Réflexions sur notre matière

rainNotre essence est complexe, tellement complexe ! il y a notre incarnation, notre chair, notre corps ; nourrie des atomes et des molécules complexes de notre espace vital, construite à partir des plans de notre ADN, héritage de millions d’années d’évolution, organisée en membres, en organes, en tissus, en muscles, en hormones, en os, etc.

Et notre incarnation est cyclique : battements du cœur, respiration, rythmes de repos, rythmes du cerveau, rythmes hormonaux, etc.

Voyage atomique

Si vous naissez à Manille, à Paris ou ailleurs, vous boirez, vous mangerez, vous digérerez les aliments constitués de sources à peu près locales. Vous respirerez un air et des odeurs, constitués de molécules locales. Vos cellules vont se construire à partir des ingrédients que vous allez consommer. Et ce sera vrai et universel, durant toute votre vie : toute votre vie vous alimenterez votre corps avec de la matière (solide, liquide, gazeuse) ayant une origine « locale », c’est-à-dire proche de l’endroit où vous êtes.

Avec la mondialisation, il y a des chances qu’une partie de vos aliments proviennent de sources lointaines. Et si vous êtes un globe-trotter, c’est même une certitude. Aucun professeur de physique ou de chimie n’a jamais suggéré qu’un atome d’hydrogène ou d’oxygène provenant de Chine soit différent de son cousin provenant du Pérou. Il y a des chances que ces deux atomes aient été constitués lors du Big Bang, alors vous me direz qu’ils ont déjà bien voyagé avant d’atterrir dans l’eau de votre verre !

Mémoire moléculaire

Qu’en est-il des molécules simples comme l’eau justement ? Bien sûr la mémoire de l’eau est devenu un sujet controversé : la « mémoire de l’eau ». Car les expériences montrant cette mémoire n’ont pas été reproduites correctement. Ok, admettons qu’elles ne soient pas reproductibles. Scientifiquement, cela signifie seulement qu’on ne sait rien. On ne peut ni réfuter, ni approuver cette théorie. Tout rejeter en bloc et en faire une sorte de scandale du ridicule (comme ce fut le cas en 1988) me fait surtout penser à une chasse aux sorcières … il y avait du dogme bafoué derrière ces réactions excessives. Il y a quelques années, les scientifiques eux-mêmes ont fait un petit pas dans la réhabilitation de la stature scientifique de Jacques Benveniste, par la voix du célèbre Dr Montagnier.

Qu’en est-il des molécules complexes ? parce que, la molécule d’eau … est simple mais déjà compliquée, alors que penser des molécules complexes entrant dans la composition des organismes vivants ? Ces organismes qui rythment notre vie, tant pour notre alimentation que pour nos médicaments.Delta-tris(oxalato)ferrate(III)-3D-balls

La théorie moléculaire de la matière est utile, pour faire de la chimie, pour prédire certains résultats, pour fonder une industrie des procédés, etc. …  mais cette théorie explique-t-elle tout ? Il n’y a aucune raison de penser que le modèle moléculaire de la matière soit totalement exhaustif quant à la prédiction des propriétés réelles de la matière. Penser tout savoir de la matière à partir d’un modèle théorique serait ridicule. Cela couperait même toute possibilité à la recherche scientifique de continuer ses trouvailles …

Civilisation moléculaire

Alors qu’aujourd’hui les scientifiques commencent à utiliser le niveau moléculaire de la matière pour stocker des informations, je m’interroge sur (tout) le reste, que nous ne connaissons pas encore, car pas encore modélisé, pas encore observé systématiquement, et donc hors du champ scientifique ; je m’interroge donc : quel est l’influence sur moi de l’histoire des molécules qui constituent mes cellules, mes organes et finalement mon corps ? Et lorsque j’utilise le mot « histoire », ce que je comprends est plutôt, la suite des événements de la vie des molécules sur leur état interne. Réciproquement, quelle est l’influence de mes rythmes de vie sur mes cellules, et sur les molécules qui les composent ?

Je ne propose pas un nouveau dogme, ni une mystique ésotérique, non ! je nous invite simplement, par cette simple question à garder l’esprit ouvert sur les influences de notre vie, de nos choix, de notre civilisation industrielle sur l’infiniment petit qui nous compose. Nous savons maintenant qu’il y a une influence très nette de notre civilisation sur l’écologie de la planète. Mais nous ne savons pas tout.

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Finissons sur une note amusante : en écrivant cet article, je n’avais aucun souci pour écrire « mon corps », ni pour écrire « mes os », ou « mon sang ». En zoomant vers l’infiniment petit, « mes cellules » ou « mon ADN » ne me posaient pas plus de problème. Par contre, je ne parviens pas à écrire, ni à dire, « mes molécules », ni « mes atomes » ; la seule expression qui me paraissait acceptable était « les molécules ou atomes qui me composent ». Signifiant non ?