Méditer ou se détendre ?

Méditer pour s’aimer

Depuis plusieurs années maintenant, vous pouvez trouver assez facilement des programmes de découverte de la méditation, des applications pour débuter, des livres pour apprendre chez soi, avec CD ou avec des vidéos en ligne.

J’ai utilisé ces applications, ces méditations en ligne, et ces livres, et c’est par cette voie là que j’ai débuté il y a trois ans. Avec ces aides j’ai appris à me détendre, à observer mes pensées, à rester calme pendant quelques dizaines de minutes. Et c’était déjà fabuleux de commencer à apprécier le fait de simplement passer du temps avec moi-même.

Voici une première question que vous pouvez vous poser :

Aimez-vous passer du temps avec vous-même ?

Je n’aurais pas su vous répondre « oui » il y a cinq ou dix ans. En bon extraverti, j’étais terrorisé d’être seul quelques heures.

Donc oui, j’ai « appris » à aimer passer du temps neutre, seul, juste avec moi-même. C’était assez étrange au début de cette découverte, car j’avais complètement renversé certains de mes jugements : par exemple, avant je détestais perdre du temps de transport pour aller au travail, alors qu’après je me suis mis à aimer ces moments de recueillement pendant lesquels je passais du temps avec moi-même !

J’ai tellement aimé cette expérience que j’ai voulu aller plus loin, j’ai voulu goûter à la méditation traditionnelle : la méditation bouddhiste.

La tradition Vipassana

Et il y a deux ans je me suis inscrit à un cours de 10 jours pour apprendre la méditation Vipassana (Dhamma Mahi). Alors que dans les cours de mindfulness, dans les cours proposés par les applications ou en ligne on vous incite à vous installer confortablement et à vous détendre, alors qu’on vous invite à apaiser vos douleurs, rien de tel dans la tradition Vipassana.

Vipassana signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement. Que vous soyez bien ou mal installé, que vous ayez une douleur ou du bien-être, que vous soyez en colère ou en joie, observez !

Juste observez ! Ne faites rien d’autre qu’observer, sans jugement, sans réaction, simplement en recevant les informations, et en ne les traitant pas.

Le maître mot est l’équanimité : tout traiter de façon neutre sans réaction particulière. Ne pas éviter les douleurs, ne pas rechercher les plaisirs.

Pourquoi ? pourquoi s’infliger une telle torture ou un tel sacrifice ?

Observer et ne rien faire, afin de déprogrammer le réflexe de réaction. En observant vous vous rendez compte par l’expérience que tout passe : les joies comme les peines, les douleurs comme les plaisirs, tout passe, tout est « impernanent ». Et rien dans notre monde n’est permanent. Rien.

Faire l’expérience de l’impermanence

L’ambition de cette pratique est qu’à force de le faire pendant les séances de méditations, vous parviendrez à le faire tout le temps, tous les jours, dans la vie courante.

Le résultat escompté : ne plus « réagir » aux événements, ne plus « réagir » aux émotions, mais au contraire les observer, recevoir les informations et agir (ou pas) en fonction de ce qui sera le mieux. Déprogrammer notre schéma mental de réactivité afin de ne plus vivre dans ces cycles sans fins de plaisirs – douleurs.

Les objectifs finaux de ces deux types de méditation sont opposés :

  • pour l’un c’est la détente, l’apaisement, l’amour de soi
  • pour l’autre c’est le travail avec équanimité pour changer profondément

Et je pratique les deux, car chacune de ces techniques m’apporte quelque chose d’unique. Mais parfois je me demande s’il n’y a pas une opposition cruciale entre les deux objectifs : rester soi et s’aimer, ou bien changer de peau ?

Vous savez quoi ? … Je vous laisse y réfléchir avec moi !

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