Description

Tableau de bord du coach. V. Lenhardt considère au moins 15 paramètres qui entrent dans le tableau de bord du coach. Ces paramètres sont interactifs, partiellement et mutuellement inclusifs. Il suffit que l’un de ces paramètres se montre défaillant pour que le coach ait le plus grand intérêt à concentrer ses interventions non plus sur le contenu de l’entretien ou de la réunion mais sur ce paramètre défaillant.

1 – Etre Ok

(voir fiche sur Okness)

2 – Le diagnostic

Pour pouvoir établir un diagnostic (reconnaître une différence entre deux situations) le coach doit avoir un cadre de référence élaboré sur des niveaux de développement de l’identité (DIP, DIM, DIR, DIE..). Il doit avoir à la fois l’expérience de l’entreprise, de la formation, de la thérapie par son travail personnel, et un modèle éprouvé par l’expérience lui permettant d’intégrer cet ensemble. Le diagnostic c’est aussi le résultat d’une intuition, d’une capacité à évaluer le non-dit, faire parler son instinct.

 

3 – Degré d’évolution

Il s’agit de mesurer chez la personne, le groupe ou l’institution sa capacité à travailler avec son coach. C’est une autre façon de parler d’ECM. => Ce que le client peut changer

4 – Les protections

Concept-clé. C’est créer avant tout travail les conditions de sécurité pour que le travail se fasse sans problème. La protection consiste à dire « non » (par opposition à la permission qui consiste à dire « oui »). La protection consiste à prendre des précautions, donner des informations, mettre en place des règles de fonctionnement.

Ex : faire parler des gens librement sans avoir avant déterminé des règles de confidentialité entre les participants, entre participants et formateur et entre le formateur et l’organisation.

Autre ex : le contrat de confrontation en team building entre le coach et le responsable de l’équipe. Le responsable accepte de se remettre en cause sur le comportement confronté. Cette protection permet à la relation coach-client d’instaurer un climat de partenariat et de parité qui évite les relations symbiotiques et les jeux.

5 – Les erreurs

La maturité d’un coach se voit aussi par le nombre d’erreurs qu’il identifie et qu’il prévient dans l’accompagnement qu’il fait de son client.

6 – Structure de la relation

Paramètre complexe qui conditionne tout le contenu de l’intervention. Il comprend le « contrat d’affaires» c’est-à-dire l’accord sur les tarifs et les objectifs ; le rythme des rencontres tout en laissant une place pour des rencontres informelles qui permettent de structurer la relation.

7 – Alliance « thérapeutique » ou de changement

C’est une relation suffisamment structurée entre le client et le coach, une capacité à maintenir une relation malgré les frustrations inévitables. Il y a alliance de changement lorsque l’un et l’autre peuvent surmonter les frustrations rencontrées et ne coupent pas la relation. Les relations peuvent être vécues dans une perspective d’interdépendance.

8 – Les éléments transférentiels

Le client va investir le coach de nombreux éléments non résolus du passé. La personnalité du coach va être fantasmée. Un des aspects du transfert est celui qui consiste à projeter des figures que le client a « introjectées » provenant de son passé.
Un autre aspect du transfert est la projection par le client de sa propre image sur le coach. Il fantasme le coach comme tout bon ou tout mauvais, ou manipulateur..autant de particularités qui s’avèrent être les siennes.
Une des capacités premières du coach doit être la façon dont il va gérer son contre-transfert : l’ensemble des réactions affectives qui sont réactivées par le transfert du client sur lui.
Enfin, il y a le transfert du coach sur le client.

Le coach doit donc analyser à la fois :

  • le transfert du client
  • son contre-transfert
  • le transfert vis-à-vis du client.

9 – La demande

Analyse faite dans le grille RPBDC.

10 – Volonté de changement

Il appartient au coach d’en prendre la mesure à tout moment car si ce paramètre fait défaut, il doit suspendre son intervention pour vérifier son Okness, gérer sa frustration, s’ajuster au degré de résistance de son client. Le coach doit repérer si les 3 Etats du Moi de son client veulent changer. (Lire à ce sujet : La volonté de changement)

L’autre pôle à prendre en compte est le degré d’intensité de la volonté du coach à faire évoluer son client.

11 – Plan d’intervention

C’est l’ensemble des moyens et des étapes que devront comporter les interventions du coach.

12 – Ici et maintenant

Ce sont les éléments qui émergent dans une situation et qui n’étaient pas prévus dans l’ordre du jour de la réunion. Dans cette situation, le coach va apprécier s’il doit ou non travailler sur ces nouveaux éléments en priorité.

13 – Espace et temps

C’est la gestion de l’espace relationnel qui va conditionner le climat de l’entretien (organisation de la pièce, espace entre coach/client, fauteuils…).
En ce qui concerne la durée, un entretien de 10 minutes ne se gère pas de la même façon qu’un entretien d’une heure.
Le coach doit jongler avec la grille RPBDC et si la durée est courte, obliger le client à balayer très rapidement la description du réel, la définition du problème et faire un mini contrat pour ensuite revenir au réel.
Le coach doit aussi gérer les imprévus (séance de 10 minutes au lieu d’une heure) et intégrer ce paramètre dans la relation avec son client.

14 – Pouvoir

Ce paramètre ne peut être dissocié de celui de l’identité (voir les 9 niveaux de sens). Le travail du coach doit se faire dans un degré important de confiance réciproque. Dans ce cas, le coach va pouvoir exercer sa puissance pour amener le client à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Le coach peut être directif, interventionniste, silencieux…

15 – Le contrat

Il s’agit d’un accord entre deux entités portant sur des objectifs, des moyens et un processus. Notion d’AT qui désigne plusieurs types de contrats (contrat d’affaire, contrat juridique, contrat relationnel, contrat secret). Fanita English a défini la notion de contrat triangulaire.

  • Contrat : François Delivré définit 3 types de contrat à savoir le contrat d’affaires, le contrat relationnel et, éventuellement, le contrat secret.
    • Le contrat d’affaires est constitué d’un document écrit comportant les termes de l’échange tels que les tarifs, a durée, les objectifs généraux du coaching, le lieu, les modes de paiement, les clauses de confidentialité, les frais de déplacement, l’interlocuteur au sein de l’entreprise.
    • Le contrat relationnel est constitué de l’ensemble des accords explicites qui se concluent entre le coach et le client et comprend l’accord sur le contenu (ce que le coaché veut apprendre ou améliorer) et l’accord sur le processus (les modalités de la relation entre le coaché et le coach : possibilité de le confronter ….
    • Le coaching peut servir de révélateur à des enjeux surprises du coaché, de l’entreprise et du coach qui correspondent à que ce que chacun attend en secret du coaching. Pour le coaché, le contrat secret , c’est le « Tout sauf ça … » ou le « Oui, mais … » ( Jeux sans fin ). Pour le coach, il peut s’agir de satisfaire ses propres besoins personnels, conscients ou inconscients tels que le pouvoir, l’argent, le plaisir intellectuel ou émotionnel, la recherche de reconnaissance et qui traduisent une déficience de développement personnel. Pour l’entreprise, le contrat secret peut apparaître quand on demande au coach de donner une caution psychologique au sujet d’une décision qui concerne le coaché (comme un licenciement), de manager le coaché à la place du supérieur hiérarchique, …
  • Contrat triangulaire :

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Regroupement des 15 paramètres

Mnémotechniquement, on peut regrouper, selon Jérôme Curnier, les 15 paramètres sous 3 rubriques qui leur donnent un sens :

A. Etat des lieux et cadrage de la demande de coaching.

1 Diagnostic : ce que le client DOIT changer
2 Degré d’évolution : ce que le client PEUT changer
3 Volonté de changement : ce que le client VEUT changer
4 Contrat : les MOYENS à mettre en œuvre
5 Plan d’intervention : les ACTIONS à mettre en œuvre
6 Alliance de changement
B. Indicateurs de début de séance de coaching.

7 Protections
8 Espace et temps : lieu et heure
9 Ici et maintenant : s’adapter à la circonstance
10 Demande (contrat de séance)
C. Relations entre coach et client qui contribuent au pouvoir agir

11 OKness
12 Erreurs
13 Eléments transférentiels
14 Structure de la relation
15 Pouvoir

En fait, Jérôme, dans son classement des 15 paramètres met une « alliance de changement » dans le A et ne parle pas des « erreurs ».


 

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