous attendiez Godot (Becket), ou Godeau (Balzac), demandons nous aujourd’hui ce que nous faisons réellement …

Mainstream

Et « les gens » n’attendent pas un seul événement, mais ils attendent (nous attendons) plusieurs choses en parallèle, avec des échéances plus ou moins éloignées. Il y a les attentes pour la journée ou la semaine, les attentes de l’année, et les attentes de la vie, tellement éloignées que presque inaccessibles ou inconcevables.

Ligne de vie

Enfant, en tâche d’attente de fond, nous attendons de grandir. Et en parallèle, nous attendons d’apprendre à lire ou à compter. Nos parents et nos institutrices (je n’ai eu que des femmes à l’école primaire) nous invitent à patienter : « attends d’être grand », « tu apprendras ça plus tard, au collège, au lycée », etc.

Arrivé au collège, et plus tard au lycée, nous nous retrouvons dans une situation contradictoire : nous sommes précisément là où nous attendions tellement d’arriver (sur les injonctions de notre entourage), et en même temps tous les signaux nous indiquent que nous avons encore beaucoup beaucoup à apprendre.

Et ça continue avec le Bac et après le Bac : on vous assène un objectif majeur, et quand vous l’atteignez, vous redevenez un débutant dans votre nouvel environnement, vous allez redevoir apprendre patience et humilité.

Lorsqu’enfin vous sortez, diplôme en poche, de votre dernière étape de formation, vous voici le petit nouveau dans l’entreprise, celui qui ne sait rien encore, et qui va devoir « tout » apprendre, et surtout qui va devoir apprendre la patience, encore.

Pendant toute votre carrière professionnelle, vous serez de même incité à vous projeter et à patienter, jusqu’à cette fin de course qu’est la retraite. Et arrivé à la retraite, vous ne recevrez plus aucun message de la société : on n’attend plus rien de vous !

Illustrons :

Aujourd’hui, quelles sont mes « attentes » ? Quelques idées et quelques exemples :

  • J’attends d’aller mieux ;
  • J’attends que mes enfants aient leurs diplomes, soient autonomes, ou soient établis ;
  • J’attends le weekend, mes prochaines vacances ou mes prochains loisirs ;
  • J’attends l’apaisement, peut-être à la retraite ;
  • J’attends l’aisance financière ;
  • J’attends de me décider, de me lancer, j’attends le bon moment (sans trop le provoquer) ;
  • J’attends des nouvelles de ma famille, de mes amis ;
  • J’attends que le monde aille mieux, que les guerres s’essoufflent et que les réfugiés atteignent la sécurité.

 

Dans d’innombrables domaines de ma vie, privée, professionnelle, publique, sociale ou politique, je me projette, j’anticipe, et j’attends.

Alors ne me comprenez pas de travers, je ne suis pas inactif, non ! loin de là. Simplement, mon état d’esprit permanent est l’attente. Attente que « ça » arrive !

Alternative ?

Ce système sociétale, accompagné de cet ensemble de messages nous apprend à attendre, à patienter et à toujours nous projeter vers un futur qui devrait être meilleur … Mais existe-t-il une autre façon de voir les choses ?

Depuis que je m’intéresse au développement personnel, j’ai croisé la route virtuelle de plusieurs auteurs, guides ou gourous, ayant d’autres messages : “responsabilisez-vous en tout ce qui vous arrive”, “acceptez le monde tel qu’il est dans le moment présent”, “créez le monde que vous voulez voir advenir”, “organisez vos objectifs et faites le premier pas”. Ces autres messages portent tous un nouveau paradigme : ils sont ancrés dans l’acceptation du moment présent tel qu’il est, sans aucune altération ni projection. La réalité réelle est le socle fondateur d’une nouvelle position de vie, que vous pouvez également choisir d’endosser :

  1. Le plus simple est la responsabilisation : je cesse d’attendre et je provoque vraiment le monde que je veux voir advenir (Gandhi revisité).
  2. Le second est plus subtil est infiniment plus efficace : l’acceptation : j’accepte ce qui est dans le moment présent, la richesse de ma vie, de ce qui est là, de ce qui est présent face à moi, est une certitude. Je n’ai rien à attendre, ce qui est donné est présent à moi. (Gautama revisité).

Et pour revisiter mes exemples attentes, voici ce que je choisis maintenant :

  • Je n’attends pas d’aller mieux, j’accepte et j’apprécie mon état actuel, car même malade ou souffrant, je suis vivant, conscient, actif, donc béni !
  • Je n’attends rien des enfants, je profite des moments avec eux, moments de bonheurs, de conflits, de joie, d’amour, car ils sont présents et moi aussi ; et c’est formidable dans ce présent !
  • Je cesse d’attendre un weekend, mes prochaines vacances ou mes prochains loisirs, car ce serait refuser de vivre mon présent ; au contraire je profite de maintenant pour apprécier tout le bonheur de la vie, et je conçois que les vacances sont tout autant des moments de découverte et d’aventure que les petites choses variables de la vie de tous les jours …
  • Je cesse d’attendre l’apaisement ou la retraite, c’est inutile et c’est surtout une façon de vivre une demi-vie. Etre vivant maintenant est bien plus important qu’imaginer être vivant plus tard. « Plus tard » est une notion, un concept qui n’existe pas dans le monde réel. Allez expliquer “plus tard” à un anomal ou à un arbre. Le futur sera également un moment présent, que je pourrais également vivre sereinement, comme je le fais maintenant.
  • Je n’attends pas d’aisance financière, car je peux me contenter de mes conditions de vie actuelle, et je peux même rétrograder de vitesse. En choisissant de vouloir toujours plus, on cesse de vivre sereinement : toujours voir la plus belle voiture, la maison plus grande, le voyage plus loin … cela n’a pas de fin. Au contraire, en me contentant de ce qui m’entoure maintenant, je peux vivre apaisé.
  • Je n’attends plus de me décider, de me lancer, ou le bon moment : soit je me décide, soit je range mon idée car ce n’est pas le moment. En aucun cas, je ne me culpabilise ou je ne me martyrise parce que tel ou tel projet n’est pas lancé, ou parce que tel ou tel dossier n’est pas réglé. Les faits sont là, je choisis de les considérer et de les accepter, et les projets / dossiers qui ne sont pas achevés, sont dans l’état qui est juste, pour le moment présent.
  • Je n’attends pas des nouvelles de qui que ce soit : je pense à mes proches dans le moment présent, je pense à la connexion qui nous relie, et si je le souhaite, je peux lancer quelques appels par tous ces moyens de communication modernes qui me sont offerts
  • Je n’attends plus que le monde aille mieux, que les guerres s’essoufflent et que les réfugiés atteignent la sécurité : je constate objectivement l’état du monde, et j’agis en mon âme et conscience suivant ce que je veux et peux faire.

Est-ce que ces exemples et contre-exemples vous touchent ? N’hésitez pas à partager les vôtres, et vos idées …

Bien à vous

 

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