Cet article développe la notion de perception personnelle propre à chacun de nous, telle qu’elle est enseignée en PNL, et nous comprenons pourquoi l’aphorisme de Korsybski a été choisi comme l’un des principes de la PNL :

La carte n’est pas le territoire qu’elle représente

Introduction

Une posture fondamentale du praticien en PNL est d’avoir compris et intégré que chaque être vivant que nous sommes possède son propre et unique modèle de représentations (je parlerai également plus loin de la notion de cadre de référence).

Un modèle de représentations n’est pas une option, il est intrinsèquement lié à notre nature : nous avons chacun nos sens, nos perceptions, nos interprétations, notre histoire, notre culture, notre éducation, et nous avons chacun à chaque instant des pensées et des émotions qui nous traversent.

Un modèle de représentation nous sert à prendre des décisions en fonctions du monde qui nous entoure. Ou plus précisément en fonction de ce que nous percevons du monde qui nous entoure, et cela laisse donc beaucoup de place à la subjectivité…

Prenons en exemple cette photo qui représente une rue de Versailles :

rueVersailles

Qu’y vois-je et qu’y voyez-vous ?

La première fois que j’ai vu cette photo je l’ai trouvée agréable : largeur de la rue, clarté, espace vert au fond, lumières, belle architecture, etc.

Mais confronté au regard des autres j’ai dû ajouter certaines interprétations : une file de voitures bloquées, l’éclairage public allumé en plein jour, un motard roulant à gauche, etc. et ces interprétations sont toutes valides !

Nous considérons en PNL que le réel parvient à affecter notre cerveau au travers de trois filtres, et par trois mécanismes interprétatifs. Ce modèle peut avoir une utilité pour votre culture ou dans nos échanges, c’est pourquoi j’ai choisi de vous l’exposer :

Les trois filtres

Le filtre neurologique, représente les signaux qui parviennent effectivement à notre cerveau. Un mal-voyant percevra d’autres signaux lumineux qu’une personne ayant une vue parfaite, ou une personne portant des lunettes. Ainsi, dans la scène ci-dessus, si j’ai une mauvaise vue, je ne percevrais peut-être que les lumières rouges et jaunes, et sinon uniquement les bruits des voitures au ralenti.

Le filtre socio-culturel représente la façon dont notre culture (notre environnement, notre société) nous a appris les informations à mettre en avant ou à écarter de la scène que nous percevons.

Par exemple, percevrons-nous que les piétons traversent la rue n’importe où ? Serons-nous sensibles au fait que cette rue est particulièrement déserte (de piétons ou de vélos) ?

Le filtre personnel enfin, qui indique la partie filtrante spécifique à chacun d’entre nous, et qui est issue de nos expériences de vie, de nos apprentissages. Par exemple, si je connais cette rue je vais me représenter l’endroit, mes souvenirs là, etc. Ou bien si mon frère vient de se faire renverser par un chauffard, je ne verrais peut-être que les piétons sur la chaussée et le risque encouru …

Les trois mécanismes interprétatifs

La sélection consiste à choisir parmi les milliers de sollicitations sensorielles, quelles sont les informations qui vont parvenir à ma conscience, et à ma pré-conscience. Ce mécanisme est largement non-conscient (automatique) et il me permet de focaliser mon attention sur quelques stimuli uniquement, car je ne pourrais qu’être bloqué si je devais absorber et interpréter tous les influx nerveux affectant mes systèmes sensoriels.

Exemple : je sélectionne en ce moment la sensation de ma chaise, de mes pieds au sol, du bruit de la climatisation et la vue de mon écran. J’omets de sélectionner les autres bruits, les odeurs, la lumière dans mon bureau, etc.

La généralisation consiste à associer une perception contextuelle avec un concept plus général, englobant. Ainsi nous pouvons parler d’une « rue » sur la photo, sachant que le concept de rue est très général, et qu’il a une signification propre, avec des caractéristiques particulières. Les caractéristiques d’une « rue » étant partagées, nous pourrions induire de cette photo et de la notion de rue, quelques caractéristiques de cette rue en particulier. Par exemple, les rues ont un nom, et nous pouvons nous demander quel est le nom de la rue. Nous savons également que les porches d’une rue sont numérotés, et nous pourrions également rechercher les numéros de cette rue là.

La distorsion consiste à déformer la réalité perçue de façon à la faire entrer dans notre modèle du monde. C’est un mécanisme de préservation et de protection ; il nous permet de construire un sens au monde à partir d’expérience hétéroclites, et ensuite de conserver ce sens du monde même lorsque les expériences concrètes malmènent notre représentation du monde.

Filtres

 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez creuser vous pouvez certes ouvrir un manuel de PNL, mais j’ai peur que le sujet soit encore trop superficiel, non ! Pour approfondir ce sujet je ne saurais trop vous conseiller de vous plonger dans les écrits d’Alfred Korzybski, ou dans toute littérature sur la sémantique générale. Personnellement, j’y suis entré pendant mon adolescence par la porte de la Science Fiction de A.E.Van Vogt (« le monde des non-A ») et ma vision du monde en a été fortement influencée. A mon avis, les implications de la pensée du non aristotélicisme, du non-dualisme, dans notre civilisation sont encore à venir.

Et pour philosopher, ou réfléchir, vous pouvez lire ici …

 

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