Le coach-miroir

Libéré de son ambition personnelle, libéré d’objectifs qu’il pourrait projeter sur son client, le coach est par son positionnement même, une sorte

Le miroir oreille de Phillpe Starck
Le miroir oreille de Phillpe Starck

de « miroir intelligent ».

Miroir, car il renvoie une image de la réalité, et non pas la réalité elle-même, et cette image renvoyée est passée au crible de ses propres perceptions, ce qui retourne le reflet et peut le déformer un peu.

Intelligent, ou plutôt « réfléchi », car le coach ne reflète pas tout ce qu’il perçoit ; parmi la palette des stimuli sensibles, des traits de caractères, des valeurs, des croyances, des comportements, il sélectionne lesquels refléter.

 

Parfois ce miroir-coach envoie une image dérangeante pour le client, nous appelons cela une confrontation, ou un recadrage.

Parfois le miroir-coach exprime les qualités du client, il verbalise ce qui est souvent omis dans son milieu professionnel ou personnel, et nous appelons cela l’économie des signes de reconnaissance, ou strokes.

Le miroir-coach est fragile, et il peut se briser s’il est mal manipulé, ou si on appuie sur ses faiblesses structurelles. Ainsi fragmenté en de multiples facettes, le reflet renvoyé au client risquerait de paraître bien morcelé, et probablement incomplet. Dans ces cas là, nous avons notre vitrier à nous, qui sait recoller les morceaux, nous l’appelons le superviseur.

Le miroir-coach doit savoir aussi renvoyer de multiples reflets via ses multiples facettes. Ainsi face à une équipe, face à une hiérarchie pressante, face à différentes pressions, le miroir renverra différentes parcelles de la scène qu’il perçoit.

Et cette scène est mobile en permanence : rien n’est figé dans le paysage du miroir et les scènes professionnelles défilent sous son regard attentif en une continuité sans heurts. Alors le reflet commenté un jour n’est plus le reflet du lendemain, et le coach sait bien cela ; nous parlons de constructivisme à nos clients férus de théorie, à qui nous expliquons que la vision influe sur la scène. Alors le miroir-coach se garde bien de refléter certains traits caractéristiques d’une situation, s’il lui semble que ce chemin n’est pas le bon.

Le miroir-coach est un outil, il porte en lui-même tous les outils dont il a besoin : son regard, son écoute attentive, sa méthode particulière de réfléchir chaque détail tout en renvoyant l’ensemble du reflet, et enfin sa façon si habile d’habiller son client en prince dans son reflet. Et il sait même comment on devient miroir. D’ailleurs il ne se prive pas, parfois, de montrer à son client que lui-aussi possède des facettes réfléchissantes, et lui aussi peut voir le reflet noble de ses interlocuteurs.

Le miroir-coach est un outil, et comme tel il pourrait être employé à mauvais escient, tel le miroir magique de la reine sorcière de Blanche-Neige. Alors le miroir coach parfois répond absent : il peut sentir une mauvaise influence, il peut refuser de refléter, ou bien il pourrait réfléchir une scène par trop inconfortable pour l’entreprise. Nous appelons la déontologie les règles infranchissables que le miroir-coach s’interdit de transgresser.

 

N’attendez pas du coach qu’il vous dise ce que vous souhaitez entendre, il est bien trop réfléchi pour cela !

 

 

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