Qu’est-ce que l’ “atout bonheur” ?

Commençons pas la psychologie positive : vous connaissez ?

Récemment j’ai rencontré le travail et les ouvrages de Shawn Achor et de Tal-Ben Shahar, et qu’y ai-je trouvé ? Des pointeurs vers des études scientifiques, des observations de phénomènes de cause-effet, et des confirmations du bien fondé de certains présupposés de la PNL ou des thérapies brèves. Dans le domaine de la psychologie, une étude scientifique est une étude statistique bien encadrée et dont les conditions sont clairement énoncées. Ces études montrent donc des réalités empiriques.

Cet article, basé sur un atelier que j’ai animé à plusieurs reprises, apporte justement une petite synthèse de ce que j’ai trouvé en psychologie positive, et des outils concrets que cette science nous apporte.

La fausse formule du bonheur

Commençons par une idée reçue, rarement explicite (et donc souvent implicitement induite dans nos actions) :

Si je travaille mieux, alors je réussirai
Et lorsque j’aurais réussi, alors je serai heureux

Travailler mieux, qu’est-ce que cela signifie ? Mieux à l’école, mieux à l’université, mieux lors des mes stages et dans mon emploi. Si je fais mieux, alors j’atteindrais mon objectif final, le bonheur. J’intégrerais une meilleure école, j’aurais un meilleur dossier, de meilleurs diplômes, et ma carrière progressera. Avec mon abnégation, mon travail, mon engagement, tout ceci m’est promis. A moi d’accepter de me donner à fond, pendant de nombreuses années, et ainsi je pourrais atteindre ce « bonheur » d’y être arrivé, d’avoir accompli ma vie.

Horizon bonheur

Minute, minute. Est-ce ainsi que cela fonctionne réellement ? Plusieurs équipes scientifiques se sont penchées sur cette question et ont évoqué plutôt un phénomène d' »horizon bonheur« , c’est à dire un lieu que je n’atteins jamais puisque je ne cesse de le repousser à plus tard : si j’ai de bonnes notes alors je vais dans une meilleure école, dans laquelle, si j’ai de bons résultats alors je peux prétendre à un meilleur premier emploi et salaire, suite à quoi je pourrais envisager une belle carrière, basée sur de beaux diplômes et de belles expériences. Enfin, lorsque tout cela sera réuni, alors je serai heureux. C’est le but !

Et le cerveau se câble ainsi : le bonheur est inatteignable, c’est un horizon. Et si jamais par le plus grand des hasards, tu as la chance d’être heureux maintenant, pas d’inquiétude pour ton cerveau, il sait, au fond, que ça ne durera pas ! Et ta croyance que le bonheur n’est pas pour tout de suite, va autoriser ton cerveau (inconsciemment) à créer toutes les conditions pour que ce bonheur temporaire soit vite effacé.

Cette notion d’horizon bonheur, la croyance qui la soutient, sont-elles inéluctables ? Que pouvons-nous faire ?

Je vous propose, une voie, pour renverser cette croyance issue de notre inconscient collectif. Il y a d’autres voies, n’hésitez pas à les partager. Comment rapprocher l’horizon de l’ici et maintenant ? Revenons à la réalité et écoutons ce que les scientifiques ont dit :

La réalité (scientifique)

Quelques exemples de travaux scientifiques

  • Le Pr. Barbara Fredrickson, de l’université Chapel Hill en Caroline du Nord, a montré que les émotions positives élargissent les possibles, et à long terme favorisent le savoir et les relations sociales (2009).
    • Elle a également montré que les activités quotidiennes qui provoquent les émotions positives sont à rechercher.
    • Par exemple : Méditer / Penser à un plaisir à venir (prévoir de voir son film préféré, préparer ses vacances, programmer une soirée avec des amis) / Accomplir un acte de bonté (consciemment) / Insuffler de la positivité dans notre environnement / Faire de l’exercice / Dépenser de l’argent (mais pas pour des objets) / Utilisez vos forces personnelles.
  • Le Pr. Martin E. P. Seligman, de l’université de Pennsylvanie, a développé un modèle des trois piliers du bonheur (les conditions pour être heureux), que sont le Plaisir, l’Engagement, et le Sens (2011).
    • Il a également montré que des récits joyeux quotidiens allongent la longévité de 10 ans,
    • que les salariés malheureux prennent 1,25 jour de congé de plus par mois.
  • Le Pr David Snowdon de l’université du Minnesota, a montré que la richesse du vocabulaire à l’age de 22 ans influe sur la longévité et sur le risque de (ne pas) développer les maladies neurodégénératives.
  • Le Pr. Sonja Lyubomirsky, de l’université de Californie, a montré que accomplir 5 actes de bonté par jour augmente la sensation d’être plus heureux (2008).

Cette courte bibliographie n’est qu’un extrait du travail très riche de la recherche en psychologie (positive) et de ses résultats. Chaque résultat me semble plus pertinent l’un que l’autre, et tous me semblent tellement évident que je ne comprends pas comment la croyance collective dans le mythe de l’horizon bonheur peut encore tenir. Et pourtant ce mythe est bien présent, toujours.

Mon cerveau en  [mode positif]

Se mettre en mode positif semble donc bien être une fin en soi. Se mettre en mode positif ici et maintenant, pas demain, pas dans un an, pas « un jour ». Et lorsque mon cerveau, ici et maintenant, est en mode positif :

  • Je peux travailler nettement mieux, mes résultats sont plus rapides et de meilleur qualité,
  • Je suis plus intelligent,
  • Je suis plus énergique,
  • Je suis plus créatif

Quelques idées contre-intuitives

Ces phrases ne sont pas directement de moi, mais elles ont eu un impact sur ma pensée, et sur ma façon d’appréhender l’univers. Ces phrases peuvent être méditées, débattues, discutées, elles le méritent.

Sur la réalité :

Ce n’est pas la réalité qui nous forge, mais au contraire, l’état d’esprit avec lequel nous observons le monde forge la réalité que nous percevons

Sur notre niveau de bonheur :

Notre niveau de bonheur ne dépend pas de notre situation matérielle, mais le bonheur dépend de la façon dont notre esprit analyse le monde

Et sur la réussite professionnelle :

La réussite professionnelle dépend seulement pour une petite part d’un QI élevé, et pour une large majorité du niveau d’optimisme, du soutien social et de la capacité à voir le bon côté du stress.

Recâbler son cerveau

Vaste sujet sur lequel beaucoup d’encore coule encore, et coulera, j’en gage. Mon modeste apport, recueilli et composé de mes expériences, viendra peut-être enrichir votre pratique et vous ouvrir quelques nouvelles pistes. Tout d’abord, admettons qu’il est possible de recâbler notre cerveau pour qu’il devienne plus positif.

Quelques moyens à considérer, à expérimenter, et en appliquant la règle des 21 jours ; cette règle empirique indique simplement que pour ancrer une nouvelle habitude, il faut s’y astreindre 21 jours.

Les 3 kifs

Notez 3 choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant, chaque jour pendant 21 jours, 3 nouvelles choses chaque jour, alors le cerveau prend l’habitude de rechercher le positif autour de lui. Il est important de s’astreindre à détecter des choses différentes chaque jour.

Et, si la pièce se joue encore, allez vous faire un shoot de kifs avec Florence Servan-Schreiber et Isabelle Pailleau : 

Le journal

Notez dans votre journal une expérience positive vécue dans la journée, alors votre cerveau revit cette expérience. Vous pouvez écrire aussi le lendemain matin, le résultat sera également le même. Le journal n’est pas là pour relater toutes vos expériences, mais seulement une expérience positive de la journée. L’objectif est vraiment de se replonger dans l’expérience, de la revivre et de s’en imprégner. Une nouvelle ancre (positive) est ainsi créée chaque jour.

La méditation

J’en ai déjà parlé dans mes articles, (cf. Pratiquer la méditation) et je confirme que c’est l’un des moyens de recâbler notre cerveau. Lisez sur le sujet, essayez, pratiquez !

La méditation permet de contrer l’hyperactivité et le multi-tasking que notre monde professionnel impose en permanence à notre cerveau.

La gratitude

Pratiquer la gratitude quotidiennement, est un moyen de maintenir notre cerveau dans son mode positif. Pour se « forcer » à ne pas oublier, et à pratiquer quotidiennement, vous pouvez par exemple vous lancer dans un nouveau rituel matinal : écrivez un mail de remerciement chaque matin en arrivant au bureau, chaque matin à une personne différente des précédentes.

Quelques autres idées dans l’affiche suivante

Alors, êtes-vous heureux(se), ici et maintenant ? Quel moyen allez-vous vous donner ?

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

3 × 3 =